Ghana : une ONG recycle des déchets en meubles haut de gamme

Publié le 5 janvier 2018 à 9:30 Aujourd'hui | 612 vues

À Accra, un jeune Ghanéen a fondé l’ONG Agbogblo.Shine Initiative afin de recycler des déchets en mobilier haut de gamme. Un projet qui a de l’avenir puisque le pays importe chaque année pas moins de 40 000 tonnes de déchets électroniques. 

Entre 3,4 et 4 milliards de tonnes par an : c’est l’impressionnant niveau de déchets produits sur notre planète selon la Banque Mondiale, soit l’équivalent de 80 à 126 tonnes chaque seconde. De l’autre côté de la Méditerranée, Joseph Awuah-Darko, un jeune Ghanéen de 21 ans, a fondé l’ONG Agbogblo.Shine Initiative pour ne pas rester inactif. Le but est de recycler les matériaux usagés pour en faire du mobilier haut de gamme. “Elle [l’ONG] va permettre de créer de la valeur ajoutée à des produits à valeur ajoutée à partir de déchets”, a expliqué dans une vidéo de l’AFP Joseph Awuah-Darko. Pour l’heure, le premier objet confectionné grâce à cette ONG est une horloge de parquet faite grâce à un essieu de voiture, de l’aluminium et un morceau de vieille pendule provenant de la décharge d’Agbogbloshie. Ce mobilier a été vendu à un homme d’affaires de la capitale ghanéenne. Un projet ambitieux et prometteur puisque le Ghana importe chaque année près de 40 000 tonnes de déchets électroniques.

“Si on trouve un meilleur emploi, on le prendra”

Transformer les déchets en meubles design n’est pas l’unique but de cette ONG. Elle a pour autre ambition de fournir des emplois et un meilleur salaire à de nombreux “salvagers”, des fouilleurs de poubelles et des glaneurs. Chaque jour, ces derniers arpentent la décharge afin de ramasser un maximum d’objets. Ils sont également amenés à brûler des câbles et des déchets électroniques afin d’en récupérer le cuivre ou d’autres matériaux précieux. À Agbogbloshie, il y aurait pas moins de 20 “salvagers” motivés et triés sur le volet. Certains, comme Mohammed Abdul Rahim, travaillent jusqu’à 12 heures par jour et six jours par semaine pour un montant moyen de 20 cedis la journée soit 3,7 euros, rapporte l’AFP. Les conditions de travail sont si dures que certains salvagers envisagent de partir si l’occasion se présente. “Nous sommes exposés à une forte chaleur et la fumée nous dérange. Si on trouve un meilleur emploi, on le prendra et on quittera celui-ci”, a déclaré Mohammed Abdul Rahim.

Le but de cette ONG est donc double : aider ces salvagers et proposer des meubles design tout en préservant l’environnement. “Je pense qu’Agbogbloshie ne devrait pas se limiter à être une décharge. Je pense qu’il va y avoir une transformation”, a déclaré dans cette même vidéo Joseph Awuah-Darko. “La décharge deviendra une plaque tournante pour le design et les façons innovantes de travailler avec la population locale”, a-t-il poursuivit. À terme, ce jeune Ghanéen espère qu’une centaine de salvagers quittera la décharge pour obtenir une formation, venir fabriquer des meubles et percevoir un vrai salaire.

On ne peut qu’encourager ce type d’initiatives pour lutter contre les déchets. Nous vous avions déjà parlé par exemple de la marque londonienne Pentatonic qui a lancé en septembre 2017 une gamme de meubles design 100% recyclés. En France, les déchets ont aussi le droit à une seconde vie. Avec son procédé “Wastérial”, l’entreprise roubaisienne Etnisi transforme des déchets non valorisés en pièces de carrelage.

 

Marie Bascoulergue

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