Alim’confiance : un dispositif encore « perfectible »

Publié le 14 mai 2018 à 11:53 Aujourd'hui | 235 vues

Un an après sa mise en place, le dispositif Alim’confiance doit encore être amélioré, estime l’association de défense des consommateurs CLCV.

Comment savoir si un établissement a un bon niveau d’hygiène ? Cette question, bon nombre de consommateurs se la posent. Pour mieux aiguiller les Français, le gouvernement avait ainsi mis en place Alim’ confiance. Issu de la loi d’Avenir de l’Agriculture adoptée fin 2014 et lancé le 3 avril 2017, ce dispositif permet à tous de consulter les résultats des contrôles officiels de sécurité sanitaire des établissements de la chaîne alimentaire : restaurants, commerces de bouche, restauration collective, etc. Quatre niveaux d’hygiène sont attribués, via un système de smiley : « Très satisfaisant », « Satisfaisant », « À améliorer », « À corriger de manière urgente ». Des résultats visibles pendant un an et consultables sur le site Internet Alim’confiance et sur l’application mobile dédiée. Un an après sa mise en place, qu’en est-il ? Pour l’association de défense des consommateurs CLCV, le dispositif et ses résultats sont « encore perfectibles ».

« 95% de notes positives sur l’ensemble des établissements : doit-on pour autant se rassurer pour les consommateurs ? La question de la pertinence et du caractère discriminant des critères de notation se pose ! », estime l’association dans un communiqué. « Elle est renforcée par la comparaison de résultats de 2016 à ceux d’aujourd’hui : en 2016, 8% des restaurants parisiens avaient un niveau « À améliorer » et ce taux est de 2% dans le dispositif Alim ‘confiance, soit 4 fois moins ! Quelle en est la raison ? Amélioration ou problème d’indicateur ? », se questionne-t-elle, précisant qu’elle va ainsi s’entretenir avec les pouvoirs publics « pour s’assurer du fait que l’installation de ce système de transparence n’aboutisse pas, par un mauvais effet de compensation des professionnels, à un système laxiste ».

Les poissonneries peu contrôlées

Sur les 40 272 contrôles effectués par l’État entre le 1er mars 2017 et le 28 février 2018 et analysés par la CLCV, les restaurants et établissements de la restauration collective ont représenté 52,8% du total. « Plus de 50% des contrôles été effectué dans seulement quatre régions avec une forte prédominance de l’Ile-de-France. Des départements sont quasiment exclus de l’analyse », regrette l’association qui pointe aussi du doigt que certains types d’établissements étaient très peu contrôlés, tels que les poissonneries. Ces dernières représentent seulement 0,6% (moins de 250) des contrôles « alors que leurs denrées sont fragiles ». Par ailleurs, les lieux de vente en gros et les marchés sont aussi très peu inspectés : seulement 62 contrôles (0,2% des contrôles).

Quant au site, l’association estime également qu’il manque de clarté. Il permet certes de « chercher les notes pour des établissements donnés mais ne permet pas de connaître la répartition des notes selon les types d’établissements ou les régions/villes ». De plus, il n’existe pas de « présentation intuitive pour les établissements agroalimentaires ». Pour la CLCV, « il est nécessaire de rendre plus intuitif et plus clair ce site même s’il représente une grande avancée en matière de transparence pour les consommateurs ».

L’association préconise plusieurs pistes d’amélioration. Elle recommande d’augmenter le nombre de contrôles pour les régions et les structures qui ont été le moins inspectées, et de les harmoniser. « De plus, la révision du critère de notation pourrait permettre de mieux discriminer les établissements et d’inciter les professionnels à s’améliorer », estime-t-elle. Elle souhaite également que le site Alim’ confiance soit plus complet et plus clair pour les consommateurs, surtout en ce qui concerne les établissements agroalimentaires. Mais aussi que la disponibilité des résultats restreinte à un an soit supprimée. Enfin, elle juge nécessaire de rendre obligatoire et plus visible l’affichette de contrôle dans les établissements. Aujourd’hui, celle-ci reste en effet facultative.

 

Marine VAUTRIN

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