L'IFSTTAR développe des routes de la 5e génération.

Comment seront les routes du futur ?

Publié le 24 juillet 2018 à 18:35 Demain | 1409 vues

Réponse Conso a sillonné les routes de demain et vous en propose une liste non-exhaustive. Après la voiture autonome électrique, place aux smart roads éco-friendly !

Des routes…

En plastique

C’est la récente initiative du Laboratoire national des matériaux et des modèles structurels de l’Université du Costa Rica qui a mis au point des routes à partir de bouteilles en plastique recyclées en les mélangeant au bitume ; un “asphalte vert” plus résistant aux aléas climatiques et aux charges lourdes des véhicules que le traditionnel asphalte routier. Si le procédé semble surprenant, il ne constitue pas une prouesse pour autant : d’autres pays l’ont déjà essayé et adopté – c’est le cas de l’Australie, du Canada, du Ghana, de l’Inde et des Pays-bas, entre autres.

Sur ce même principe de transition écologique, l’IFSTTAR (L’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) prévoit de recycler les matériaux granulaires déjà utilisés – tels que les pneus usagés et les mâchefers – et de limiter les transports inutiles en utilisant au maximum les ressources locales pour son projet de route de la 5ème génération (R5G).

Radiateurs

Des routes qui s’auto-chauffent ? C’est désormais possible. L’idée de l’IFSTTAR s’articule sur l’utilisation de panneaux photovoltaïques, placés à-même la chaussée, et de chauffe-eaux solaires. Et pour cause : l’asphalte des routes étant de couleur noire, elle accumule une quantité très importante de chaleur – la preuve en est : en été, la température du bitume peut dépasser les 60°. Ainsi, à l’aide de capteurs, les chaussées produisent de l’électricité, et des circuits d’eau refroidissent les panneaux pour en améliorer le rendement. La transition énergétique est une thématique chère à l’IFSTTAR qui travaille depuis 2009 à réduire l’empreinte carbone des routes en les rendant productrices d’énergie.

Dans la même veine, une filiale de Vinci a réalisé des chaussées à même de récupérer la température estivale pour se débarrasser de sa neige et se dégeler les mois suivants, en plus d’agir comme radiateur pour tout un bâtiment voisin. La chaleur est conservée dans une chaîne de tubes placée à 1 mètre du sol ; si besoin il y a en hiver, cette même chaleur est ensuite récupérée par une pompe qui la fait remonter jusqu’à la surface. Sur une même idée, dans l’Orne, Wattway a réalisé un tronçon d’un kilomètre recouvert de cellules photovoltaïques en forme de dalles qui transforment l’énergie solaire en électricité.

Végétales

Récemment, la Gironde s’est attelée à remplacer le bitume abîmé des enrobés par une solution végétale à base d’émulsion de poix, obtenue à partir de résidu de pin (que l’on prélève lors de la fabrication du papier kraft). Ce procédé que l’on nomme le Recytal-ARM, s’agit d’un traitement des chaussées à froid ; c’est une méthode bien moins gourmande en énergie que la pétrochimie qui dégage plus de C02 et de COV (composés organiques volatiles).

Fluorescentes

Et parce que les véhicules à deux roues ne sont pas en reste : une jeune pousse polonaise s’est intéressée à la visibilité des cyclistes, en leur concevant des pistes phosphorescentes pour la nuit. Les routes sont dotées de luminophores, des particules luminescentes qui se rechargent en journée à la lumière du soleil.

Et le numérique dans tout ça ?

Cela étant, si la transition écologique et énergétique représente une dimension importante des routes du futur, elle n’en est pas pour autant l’alpha et l’oméga. A l’heure de l’uberisation des routes, la transition numérique – c’est-à-dire l’utilisation croissante des technologies de l’information et de la communication (pour gérer plus efficacement le trafic par exemple ou s’adapter à des véhicules de plus en plus connectés) – constitue un enjeu de premier ordre, et l’IFSTTAR l’a bien compris en réfléchissant depuis 2009 à des routes d’un nouveau genre. Après les chemins muletiers, les voies romaines, les chaussées revêtues et l’autoroute, place aux routes de la 5e génération.

Ces routes reposeront sur un réseau de capteurs qui récolteront des données ; des algorithmes auto-apprenants se chargeront alors de trier et d’étudier ces informations. Grâce à elles, les conducteurs seront tenus informés des caractéristiques de la route, et pourront mieux anticiper les flux de trafic trop importants et les situations dangereuses.

Nicolas Hautière, Ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts à l’IFFSTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) précisait en début d’année: « Pour avancer sur la route de 5e génération (R5G), le défi est de parvenir à construire la chaîne de d’innovation entre le laboratoire et la route ouverte. Cela signifie par exemple développer les méthodes d’essai pour caractériser certains matériaux, construire des pilotes de plus en plus réalistes sur site protégé puis identifier un gestionnaire prêt à expérimenter sur route ouverte, de façon à optimiser le système et réduire son coût global (TCO). »

Dont acte. Car si les véhicules et les usages évoluent en matière de mobilité, les infrastructures devront suivre le même chemin.

 

Illustration de la mise en relation des différentes transitions (énergétique, écologique et numérique) ambitionnée par l’IFSTTAR

 

Maquette du procédé futur de l’IFSTTAR pour des routes connectées

Yannis BENZAID

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