Coton bio ou équitable : décryptage des principaux labels

Publié le 18 mars 2018 à 10:00 Aujourd'hui | 778 vues

Les enseignes de prêt-à-porter se l’arrachent, les clients aussi. Le coton est partout : sous-vêtements, t-shirts, jeans… Mais, à quels labels se fier pour choisir des vêtements en coton respectueux de l’environnement ? Décryptage.

Chaque seconde, environ 820 kilos de coton sont produits dans le monde, l’équivalent de 25,3 millions de tonnes par an selon le Comité consultatif international sur le coton (ICAC). Cette matière blanche et naturelle est principalement cultivée en Chine, en Inde et aux États-Unis tandis que les pays européens ne représentent qu’1% de la production mondiale. C’est également l’une des matières premières les plus échangées au monde, vitale pour l’économie des pays en voie de développement. En Ouzbékistan, le coton représente 45 % des exportations ! Exploité pour ses fibres utilisées dans l’industrie textile, il pose cependant des problèmes majeurs pour la santé et l’environnement. Eh oui, il ne faut pas oublier que l’industrie du textile est le deuxième plus gros pollueur après le pétrole ! En effet, cultiver une quantité considérable de coton requiert l’usage de pesticides. En 2006, seules 0,1 % des productions étaient issues de l’agriculture biologique. Mais les pesticides ne polluent pas seulement les sols, ils sont aussi mauvais pour la santé du cultivateur et du consommateur. Les champs de coton, qui ne représentent que 3% des terres cultivées, sont responsables de l’utilisation mondiale d’un quart des pesticides. Autre désagrément causé par cette industrie ? La forte consommation d’eau ! En moyenne, pour produire un kilo de coton, pas moins de 5 260 litres d’eau sont nécessaires selon le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Les écolabels : greenwashing ou gage de qualité ?

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises surfent sur la vague du coton responsable, qui séduit de plus en plus de clients. De nombreux labels ont envahi le marché : il est alors facile de se noyer dans la masse d’informations. Mais comment s’y retrouver afin de ne pas succomber au greenwashing ? On découvre ces labels.

Better Cotton Initiative

Ce label britannique est rapidement devenu le favori des grandes marques. Depuis 2009, il se veut respectueux des Hommes et de l’environnement. Son engagement ? Réduire « la dépendance [aux] pesticides », peut-on lire dans le document « Principes et Critères de production expliqués », publié en octobre 2013. Mais, sous les airs de marque écoresponsable que supposent les étiquettes vertes, la réalité est tout autre. Les pesticides sont toujours bel et bien présents sur les champs de coton. Les conditions de travail dans les champs ouzbeks ont également été épinglées par l’émission Cash Investigation, diffusée sur France 2 le 28 novembre 2017. Ce label est donc à fuir.

 

Des écolabels équitables : Fairtrade (Max Havelaar) et Bio Equitable

Sur le site français officiel de Max Havelaar, on peut lire « qu’il existe une forte corrélation entre la chute des cours du coton et l’augmentation de la pauvreté ». C’est dans l’optique de réduire les inégalités que le logo Fairtrade garantit la fabrication du coton selon des normes commerciales équitables pour les pays producteurs. La filière coton équitable existe depuis 2004 au Mali et s’est depuis étendue. À noter que les OGM sont proscrits, mais pas les pesticides. Cependant, l’écolabel Bio Équitable, obtenu par les entreprises en partenariat avec des producteurs de pays émergents ou en voie de développement, impose que les productions équitables soient également biologiques, et donc, dépourvues de pesticides.

Oeko-Tex

Fondée en 1992 en Allemagne, l’association Oeko-Tex labellise les textiles en prenant en compte les critères santé, environnement et travail. Son label le plus exigent est Made In Green, qui subit différents contrôles. La certification est uniformisée à l’échelle mondiale pour les textiles bruts, semi-finis et finis, à toutes les étapes de traitement ! Les déchets sont recyclés, les eaux usées traitées et les produits chimiques jugés dangereux sont proscrits.

GOTS

Le référentiel Global Organic Textile Standard utilisé par Ecocert (un label français) garantit qu’au moins 70% des fibres du vêtements sont issues de l’agriculture biologique et ne contiennent pas de produits chimiques. C’est donc un label fiable pour l’environnement et surtout pour la santé, puisqu’aucun métal lourd ne s’est glissé dans le vêtement final.

BioRe et Naturtextil

BioRe fait partie des labels les plus exigeants. Créé en 1993, celui-ci concerne les tissus en coton qui doivent être fabriqués selon un processus précis : le coton doit être biologique et équitable, sa transformation industrielle doit respecter l’environnement et les conditions de travail doivent être dignes. De plus, la matière doit être traçable pendant toute la chaîne de production. À noter également que BioRe lutte contre le réchauffement climatique grâce à la neutralité du bilan carbone. Naturtextil Best, écolabel créé en 2000 par l’association internationale des industriels des textiles naturels impose des conditions semblables. Il atteste également que son textile contient au moins 95% de fibres issues de l’agriculture biologique ou d’exploitation en conversion.

 

Cindy Angot

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