L’agriculture biologique française poursuit son ascension

Publié le 1 juin 2018 à 14:41 Aujourd'hui | 710 vues

Opposée à l’agriculture industrielle et à l’utilisation de produits chimiques, l’agriculture biologique est un modèle qui progresse en France. Créateur d’emploi et en plein essor, il est même soutenu par le gouvernement qui a lancé un plan “Ambition Bio 2022” en avril dernier.

L’agriculture biologique repose sur une production et une consommation responsable. C’est un système de production agricole qui exclut “l’usage d’engrais, de pesticides de synthèse, et d’organismes génétiquement modifiés”. En l’espace de quarante ans, ses méthodes naturelles ont gagné du terrain jusqu’à obtenir un véritable écho sur le marché international. Fondée en 2001, l’Agence Bio – Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique – est un organe gouvernemental qui se fait le porte-voix de ce modèle écologique. Entre les années 1990 et aujourd’hui, ses rangs sont passés d’une dizaine d’agriculteurs à 36.691 producteurs en France. 1,8 millions d’hectares consacrés à la culture biologique sont également certifiés.  Selon un sondage de l’Agence Bio et du CSA réalisé en 2018, 73% des français déclarent avoir consommé au moins un produit bio par mois. Un modèle de production écoresponsable qui est même soutenu par le gouvernement.

En avril dernier, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a annoncé le lancement du plan “Ambition Bio 2022”. Le ministre a confirmé l’objectif gouvernemental de “15% de surface agricole utile (SAU) en agriculture biologique ou en cours de conversion d’ici à 2022” et “20% de produits bio en restauration collective publique”. Une ambition accompagnée d’un crédit de 1,1 milliard d’euros pour la période 2018-2022, soit une augmentation de 62% du budget précédent. Le Fond Avenir Bio va également être doublé, passant de 4 à 8 millions d’euros de subvention annuelle. Dans le cadre de la loi Agriculture et Alimentation, les députés ont déjà voté l’obligation de repas à base de 50% de bio dans les cantines scolaires et provenant au minimum de 20% de label biologique. Pour la suite, la stratégie gouvernementale consiste à développer la production, structurer les filières, développer la consommation, renforcer la recherche, former les acteurs agricoles et agroalimentaires, adapter la réglementation et donner de la visibilité aux acteurs économiques et aux consommateurs du bio. Ainsi, de nombreux événements sont à venir. Dans le cadre du “Printemps Bio” par exemple, des animations sont prévues dans toute la France durant la première quinzaine de juin et sont à retrouver ici.

8,3 milliards de produits bio vendus en 2017

En 2017, l’agriculture biologique a créé 134.500 emplois en France, dont 88.400 emplois directs dans les fermes, une hausse de 13,7% par rapport à l’année 2016. Les ventes sont aussi en plein essor. Entre 2010 et 2017, les produits biologiques dans les circuits de distribution ont connu une croissance de 17,6%. En 2017, les grandes et moyennes surfaces alimentaires et leur e-commerce (GMS) ont développé leur gammes bio. Ces produits ont connu une progression de 27% pour les produits d’épicerie, de 22% pour les fruits et légumes frais, de 21% pour les boissons alcoolisées, contribuant à remonter la part de marché globale de 46% pour les GMS. Les ventes du lait bio ont aussi progressé de 13,6% en 2017 par rapport à 2016.

Globalement, entre 2012 et 2017, les ventes de produits bio en France sont passées de 4,1 à 8,3 milliards d’euros. Les produits bio sont majoritairement “made in France” : 69% des produits biologiques consommés en France y sont également produits. Parmi eux, 99% de vins et boissons alcoolisées, 99% d’œufs, 93% de produits laitiers et 94,7% de viandes fraîches et transformées. Les fruits sont quant à eux 39,9%, les produits d’épicerie 39,3% et les produits de la mer 22,9%. En tout, les importations sont passées de 29 à 31% pour les produits internationaux.

40% de surfaces certifiées bio en plus d’ici 2019

60% des surfaces et des fermes biologiques se répartissent entre quatre régions françaises : l’Occitanie (8164 fermes et 422.319 hectares), l’Auvergne Rhône-Alpes (5377 fermes, 23564 hectares), la Nouvelle-Aquitaine (5327 fermes, 227.352 hectares) et le Pays de la Loire (2927 fermes, 171.081 hectares). Au niveau départemental, la Drôme arrive en première position pour le nombre de producteurs avec un score de 1187 en 2017, le Gers est leader pour la surface biologique en conversion avec 74.761 hectares, les Hautes-Alpes détiennent 27,4% de part dans la surface agricole utile totale et Paris est premier quant au nombre d’opérateurs de l’aval qui s’élève à 676. Au sujet de ses perspectives d’avenir, l’agriculture biologique porte des ambitions proches. L’Agence Bio précise qu'”en considérant les surfaces en conversion fin 2017, les surfaces certifiées bio devraient augmenter plus rapidement dans les prochaines années : de l’ordre de plus de 40% d’ici 2019. Toujours selon l’Agence Bio, “cette augmentation des surfaces produites en bio permettra de répondre à la demande croissante des consommateurs en produits bio français”.

Claire Lebrun

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