Le Beaujolais nouveau est arrivé : ce qu’il faut savoir

Publié le 16 novembre 2017 à 11:30 Aujourd'hui | 823 vues

Chaque troisième jeudi du mois de novembre, le Beaujolais nouveau fait son apparition dans le commerce. Mais au fait, d’où vient cette tradition ? Combien de bouteilles sont vendues ? Comment le déguste-t-on ? On fait le point.

Les amateurs l’ont attendu pendant un an. Le Beaujolais nouveau ou plutôt des beaujolais nouveaux, car leurs styles varient selon le producteur, font leur grand retour ce jeudi 16 novembre. Comme chaque année, ces derniers vont inonder les bistrots, les restaurants, les caves et trôner sur beaucoup de tables de l’Hexagone. Mais avant de déguster le millésime 2017, voici ce qu’il faut savoir sur ce vin primeur dont raffolent notamment les étrangers. Autant trinquer avec un peu de connaissances !

D’où vient la tradition du Beaujolais nouveau ?

L’histoire du Beaujolais nouveau a débuté le 11 mars 1951, avec la suppression du « principe d’échelonnement de sortie des vins des propriétés ». Jusqu’alors, la sortie des vins dans le commerce était régie selon un calendrier bien précis. L’arrêté publié le 8 septembre 1951 dans le Journal Officiel indiquait que les vins d’appellation d’origine contrôlée seraient vendus à partir du 15 décembre. Mécontents, les vignerons du Beaujolais se sont insurgés car ils voulaient vendre leur production plus tôt. Suite aux réclamations des syndicats viticoles, l’administration les a finalement autorisé à commercialiser leurs vins primeurs avant le 15 décembre, grâce à la publication d’une note le 13 novembre 1951. Le Beaujolais nouveau était né.

De 1951 à 1966, la date de commercialisation de ce vin était variable. À partir de 1967 et jusqu’en 1984, le Beaujolais nouveau se dégustait à partir du 15 novembre. Depuis 1985, la cuvée arrive désormais chaque troisième jeudi du mois de novembre, à minuit précisément. Et cette tradition perdure.

D’où vient-il et comment est-il produit ?

Ce vin primeur est produit dans Rhône et le sud de la Saône-et-Loire. Plus de 2 000 exploitants assurent la production annuelle. Les vins sont donc diversifiés, c’est pourquoi on parle aussi de Beaujolais nouveaux, au pluriel. Pour réaliser ce nectar, les vignerons utilisent généralement un seul cépage, le Gamay N, un plant de vigne à fort rendement. Ils procèdent à la vinification par macération carbonique. Au départ, 10 à 30% de la récolte fermente en fond de cuve, foulée et levurée. Le reste des grappes entières macèrent à leur tour pendant quatre jours dans l’oxyde obtenu à partir de la première préparation.

Comment déguster le Beaujolais nouveau ?

Le Beaujolais nouveau  est peu tannique mais très fruité. Il a une robe rouge vif, limpide et brillante. Il accompagne très bien les cochonnailles mais aussi les tartares de poissons, les fruits de mer, les volailles ou encore les chèvres, entre autres. La température idéale de dégustation se situe entre 10 et 13°C. Il doit donc être servi frais. N’attendez pas pour déboucher votre bouteille car le vin doit se consommer dans les six mois. Vous pourrez vous servir un petit godet pour les premiers barbecues estivaux. Cette année, les viticulteurs annoncent un millésime « coloré et fruité ». La qualité est au rendez-vous mais attention, les volumes seront faibles. Les vignes ont souffert du gel, de la grêle et de la sécheresse.

Combien de bouteilles vendues ?

Chaque année, des millions de bouteilles de vin d’appellation d’origine contrôlée Beaujolais nouveau et Beaujolais villages (il existe en effet deux catégories) sont vendues à travers le monde.  Il sont dégustés dans 110 pays. Chaque année, des millions de bouteilles sont vendues aux quatre coins de la planète. En 2016, la France a consommé 106.400 hectolitres de Beaujolais. 25,2 millions de bouteilles ont été vendues (500 000 de moins qu’en 2015). Le marché a généré un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros, dont 17 millions d’euros les trois premiers jours de commercialisation, selon le site spécialisé Rayon Boissons. Si ce vin vient de chez nous, c’est à l’étranger qu’il est le plus apprécié. Et ce sont les Japonais qui en sont les plus gaga (25% de la production). L’année dernière, 50 000 litres ont été écoulées au pays du Soleil-Levant. Ces derniers n’hésitent pas d’ailleurs à se baigner dans des piscines remplies de ce précieux nectar.

Comment est né le slogan “Le Beaujolais nouveau est arrivé” ?

Cette formule est arrivée au fil des années. Elle viendrait des cafés eux-mêmes, qui annonçaient sur l’ardoise qu’ils avaient été livrés. Mais ce n’est qu’en 1975 que le slogan est devenu une phrase à la mode, avec le succès du livre de René Fallet intitulé “Le Beaujolais nouveau est arrivé”.

Ne reste plus qu’à déguster cette nouvelle cuvée. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas forcément de la piquette. On peut trouver de très bonnes bouteilles. On rappelle tout de même que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération !

Justine Dupuy

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