Cosmétiques bio : la norme ISO 16128 induirait les consommateurs en erreur

Publié le 14 mars 2018 à 12:56 Aujourd'hui | 966 vues

L’association Cosmébio et les ONG Générations Futures, Générations Cobayes et WECF ont décidé d’alerter sur le packaging trompeur des cosmétiques naturels selon la norme ISO 16128, en vente depuis quelques jours. 

Depuis quelque temps, les Français font de plus en plus attention à ce qu’ils mettent sur leur peau. Les différents scandales liés aux perturbateurs endocriniens poussent les consommateurs à se tourner vers des produits bio et naturels. Cependant, depuis quelques jours, identifier une crème ou un baume entièrement naturel ou bio est devenu plus compliqué à cause de la norme ISO 16128. Derrière ce nom barbare se cache ni un label, ni un cahier des charges, ni une loi. Il s’agit d’un texte en deux parties visant à harmoniser la terminologie des ingrédients biologiques et naturels afin de rendre accessible le bio à un plus grand nombre de fabricants. Dès la parution de la seconde partie de cette norme, Cosmébio, Générations Futures ou encore Générations Cobayes sont montés au créneau afin d’alerter l’opinion publique sur les risques de tromperies que représente cette norme pour les consommateurs. Et pour cause, la norme ISO 16128 autorise, en petite quantité, la présence d’ingrédients controversés et jugés dangereux pour la santé. Par exemple, un produit avec 95% d’ingrédients naturels pourra être estampillé “produit naturel” même si dans les 5% restant on retrouve des parabens, des silicones ou encore du phénoxyéthanol.

Depuis la fin du mois de février, les premiers produits se revendiquant d’origine naturelle selon cette norme sont en vente. C’est donc tout naturellement que Cosmébio, Générations Futures, Générations Cobayes et WECF relancent le débat sur la qualité de ces produits et alertent une nouvelle fois sur la tromperie que peut engendrer cette norme.

Un packaging trompeur

Pour cela, Cosmébio a décidé de décrypter la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques d’une crème pour le visage. Cette dernière se présente comme à 88% d’origine naturelle, selon la norme ISO 16128. Dans un communiqué, l’association rappelle que “la norme établit deux catégories d’ingrédients d’origine naturelle : les “ingrédients naturels” et les “ingrédients dérivés de matériaux naturels””, précisant que “ces ingrédients dérivés de matériaux naturels sont des ingrédients cosmétiques contenant une proportion de plus de 50% d’origine naturelle”. Cosmébio révèle que la crème analysée contient 12% d’ingrédients synthétiques dont une quinzaine d’ingrédients controversés non autorisés par les labels de cosmétiques bio. On retrouve ainsi du PEG-100, du decyloxazolidinone, du phénoxyéthanol, du dimethicone, du sodium polyacrylate, du tromethamine, du PEG-7, du glyceryl cocoate, du BHT, du polyquaternium-7 ou encore du ethylhexylglycerin. Autrement dit, la crème testée est composée, entre autres, d’un anti-oxydant très irritant et potentiel perturbateur endocrinien, d’un conservateur irritant, d’un tensio-actif ou encore d’un humectant fabriqué à partir de composant cancérigène.

Savoir reconnaître le vrai du faux

Afin d’éviter toute confusion dans les rayons, Cosmébio rappelle dans une vidéo (voir ci-dessus) que le seul moyen de trouver des bons produits est de “faire confiance aux labels et autres certificateurs qui eux font un véritable travail de certification”. Parmi lesquels, le label Cosmébio. Ce dernier assure la présence de 95% minimum d’ingrédients naturels et bio, de 5% maximum d’ingrédients synthétiques, issus d’une liste clairement définie et qu’aucune substance controversée ne soit autorisée. Le président de l’association Romain Ruth a d’ailleurs déclaré dans les colonnes de Libération que “le seul label qui existe en matière de cosmétiques naturels et bio est le label Cosmébio”.

En plus de cette certification, plusieurs critères permettent d’identifier facilement un cosmétique naturel ou bio. Il suffit d’abord de se référer à la liste des ingrédients, qui détaille la composition du produit et précise les ingrédients issus de l’agriculture biologique. Les caractéristiques du bio doivent également figurer sur le packaging. Ces dernières “indiquent les pourcentages d’ingrédients d’origine naturelle et d’ingrédients issus de l’agriculture biologique sur le total des ingrédients”. Le cosmétique doit aussi mentionner l’organisme agréé de certification (Ecorcert, Burea Veritas, Cosmécert).

Par ailleurs, une campagne publicitaire est diffusée dans la presse depuis le 21 février dernier. Elle entend “réaffirmer l’importance du label Cosmébio pour la protection des consommateurs à la recherche de cosmétiques plus naturels”.

 

Marie Bascoulergue

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