Associations : les donateurs moins nombreux

Publié le 4 décembre 2017 à 11:50 Aujourd'hui | 126 vues

Selon le 22e baromètre de la générosité du réseau Recherches et Solidarités, le nombre de foyers ayant déclaré au fisc un don à une association a diminué de plus de 4% en 2016. Le montant global des dons a, quant à lui, stagné. 

Pour vivre et perdurer leurs actions, les associations ont besoin de la générosité des Français. Or, ces derniers donnent de moins en moins, révèle le 22e baromètre de la générosité du réseau Recherches et Solidarités, publié ce lundi 4 décembre dans La Croix. En 2016, le nombre de personnes ayant déclaré au moins un don a reculé de 4,2% par rapport à l’année précédente. Au total, 5,28 millions de foyers ont mentionné un don aux associations sur leur feuille d’impôts sur le revenu. « Depuis vingt-deux ans que je suis ces données, je n’avais jamais vu ça, sauf peut-être en 1995 au moment des grandes grèves contre la réforme Juppé. Et encore, à l’époque, les chiffres étaient moins précis car ils ne permettaient pas de distinguer les dons aux associations et les dons aux partis politiques », commente Jacques Malet, le fondateur du réseau.

Les donateurs sont moins nombreux et le montant des dons déclarés a stagné en 2016, alors qu’il était en augmentation depuis une dizaine d’années. Ils se sont élevés à 2,49 milliards d’euros, contre 2,48 milliards d’euros en 2015. En 2014 et 2015, les hausses enregistrées étaient respectivement de 7,2 % et de 3,7 %. Petite lumière au tableau, le don annuel moyen a augmenté de 5%, à 472 euros.

Les jeunes peu nombreux mais généreux

Les plus de 60 ans représentent plus de la moitié des donateurs (53%) et des montants (58%). « Les plus de 70 ans affichent le montant moyen déclaré le plus haut (536 euros), et un effort soutenu, au regard de leurs ressources (2,3%), même s’ils sont légèrement devancés, de ce point de vue, par les plus jeunes », souligne Recherches et Solidarités. Les moins de 30 ans ne représentent que 4% des donateurs et 3% des montants mais par rapport à leurs revenus, ils donnent en effet beaucoup : 335 euros. Dans le top 3 des communes concentrant le plus de donateurs, on retrouve Versailles, Neuilly-sur-Seine et Strasbourg.

Comment expliquer ces résultats « décevants » ? Pour Recherches et Solidarités, c’est le flou. « Quelques phénomènes viennent en contradiction, qui auraient laissé espérer une année 2016 plus satisfaisante : le moral des Français régulièrement sondé par l’INSEE était assez haut, même si leur capacité d’épargne a connu un retrait ; le bilan mondial des catastrophes naturelles, qui mobilisent habituellement la solidarité des Français, a été particulièrement lourd en 2016 ; certes, ce fut une année pré- électorale dense, mais les années 2006 et 2011, correspondant au même calendrier, n’ont pas affiché de tels résultats », explique le réseau. Au journal La Croix, Jacques Malet évoque, lui, deux hypothèses : « Avec les bruits récurrents autour de la réforme de l’ISF, certains gros donateurs ont pu préférer y avoir recours une dernière fois car la ristourne fiscale ISF (75 %, NDLR) est plus importante que l’abattement via l’impôt sur le revenu. À l’inverse, de moins en moins de ménages modestes sont imposés, ce qui a pu agir à la baisse sur le nombre de déclarations. »

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Marine VAUTRIN

  1. Dons en baisse.
    Peut-être est-ce dû au fait que les gens n’ont plus d’argent, bien que, par exemple, une étude récente révèle un accroissement de la fréquentation des restaurants (payants).
    Peut-être est-ce dû au flou qui entoure certaines actions (ne pas savoir vraiment pour quoi l’on donne) ou à un désaccord concernant certaines actions.
    Enfin peut-être est-ce dû à la multiplication des publicités concernant les legs en faveur des associations où des comédiens âgées invitent les personnes âgées à faire un legs. Car, à cause du fait qu’il s’agit de sommes importantes et que ces messages s’adressent à des personnes âgées susceptibles d’être influençables, le public (et en particulier les familles « déshéritées ») peut avoir l’impression que pour les associations la seule chose qui compte est l’argent et que peu importe la manière dont elles l’obtiennent.
    Un retour aux simples demandes de dons serait donc souhaitable.

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