Certains produits bio contiennent des substances chimiques

Publié le 23 mars 2018 à 12:35 Aujourd'hui | 585 vues

Tous les produits bio ne se valent pas. Certains contiendraient des substances chimiques. C’est ce que révèle le magazine 60 millions de consommateurs dans son numéro d’avril publié le jeudi 22 mars 2018. 

L’industrie du bio a le vent en poupe. Depuis plusieurs années, les rayons bio poussent comme des champignons. Quant aux consommateurs, ils ont de plus en plus envie de manger sainement. Cependant, bien que les produits issus de l’agriculture biologique soient meilleurs pour la santé et la planète, tous ne se valent pas. C’est en tout cas le constat fait par le magazine 60 millions de consommateurs dans son numéro mensuel d’avril 2018 paru le 22 mars dernier. Pour arriver à de telles conclusions, le magazine a ainsi testé sept familles de produits bio d’épicerie, largement importés, à savoir du riz, du café, du chocolat, du quinoa, du sucre, de l’huile d’olive et du miel. Au total, cela représente pas moins de 74 aliments en provenance des quatre coins du monde. 60 millions de consommateurs a recherché “plusieurs centaines de substances indésirables” comme des pesticides, des plastifiants, des solvants ou encore des résidus vétérinaires. Résultat : même si la plupart des produits ont passé les tests haut la main, d’autres ont échoué. Et pour cause, ils contiennent des substances chimiques. Que les consommateurs de bio se rassurent (un peu), “les teneurs de pesticides retrouvées dans la grande majorité de produits testés ne dépassent pas la limite autorisée maximale de résidus (LMR)”.

Le bio pas si bio

Pour les amateurs de café, pas de panique. “Qu’ils soient du Mexique, d’Éthiopie ou d’Indonésie”, ils sont tous exempts de pesticides. Même chose pour les différents sucres testés, ou presque. Un herbicide de synthèse (le 2,4-D “possible cancérogène” par l’Organisation mondiale de la santé en 2015) a été retrouvé dans un produit importé du Costa Rica, “sans doute à cause d’une contamination via des cultures conventionnelles voisines”, indique 60 millions de consommateurs.

Les huiles d’olive, quant à elles, sont loin d’être irréprochables. Au total, cinq contiennent des résidus de pesticides et six des plastifiants, dont des phtalates, reconnus comme perturbateurs endocriniens. Pour le magazine, “cette migration, qui touche surtout des huiles de Tunisie, peut provenir des contenants ou des joints de machines utilisées sur la chaîne de production. Les tests ont également révélé la présence de toluènes et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans certains échantillons”. On évitera également les huiles d’olive françaises qui sont “les plus polluées par les résidus de pesticides”. Des résidus de pesticides ont également été retrouvés dans quatre références de chocolat sur les 11 analysées. Parmi lesquels du DEET, une molécule utilisée dans les produits antimoustiques. Celle-ci a été détectée dans deux plaquettes importées d’Équateur. Pour le magazine, la “molécule proviendrait des ouvriers des plantations de cacaoyers qui s’enduisent de répulsifs antimoustiques afin d’éviter d’être contaminés par des maladies comme la dengue, le virus Zika, etc., et ce en accord avec une recommandation de l’OMS”.

Ce n’est pas fini. Du glyphosate a été retrouvé dans le miel bio Famille Mary et La Vie Claire. Quant au riz, ceux d’Inde et du Pakistan sont à éviter, notamment celui de la marque Taureau ailé bio et Monoprix bio. Des traces de tricyclazole au-delà de la limite maximale autorisée ont été retrouvées dans ce dernier. Concernant le quinoa blanc, sur les sept marques analysées, une seule est jugée “très insatisfaisante” par 60 millions de consommateurs : le quinoa des champs (France) Famille Rochefort. “Le pesticide retrouvé dans le quinoa français Rochefort atteint une concentration dix fois supérieure à la limite maximale de résidu pour le quinoa conventionnel”, indique le magazine.

Des produits bio déjà épinglés

Ce n’est pas la première fois que des produits bio sont épinglés. Fin novembre 2016, le magazine pointait du doigt les saumons frais bio. Selon 60 millions de consommateurs, ils seraient plus contaminés que les saumons non bio. Plus récemment, en octobre dernier, une enquête menée par France 3 révélait que certaines carottes bio ne l’étaient pas tant que ça. Les journalistes avaient ainsi analysé huit marques de carotte dont quatre de l’agriculture conventionnelle et quatre de l’agriculture biologique. Après analyses, il s’est avéré que “des résidus de trois produits phytosanitaires” avaient été retrouvés dans des carottes bio, notamment dans celles vendues dans les magasins Bio c’Bon. Face à ces accusations, la chaîne avait tenu à réagir. Sur son site Internet, elle avait écrit : “Nous avons été mis en cause sur des traces infimes de pesticides 20 à 160 fois inférieures à la norme européenne relative à la protection des consommateurs ce qui n’a pas manqué de nous surprendre compte tenu de la certification bio de nos fournisseurs, magasins et entrepôts. Nous avons immédiatement réalisé une contre-expertise par un laboratoire agréé. Nous vous confirmons qu’aucune trace de pesticide n’a été trouvée sur nos carottes.”

Marie Bascoulergue

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