Economie circulaire : ce que prévoit la France

Publié le 23 avril 2018 à 17:46 Aujourd'hui | 454 vues

Depuis sa visite à l’usine Seb-moulinex à Mayenne, le premier ministre Edouard Philippe a dévoilé les objectifs gouvernementaux pour engager la transition de la France vers une économie circulaire. Publiée le 23 avril 2018, la feuille de route propose des mesures concrètes afin d’atteindre ces objectifs.

Comme il est expliqué par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, “l’économie circulaire désigne un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets. Il s’agit de rompre avec le modèle de l’économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) pour un modèle économique « circulaire ». C’est en ce sens que le gouvernement s’est engagé avec la feuille de route économie circulaire”. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et Brune Poirson, secrétaire d’Etat, ont lancé les travaux d’élaboration de cette feuille de route le 24 octobre 2017. Les parties prenantes ont travaillé deux mois au sein de 4 ateliers : territoires, plastiques, consommation/production durables, instruments économiques, et se sont réunis cinq fois. En parallèle, une plateforme en ligne a recueilli les avis des citoyens, rassemblant plus de 3 000 contributions enthousiastes sur l’économie circulaire. Les propositions issues des ateliers ont été présentées et synthétisées en janvier 2018, créant une pré-feuille de route soumise à consultation en février dernier à plus de 30 000 votes. Il en résulte une liste de 50 mesures concrètes (que vous pouvez retrouver ici) qui s’inscrit dans la formulation d’une économie nouvelle, portée par Edouard Philippe ce lundi 23 avril 2018 à Mayenne. Dès lors, les objectifs premiers sont : “réduire de 30% la consommation de ressources par rapport au PIB d’ici à 2030 par rapport à 2010, réduire de 50% les quantités de déchets non dangereux mis en décharge en 2025 par rapport à 2010, tendre vers 100% de plastiques recyclés en 2025, réduire les émissions de gaz à effet de serre en économisant l’émission de 8 millions de tonnes de Co2 supplémentaires chaque année grâce au recyclage du plastique et créer 500 000 emplois supplémentaires, y compris dans les métiers nouveaux”.

#MakeOurPlanetGreatAgain

Le premier ministre français a basé ses déclarations environnementales sur les mesures prévues par la feuille de route. Celle-ci prévoit notamment “la mise en place d’un indice de réparabilité des produits pour mettre un terme à l’achat des produits peu robustes et non réparables, dont l’affichage sera rendu obligatoire à partir du 1er janvier 2020”. Edouard Philippe conseille à ce propos d’acheter des produits de fabrication française, par définition plus robuste et plus durable que des produits d’une autre provenance selon lui. La feuille compte aussi se baser sur un rapport publié en mars 2018 de l’ancien maire Jacques Vernier et actuel président de la commission des filières de responsabilité élargie des producteurs. Il existe déjà 14 filières de recyclage qui concerne les piles et accumulateurs, les équipements électriques et électroniques (DEEE), les véhicules hors d’usage, les emballages ménagers, les médicaments non utilisés, les pneus, les papiers d’écriture ménagers, les textiles et chaussures, les produits chimiques ménagers, les meubles, les bouteilles de gaz, les bateaux hors d’usage, les objets perforants des patients en auto-traitement, et les fluides frigorigènes. À l’avenir il serait question de créer d’autres filières consacrées à de nouveaux domaines : les emballages des cafés, hôtels, restaurants, les jouets, et les articles de sport, de loisir et de bricolage. “Nous solliciterons aussi les fabricants de cigarettes dont les mégots sont jetés dans leur grande majorité au sol, pour qu’ils sensibilisent les fumeurs et contribuent à financer le ramassage”, a souligné le premier ministre.

Les objectifs de la feuille prévoient que les consommateurs puissent être des acteurs du changement environnemental à venir. Par exemple, le dépôt de plainte en matière de garantie légale de conformité pour les produits de consommation courante sera facilité d’ici à 2019, avec la mise en place d’un portail permettant aux consommateurs de le faire facilement et d’assurer son suivi auprès des services de la DGCCRF lorsque les entreprises ne respectent pas la garantie légale de conformité. Dans la feuille de route, il est aussi question d’harmoniser les couleurs des poubelles d’ici 2022 sur l’ensemble du territoire pour rendre plus lisible le geste de tri, l’expérimentation massive d’un système de consigne solidaire dans les collectivités locales ce qui permettra de collecter les bouteilles plastiques et les canettes en métal tout en soutenant une cause nationale, et de déployer le pictogramme Triman, le petit bonhomme avec 3 flèches, normalement déjà obligatoire depuis deux ans mais qui ne figure que sur 24 % des emballages. Enfin, “cette feuille de route permet également de porter notre modèle d’économie 100% circulaire au niveau européen et international via l’initiative #MakeOurPlanetGreatAgain”, et “va en outre contribuer à l’atteinte de certaines des cibles des objectifs du développement durable (ODD) de l’agenda 2030 pour la France”.

Claire Lebrun

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