De moins en moins d’animaux sont soignés avec des antibiotiques

Publié le 10 octobre 2017 à 9:30 Aujourd'hui | 453 vues

L’utilisation d’antibiotiques pour soigner les animaux aurait chuté de 37%, un taux bien supérieur à l’objectif fixé à 25%. C’est ce que révèlent les résultats du premier bilan du plan Ecoantibio (2012-2016), publié vendredi 6 octobre. Des données encourageantes pour le lancement du second plan Ecoantibio.

“Les antibiotiques ce n’est pas automatique”, tel est le slogan que l’on peut entendre à la télé pour inciter les gens à ne pas en abuser. Pourtant, pour les animaux, aucune précaution n’est prise bien que, ce qu’ils mangent ou prennent pour être soignés finissent dans notre organisme, si l’on consomme de la viande. Cependant, une avancée vient d’avoir lieu dans ce domaine. Vendredi 6 octobre 2017, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert ont salué “l’excellent bilan du premier plan Ecoantibio (2012-2016)”. Ce dernier, qui a pour but de “lutter contre l’antibiorésistance”, rapporte que l’utilisation d’antibiotique pour soigner les animaux a chuté de 37% alors que l’objectif était de 25%. Une victoire pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’alimentation (FAO) ainsi que de nombreuses associations, qui alertent depuis plusieurs années sur la menace que représentent l’abus et la résistance des d’antibiotiques (antibiorésistance).

Moins d’antibiotiques et plus de vaccins

Cette baisse d’antibiotiques concerne principalement les porcs et les volailles. Ces derniers sont, encore aujourd’hui, de gros utilisateurs de ces traitements. Beaucoup d’éleveurs utilisent des antibiotiques en guise de prévention d’une maladie potentielle et non plus pour  guérir. Par conséquent, pour réduire l’utilisation de ces traitements, les éleveurs ont dû chercher à améliorer les conditions de vie de l’animal afin de limiter la propagation d’un virus, notamment en aérant davantage les enclos ou en limitant le nombre de bêtes par parc. Le plan Ecoantibio a également permis de mieux former les propriétaires d’animaux et les vétérinaires par le biais de campagnes de communication (“les antibiotiques, pour nous non plus, c’est pas automatique”) ou encore en faisant la promotion de la vaccination (“nourri, logé, vacciné : éleveur vaccin’cteur de son élevage”). “Ces résultats satisfaisants doivent nous encourager à poursuivre nos efforts dans la bonne direction pour relever ensemble ce défi à la fois alimentaire et de santé publique”, a déclaré Agnès Buzyn.

Afin de continuer sur cette lancée, le second plan Ecoantibio (2017-2021) a pour but de “maintenir dans la durée ces bons premiers résultats et de conforter cette dynamique positive et responsable”. Pour cela, une nouvelle campagne de communication va être lancée, comme pour le premier plan Ecoantibio, afin de continuer à sensibiliser les éleveurs et les vétérinaires. Le message de cette opération sera “Les antibios, comme il faut, quand il faut”.

Lutter contre l’antibiorésistance

Cette seconde campagne devrait ravir l’OMS et la FAO qui, depuis plusieurs années, alertent l’opinion publique quant à la menace que représente l’abus des antibiotiques. Les bactéries résisteraient davantage à ces traitements et donc, l’organisme (de l’humain et de l’animal) ne serait pus apte à se défendre correctement. Un rapport remis fin septembre au ministère de la Santé évoque 12 500 décès par an lié à la résistance antibiotique. La lutte contre cette antibiorésistance est un enjeu majeur de santé publique dans le monde entier. Dans un communiqué, le gouvernement rappelle que la France est d’ailleurs très active dans ce combat. Le pays souhaite que chaque pays “se dote d’un plan national de lutte contre l’antibiorésistance” et demande “aux instances européennes que les mesures prises dans l’Union européenne pour un usage prudent des antibiotiques en santé animale soient également, par réciprocité, imposées aux denrées importées sur le territoire européen”.

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Marie Bascoulergue

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