Les biocarburants ne seraient pas si bons pour l’environnement

Publié le 12 octobre 2017 à 9:40 Aujourd'hui | 3251 vues

L’utilisation de biocarburants ne serait pas si écolo que ça. C’est ce que révèle un collectif de plusieurs ONG environnementales, mardi 10 octobre. Ces dernières appellent l’Organisation de l’aviation civile internationale à limiter l’utilisation de cette alternative au kérosène. 

La pollution est un des fléaux du XXIe siècle. Le pétrole fait d’ailleurs partie des éléments les plus polluants. Afin de limiter son utilisation, grands nombres de chercheurs et scientifiques cherchent des alternatives à cet or noir. Les biocarburants font partie de cela. Pourtant, l’utilisation à grande échelle de ce carburant “vert” produirait davantage d’huile de palme et donc provoquerait plus de déforestation.

Les biocarburants responsables de la déforestation

Bien que la volonté de s’éloigner du kérosène soit saluée par les ONG environnementales, ces dernières sont presque certaines que cette utilisation massive de biocarburant signifierait utiliser davantage d’huile de palme et donc contribuerait à la déforestation et au changement climatique. D’ailleurs, les ONG sont catégoriques, les impacts sur l’environnement de ces carburants alternatifs “ne sont pas moindres que ceux des carburants fossiles”. Elles appellent même les 191 Etats membres de l’Organisation de l’avion civile internationale (OACI) à contrer son développement. « Les biocarburants sont déjà responsables de déforestation à grande échelle, d’appropriation de terres, de violations des droits de l’Homme, et de perte de souveraineté et de sécurité alimentaires », a dénoncé dans un communiqué Mary Louise Malig, de l’ONG Global Forest Coalition.

Une alerte qui ne date pas d’hier

Déjà en 2009, neuf ONG européennes (ActionAid, BirdLife International, ClientEarth, European Environmental Bureau, FERN, Friends of the Earth Europe, Greenpeace, Transport & Environment, Wetlands International) alertaient l’opinion publique sur les risques des biocarburants à travers une étude qu’elles avaient commandée dans le but de montrer l’impact potentiel de la consommation de biocarburants en Europe d’ici 2020. Cette enquête se basait sur les Plans d’action nationaux (PAN) et les études européennes sur le changement d’affectation des sols indirect (Casi). Selon les ONG, les biocarburants émettront, d’ici 2020, 27 à 56 millions de tonnes de gaz à effet de serre de plus par an. Par ailleurs, ces agro-carburants seraient plus néfastes que les combustibles fossiles de 87% à 167%. Il est donc nécessaire de faire attention à toutes ces alternatives aux énergies fossiles.

Mercredi 11 octobre, l’Organisation de l’avion civile internationale (OACI) s’est réunie à Mexico pour donner son avis sur les carburants alternatifs afin d’apporter sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Selon un document disponible sur le site de l’OACI, l’organisation souhaite que l’utilisation de “carburants d’aviation durable” passe à 2% du total des carburants du secteur en 2025, 32% en 2040 et 50% en 2050. Pour l’heure, aucune annonce n’a été faite.

Développer des carburants plus responsables oui, mais l’avenir ne se trouve-t-elle pas vers les avions électriques ? C’est en tout cas le pari d’EasyJet qui a annoncé fin septembre vouloir lancer d’ici 10 ans un avion électrique pour les trajets courts.

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Marie Bascoulergue

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