Appareils épilatoires et amincissants : gare aux effets indésirables

Publié le 20 mars 2017 à 16:00 Aujourd'hui | 343 vues

Les appareils à visée esthétique ne sont pas sans danger pour les utilisateurs, alerte l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle préconise de « revoir le cadre réglementaire ».

Pour dire adieu aux poils ou à la cellulite, de plus en plus de Français ont recours à l’épilation définitive ou la lipolyse, une technique amincissante visant à détruire les cellules graisseuses. Ces actes à visée esthétique sont le plus souvent réalisés dans des instituts de beauté et des cabinets médicaux, à l’aide d’appareils utilisant des lasers, la lumière pulsée intense, le froid, des ultrasons ou encore les radiofréquences. La pratique de l’épilation à l’aide d’appareils à usage domestique, essentiellement au moyen de lumière pulsée intense, est elle aussi en pleine expansion. “Or hormis pour certains appareils à laser réservés à un usage professionnel, la mise sur le marché des appareils à visée esthétique n’est pas encadrée au regard de leurs effets potentiels sur la santé », indique l’Anses dans un rapport publié ce lundi 20 mars. L’utilisation de ces appareils n’est en effet pas sans conséquence. « Toutes les méthodes utilisées peuvent occasionner des effets indésirables, qui peuvent aller de réactions inflammatoires légères jusqu’à des brûlures cutanées », avertit l’Anses.

Brûlures, réactions inflammatoires

Concernant les appareils d’épilation, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont des réactions inflammatoires immédiates et localisées. Celles-ci sont de faible intensité et disparaissent rapidement. « Les troubles pigmentaires, plus tardifs, sont observés moins fréquemment. Des sensations de brûlures et des douleurs modérées pendant les séances, qualifiées par les experts d’effets indésirables légers, sont également rapportées », note l’Anses. Plus grave, des brûlures cutanées profondes et oculaires ont également été observées, notamment à cause d’un usage inadapté de l’appareil.

Dans le cas des appareils à lipolyse, des inflammations importantes et des douleurs ont été le plus identifiés parmi les effets indésirables. « Peuvent également survenir, plus rarement, des cas d’hyper- ou hypo pigmentation transitoire, d’acné ou de croûtes, en cas d’utilisation de diode laser, de cryolipolyse ou de massages mécaniques », précise l’Anses. La cryolipolyse (qui a pour but de détruire les cellules graisseuses par l’action du froid)« entraîne des effets secondaires immédiats : érythème, inflammation avec œdème et douleur », explique-t-elle, indiquant toutefois que ces effets régressent rapidement.  L’Agence ajoute par ailleurs que les principes de fonctionnement et d’efficacité de certains de ces appareils « ne sont pas démontrés ».

Un cadre règlementaire à revoir

Ainsi, « face aux effets observés et rapportés par de nombreuses études cliniques, l’Anses conclut à la nécessité de prendre des mesures visant à limiter la survenue d’effets indésirables ». Elle préconise de revoir l’ensemble « du cadre réglementaire associé aux appareils à visée esthétique ». Elle recommande ainsi de soumettre ces appareils, y compris à usage domestique, « aux mêmes exigences que celles applicables aux dispositifs médicaux afin de garantir des niveaux d’efficacité et d’innocuité satisfaisants ». « Les appareils concernés incluraient notamment ceux utilisant les rayonnements optiques (lasers et IPL), les ultrasons non focalisés, le froid ou les radiofréquences. Cette adaptation de la réglementation pourrait passer par une modification de la définition des dispositifs médicaux » précise l’Anses.

Dans son avis, elle suggère également la mise en place d’une information obligatoire préalable des personnes qui s’exposent à des actes à visée esthétique concernant le risque de survenue d’effets indésirables.

Elle recommande aussi d’évaluer les effets à long terme de ces appareils sur les professionnels qui pratiquent ces actes et qui peuvent être exposés aux agents physiques, ainsi qu’aux fumées et autres émanations. À ce jour, aucune évaluation n’a été effectuée. L’Anses invite enfin à étudier la possibilité d’interdire ce type de dispositifs aux mineurs.

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Marine VAUTRIN

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