Cantines : les enfants mangent deux fois trop de protéines animales

Publié le 5 décembre 2017 à 16:27 Aujourd'hui | 232 vues

Dans un rapport publié le 4 décembre 2017, Greenpeace pointe du doigt les cantines scolaires. Ces dernières serviraient au minimum deux fois trop de protéines animales par rapport aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). 

Faut-il manger de la viande ? Faut-il juste réduire les quantités ? C’est l’éternel débat. Depuis quelque temps, de plus en plus de personnes décident d’arrêter ou de limiter leur consommation de viande. C’est d’ailleurs ce qu’a révélé la dernière enquête Kantar WorldPanel, le 29 novembre dernier. On y apprenait que 34% des Français étaient fléxitariens, autrement dit qu’ils réduisent leur consommation de produits carnés. Une enquête faisant écho aux recommandations du think tank Terra Nova. Ce dernier préconisait de réduire par deux sa consommation de viande. Pour arriver à faire changer les mentalités, l’organisme avait dressé une liste de 11 propositions parmi lesquelles “évoluer vers la généralisation de l’option “repas végétarien” et l’imposition “d’un jour végétarien par semaine dans la restauration scolaire des collèges et lycées”. Dans son rapport, Terra Nova expliquait qu’il “conviendrait de rouvrir le débat sur le niveau souhaitable d’équilibre entre protéines animales et protéines végétales dans la restauration scolaire”.

Aujourd’hui, c’est justement la trop grande présence des protéines animales dans la restauration scolaire qui est dénoncée par l’ONG Greenpeace dans son récent rapport. “Dans les cantines scolaires, entre deux et six fois trop de protéines sont servies aux enfants par rapport aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses)”, explique l’ONG. Cette dernière précise que les enfants ont droit à de la viande ou du poisson “tous les jours ou presque”. Une situation qui fait grincer des dents Greenpeace puisqu’une “surconsommation de protéines animales aurait des conséquences désastreuses sur la santé des enfants, mais aussi sur l’environnement”. Obésité, surpoids, émissions de gaz à effet de serre à cause des élevages… Telles sont les répercussions en question.

Les lobbies de l’agroalimentaire mis en cause

Pour arriver à de telles conclusions, Greenpeace a comparé les Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) en protéines par l’Anses et l’apport obtenu si l’on suit les quantités recommandées par le GEM-RCN (Groupement d’Étude des Marchés en Restauration Collective et de Nutrition) aux cantines scolaires. C’est cette organisme qui traduit les recommandations nutritionnelles officielles définies au sein du Programme National Nutrition santé (PNNS) et conseille les acheteurs de la restauration collective sur la quantité de viande rouge, viande blanche, fromage, yaourts. Dans les faits, un enfant de trois ans mange en moyenne 20 g de protéines animales, contre les 4,8 g conseillés par l’Anses (soit 416% des besoins). Au collège, cet écart se réduit légèrement. Un élève mange en moyenne 26 g de protéines animales alors qu’il devrait en consommer que 11,6 g (soit 224% des besoins). “Si l’on considère l’ensemble d’un repas, soit un morceau de viande, un laitage mais aussi un peu de pain, des pâtes et des légumes, on arrive à un apport de protéines entre deux et quatre fois supérieurs aux recommandations des nutritionnistes “, commente au Parisien Laure Ducos, chargée de mission agriculture au sein de Greenpeace.

Pour Greenpeace, si on arrive à de tels résultats, ce n’est pas le fruit du hasard. L’ONG pointe du doigt les lobbies agroalimentaires, dont celui de la viande. “Ils entrent dans les classes et les cantines pour persuader les enfants des vertus miraculeuses de la viande”. Greenpeace explique également que les lobbies “font tout pour perpétuer ce mythe selon lequel nous devons manger de la viande tous les jours”. D’ailleurs, “en regardant de plus près ce fameux GEM-RCN, on se rend compte que les représentants de l’Etat et les scientifiques sont absents, ceux des filières végétales et qualité, comme le bio, en minorité face aux représentants des filières viande et produits laitiers”, explique Laure Ducos dans un communiqué. Cette dernière regrette également que “les nutritionnistes, la plupart bénévoles, pèsent bien peu par rapport aux lobbyistes professionnels de l’agro-industrie”

Face à un tel constat, l’ONG a lancé une pétition regroupant quatre demandes afin “qu’Emmanuel Macron reprenne les rênes de la politique de restauration scolaire”. Concrètement, Greenpeace souhaite que le gouvernement introduise deux repas végétariens par semaine à l’horizon 2020, augmente la part du bio dans toute la restauration scolaire, interdise la présence des lobbies dans les écoles et limite leur influence dans les instances de décision. Des revendications qui font écho à l’interview de Nicolas Hulot dans l’Obs. Dans le dernier numéro de l’hebdomadaire, le ministre de la Transition écologique et solidaire avait évoqué son souhait de voir un menu végétarien un jour par semaine dans les cantines scolaires.

Crédit photo : Greenpeace

 

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Marie Bascoulergue

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