“Arche de Noé végétale” : 70 000 variétés de graines déposées pour ses 10 ans

Publié le 27 février 2018 à 16:34 Aujourd'hui | 559 vues

À l’occasion de son dixième anniversaire, la Réserve mondiale de semences, aussi appelée “Arche de Noé végétale”, a reçu pas moins de 70 000 nouvelles variétés de graines. Elle franchit ainsi le seuil du million d’échantillons.

Faire des réserves en prévision d’une catastrophe naturelle ou d’une pénurie est assez répandu, notamment aux États-Unis. Outre-Atlantique, il n’est pas rare d’entendre parler de personnes achetant des bunkers pour survivre à la fin du monde, à l’apocalypse. Une idée reprise par l’architecte Peter W. Søderman. Ce dernier a mis au point sur l’île norvégienne de Spitzberg (archipel du Svalbard) une véritable banque à graines. Le but : résister aux catastrophes naturelles, aux guerres, mais aussi aux changements climatiques et à la fonte des glaces.

Lundi 26 février dernier, à l’occasion de son dixième anniversaire, la Réserve mondiale a reçu plus de 70 000 nouveaux échantillons de graines provenant de 23 institutions différentes, dont des pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Europe orientale. Parmi les graines déposées, du riz, du blé, du maïs, du niébé (ou cornille) du sorgho, du mil ou encore des pois cajan. Cela porte donc le nombre de variétés de cultures conservées (hors retraits) à 1 059 646. “Je suis très heureux d’annoncer que plus d’un million de graines ont franchi cette porte pour être mises définitivement en sécurité”, a indiqué lors du dépôt, Jon Georg Dale, ministre norvégien de l’Agriculture, précisant qu’au vu de la demande grandissante de la population, “il est plus important que jamais de garantir que les semences de l’avenir de notre agriculture soient conservées en toute sécurité”.

La Syrie a réclamé ses graines

L’ensemble de ces graines est ensuite enfoui à plus de 120 mètres à l’intérieur d’une montagne. Il constitue un filet de sécurité pour les quelque 1 700 banques de gènes existantes à travers le monde. Même si l’entrepôt est la propriété de la Norvège, les graines stockées appartiennent aux États et institutions dépositaires. Ces derniers peuvent les récupérer quand bon leur semble. À ce jour, seule la Syrie a dû solliciter la Réserve mondiale. En guerre depuis 2011, le pays a subi de nombreuses pertes. La banque de gènes de la ville d’Alep a d’ailleurs été endommagée. Par conséquent, entre 2015 et 2017, le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda) a demandé de récupérer des graines de blé, de lentille ou encore de pois chiches “afin de rétablir ses travaux de recherche et de conservation sur des sites situés au Liban et au Maroc”, explique la Réserve mondiale dans un communiqué (en anglais). De ce fait, “le nombre total de variétés de cultures uniques dans la chambre forte se situe [en réalité] à 967 216”.

Des travaux prévus en 2018

Conçue pour résister aux intempéries, “l’Arche de Noé végétale” subit malheureusement de plein fouet le réchauffement climatique. Fin 2016, un dégel inattendu du pergélisol (sol gelé en permanence) a entraîné une fuite d’eau dans l’entrée du tunnel, sans conséquence sur les graines. Vendredi dernier, Oslo a ainsi annoncé que le pays allait débloquer environ 10 millions d’euros afin que des travaux soient réalisés cette année. Cela comprend “la construction d’un nouveau tunnel d’accès en béton, ainsi qu’un bâtiment de service pour abriter les unités d’énergie et de réfrigération d’urgence et d’autres équipements électriques qui émettent de la chaleur”, a précisé le ministre norvégien de l’Agriculture.

Marie Bascoulergue

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