6 résidus de pesticides sur 10 quantifiés dans l’alimentation européenne sont des perturbateurs endocriniens suspectés.

Des perturbateurs endocriniens présents dans nos assiettes

Publié le 4 septembre 2018 à 13:00 Aujourd'hui | 457 vues

Dans un rapport publié ce mardi 4 septembre 2018, l’ONG Générations futures révèle que six résidus de pesticides sur dix quantifiés dans l’alimentation européenne sont des perturbateurs endocriniens suspectés.

Depuis cinq ans, Générations futures réalise une série de rapports basés sur des analyses et des enquêtes montrant l’omniprésence de très nombreux perturbateurs endocriniens (PE) dans notre environnement : rapports EXPPERT (pour EXposition aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens). On se souvient notamment de son enquête, publiée en janvier 2017, sur l’eau qui révélait que la plupart des pesticides retrouvés dans celle-ci étaient suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Cette fois, l’ONG s’est intéressée à « l’une des voies d’exposition les plus importantes pour les non-utilisateurs de pesticides : l’alimentation ». Et les résultats, dévoilés ce mardi 4 septembre, sont loin d’être rassurants : six résidus de pesticides sur dix quantifiés dans l’alimentation européenne sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Générations futures a épluché le dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les résidus de pesticides dans les aliments. Ce rapport, publié cet été et qui porte sur des données de 2016, concluait que 96% des échantillons analysés avaient des concentrations de résidus de pesticides quantifiées inexistantes ou inférieurs aux Limites Maximales en Résidus (LMR). Des risques donc faibles pour l’EFSA. Mais l’ONG a voulu aller plus loin, a voulu savoir « quelle était la part des résidus de pesticides soupçonnés d’être des PE dans les résidus alimentaires de pesticides en Europe ». Au total, le programme de surveillance coordonné par l’EFSA a recherché 881 molécules différentes dans 84 657 échantillons d’aliments, sur lesquels 109 843 résidus de pesticides ont été quantifiés, précise Le Monde. 350 molécules sur les 881 ciblées ont été quantifiées au moins une fois. Générations futures a examiné en détail ces 350 molécules, en se basant sur la base de données TEDX, une organisation créée par la scientifique Theo Colborn, à l’origine de la découverte des phénomènes de perturbation endocrinienne : 157 substances sur les 350 quantifiées en résidus par l’EFSA sont des PE suspectés. Selon l’ONG, ces derniers sont à l’origine de 69 433 résidus quantifiés. « Ce total de résidus de pesticides PE suspectés représente 63,21% de tous les résidus de pesticides quantifiés par l’EFSA, soit plus de 6 sur 10 ! ». Pour Générations Futures, « la contamination alimentaire par les pesticides est donc très largement une voie de contamination par les perturbateurs endocriniens ».

« Avec les PE ce n’est pas la dose qui fait le poison mais plutôt la période d’exposition »

Malgré des concentrations de pesticides faibles, le danger n’est pas inexistant. « Ces LMR supposent que les pesticides n’ont pas d’effet en dessous d’un certain seuil. Or les pesticides PE ne répondent pas forcément au principe généralement admis en toxicologie classique selon laquelle, la dose fait le poison, et qu’en dessous d’un certain seuil il n’y a aucun effet toxique », souligne Générations futures dans son rapport. « Avec les PE ce n’est pas la dose qui fait le poison mais plutôt la période d’exposition. En effet les très jeunes enfants, et encore d’avantage le fœtus, sont particulièrement sensibles aux PE, même à des doses très faibles. »

L’ONG déplore qu’aujourd’hui « le niveau de preuve demandé pour considérer un pesticide comme PE soit extrêmement élevé ». Pour François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, il faut mettre en place « des actions prioritaires pour conduire à la disparition à terme de ces pesticides perturbateurs endocriniens de notre agriculture et de notre alimentation et mettre en place des mesures efficaces, tout particulièrement dans la future Stratégie nationale Perturbateurs Endocriniens, actuellement en discussion ».

Marine VAUTRIN

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