L’additif alimentaire E171, un poison ?

Publié le 23 janvier 2017 à 17:04 Aujourd'hui | 914 vues

Une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) alerte sur les risques liés au dioxyde de titane ou E171, un additif alimentaire très utilisé, notamment dans les bonbons. 

Le dioxyde de titane, connu sous le nom de E171, est partout. Cette substance, composée de nanoparticules, est incorporée à de nombreux produits de la vie quotidienne. On le retrouve dans les crèmes solaires, les dentifrices ou encore les peintures. Ce composant est aussi présent dans de nombreux produits alimentaires, notamment dans les bonbons, les biscuits, les confiseries chocolatées ou encore dans les chewing-gums. Le dioxyde de titane n’a aucune valeur nutritive, il permet juste de rendre plus blancs ou plus brillants les aliments, ou encore de modifier les teintes d’autres colorants alimentaires. Toutefois, le E171 n’est pas soumis à l’étiquetage « nanomatériau » puisqu’il n’est pas composé à plus de 50% de nanoparticules.

Cet additif est, depuis quelques années, suspecté d’être dangereux pour la santé. D’ailleurs, en 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait classé la substance « cancérigène possible pour l’Homme », lorsqu’elle est inhalée. Mais qu’en est-il de l’exposition orale à cet additif, à savoir lorsqu’il est ingéré ? La question se pose en effet lorsque l’on sait que le E171 est principalement retrouvé dans les bonbons, comme l’avait démontré l’association Agir pour l’Environnement dans une enquête publiée en octobre dernier. Les enfants, qui sont de grands consommateurs, sont les premiers exposés. En septembre 2016, l’Agence européenne de sécurité alimentaire s’était penchée sur la question et avait conclu que « les donnés toxicologiques disponibles sur le dioxyde de titane n’ont pas révélé d’effets indésirables par ingestion orale » et que « l’exposition alimentaire à cette substance ne constituait pas un problème de santé pour les consommateurs ».

Troubles du système immunitaire

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a elle décidé de se pencher sur l’exposition orale à cet additif. Les résultats, publiés dans la revue Scientific Reports le 20 janvier, sont inquiétants. Les chercheurs ont mené des expériences sur des rats. Ils les ont exposés au E171 à une dose de 10 mg par kilogramme de poids corporel et par jour, soit une dose proche de celle ingérée par les humains. Ils ont ainsi constaté que le dioxyde de titane pénètre la paroi de l’intestin et passe dans la circulation sanguine. Les scientifiques ont en effet retrouvé des particules de dioxyde de titane dans le foie des animaux. Ils ont également observé des troubles du système immunitaire au niveau de l’intestin.

Les chercheurs ont fait absorber, pendant 100 jours, une dose de dioxyde de titane diluée dans de l’eau. Ils ont remarqué qu’une exposition orale chronique à l’additif induit de façon spontanée des lésions précancéreuses au niveau du côlon chez 40% des rongeurs exposés. Chez les rats, qui avaient déjà des lésions précancéreuses, cela s’est traduit pour 20% d’entre eux par une augmentation de ces lésions.

Toutefois, à ce stade les résultats de l’étude ne permettent pas d’extrapoler ces conclusions à l’homme. En effet, les expériences ont été menées sur des rats. Reste que les ministères chargés de l’Économie, de la Santé et de l’Agriculture « ont décidé de saisir conjointement l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) afin de déterminer si l’additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs, indiquent les ministères concernés dans un communiqué. Cette saisine dont les résultats seront connus fin mars s’inscrit dans le cadre des travaux de l’agence déjà engagés à la demande du gouvernement le 17 octobre 2016 sur l’impact potentiel sur la santé des nanomatériaux présents dans l’alimentation de manière plus générale ».

Suite à la publication de cette étude, l’entreprise Verquin Confiseur, qui produit les bonbons Têtes Brûlées, s’est engagé à ne plus utiliser de dioxyde de titane dans la fabrication de ses produits. «  Après Lutti, Verquin Confiseur est la seconde entreprise à modifier ses recettes afin d’exclure les dioxydes de titane », salue l’association Agir pour l’Environnement dans un communiqué, qui en appelle « à la responsabilité des autres entreprises afin qu’elles renoncent à l’utilisation de ces substances dangereuses ».

Marine VAUTRIN

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