Le régime végétalien est-il bon pour la santé ?

Publié le 21 avril 2018 à 10:00 Aujourd'hui | 2089 vues

Alors qu’un régime végétarien équilibré est reconnu comme avantageux pour ceux qui le pratiquent aujourd’hui, le régime végétalien est toujours soupçonné d’être risqué pour la santé. Réponse Conso fait le point sur ce choix de vie militant, social et alimentaire à part entière. 

La France est de plus en plus séduite par la cause animale et les régimes alimentaires qui l’épargnent. Il existe trois grands paliers : être végétarien en ne mangeant ni viande ni poisson, puis végétalien en éliminant également le miel, fromage, œuf, lait et finalement devenir végan en soustrayant les vêtements, produits ménagers et cosmétiques d’origine animale. En 2017, 5% des Français affirmaient avoir adopté un régime végétarien selon un rapport d’Harris interactive. 32% ont déclaré consommer moins souvent de viande qu’il y a deux ans. Swantje Tomalak, directrice du salon VeggieWorld France, indiquait à France Culture en 2016 que 80% des visiteurs était des femmes. Le professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence Christophe Traïni a travaillé sur les militants végétariens. Il a pu distinguer dans son article “Entre dégoût et indignation morale” publié dans la Revue française de science politique en 2012 les deux raisons pour lesquelles les interrogés convertissaient leur alimentation. Il s’avérait qu’une partie n’aime simplement pas la viande, quand l’autre souhaite à tout prix protéger les animaux. Dans le cas du régime végétalien, il est essentiellement question de militantisme animal. Mais est-il sans danger pour la santé ?

Les bienfaits d’une alimentation végétalienne

Un régime végétalien est reconnu pour ses apports moins forts en acides gras saturés et en cholestérol, plus élevés en fibres et substances phytochimiques, un IMC plus bas, une meilleure flore intestinale, un taux de cholestérol plus faible et une pression sanguine plus élevée. Pour la diététicienne nutritionniste Monique Lasry, une alimentation végétalienne peut très bien être saine, l’important étant d’équilibrer les quantités et les apports : “il ne faut pas devenir végétalien du jour au lendemain mais progressivement. Si l’alimentation est changée brutalement, mal organisée et inadaptée, des effets néfastes comme les carences ou la dépression peuvent apparaître. Dans le cas d’un régime équilibré, je n’ai pas constaté chez mes patients de soucis de santé”. Elle précise par ailleurs qu’elle préfère essayer ce qu’elle recommande : “je suis végétarienne (tendance flexitarienne), sans me priver dans des événements sociaux s’il y a du poisson, même si j’en consomme très peu. J’ai plus observé des bienfaits pour ma santé plutôt que le contraire. Mais je ne fais pas de ce type d’alimentation un dogme. Il faut rester libre”.

Davantage, en octobre 2015, un rapport de l’OMS a admis que la consommation de viande rouge et de viande transformée augmentait le risque de diabète et de cancer. “Selon les estimations les plus récentes du Global Burden of Disease (GBD) Project (fardeau mondial de la maladie), organisme de recherche universitaire indépendant, 34 000 décès par cancer par an environ dans le monde sont imputables à une alimentation riche en viandes transformées”. 50% des antibiotiques destinés aux animaux produisent des bactéries multirésistantes qui affluent ensuite dans le sang humain. En 2013, 1500 décès en Europe étaient liés à la consommation de volailles infectées par des bactéries résistantes.

Un régime alimentaire éthique et social

Le régime alimentaire végétalien est aussi un mode de vie qu’on choisit par conviction. La socialisation qui en découle peut aider à perpétuer ce comportement, notamment dans le milieu du militantisme. Mais est-ce sain ? Eric Lombardot, maître de conférences à la Sorbonne Paris 1 et spécialisé dans le comportement du consommateur a mené une étude sur la consommation responsable (CR) notamment dans son article “Proposition d’un modèle explicatif de l’écart entre intention et comportement responsable en contexte d’achat alimentaire” co-réalisée avec Ophélie Mugel. Selon le chercheur, la consommation n’est pas un acte isolé : “le regard des autres influence ce que nous consommons. On recherche une validation des autres dans nos modes de consommation. Par exemple, si un végétalien ne reçoit que des critiques de son entourage, il ira chercher du soutien en exposant ses choix sur les réseaux sociaux”.

Notre alimentation “a une valeur d’usage, sur ce qu’elle nous apporte, à savoir l’hydratation et de l’énergie, et un aspect symbolique, de ce que nous sommes”. Pour lui le végétarisme par exemple est une consommation responsable. Toutefois, elle est révélatrice de dissonance cognitive chez certains interviewés de son enquête. “Les habitudes alimentaires sont formées dès l’enfance, et il est difficile d’en changer. Les personnes qui aiment les animaux, qui refusent le système d’exploitation actuel mais qui n’arrivent pas à se séparer de leurs habitudes préfèrent fuir les sources d’information sur la détresse animale qu’ils finissent même par décrédibiliser”. Ses recherches l’ont par ailleurs mené à diminuer sa consommation de viande.

Valéry Giroux, coordinatrice du Centre de Recherche en Éthique (CRÉ), professeure associée en droit de l’Université de Montréal, est “de celle qui pense que l’être humain est omnivore mais que cela n’a aucune pertinence morale quant aux choix alimentaires qu’il doit faire aujourd’hui”. “D’un point de vue philosophique, la question se pose. Peut-on instrumentaliser les animaux ? Dans notre société, notre survie ne nous force pas à en consommer”. Egalement auteure du livre “Contre l’exploitation animale” et “Le Véganisme”, la professeure suit une alimentation végétale depuis plus de quinze ans. Elle affirme ne pas avoir connu de souci de santé, sa plus grande difficulté ayant été “de prendre la décision”, craignant des remarques, “d’être au centre de l’attention” et de devoir débattre dans un repas entre amis. “Au Canada, ça fait longtemps que les choses ont changé. Ceux qui mangent de la viande vont aussi dans les restaurants végétariens, c’est très bien accepté par la population. Mais en France le discours se transforme tout juste, notamment grâce aux images des abattoirs de l’association L214, qui éveillent les consciences”.

Les risques d’une alimentation végétalienne

Globalement, une alimentation végétalienne mal organisée conduit à des carences en protéines et en minéraux. Pour la nutritionniste Florence Foucault “le régime végétalien n’est pas recommandé, il implique plus de carences que de bienfaits, et c’est ce que tous les professionnels de la nutrition vous diront”. Monique Lasry le précise également, “certains de mes patients me disent que des nutritionnistes ont refusé de les accompagner dans leur transition vers un régime végétal”. Au contraire du régime végétarien avec lequel Florence Foucault ne voit pas de problème, l’alimentation végétalienne implique une carence en calcium selon la professionnelle. Si le calcium se trouve par exemple dans les crucifères, la nutritionniste précise qu’ils sont “moins bien absorbés” et que les produits laitiers restent la meilleure façon d’en consommer. “Les cas végétaliens que j’ai eu sont souvent des adolescents accompagnés de leurs parents, auxquels je déconseille de continuer. Un régime d’exclusion est porteur de troubles du comportement alimentaire pour la suite”. De plus, si les végétaliens s’approvisionnent en fer dit “non héminique” dans les légumineuses, les noix, les grains, fruits secs, céréales et légumes à feuilles vertes, la nutritionniste rappelle que le fer héminique que l’on trouve dans la viande et le poisson s’absorbe mieux (de 15 à 35% contre 2 à 20%). Toutefois, une alimentation surveillée peut aider à pallier ce risque. Par exemple il faut veiller à éviter le thé, le café et les céréales qui réduisent l’absorption du fer non-héminique et consommer plutôt de la vitamine C qui aide à l’absorption.

Le risque le plus important et le plus connu d’une alimentation végétalienne est celui d’une carence en vitamine B12. Aussi appelée cobalamine, elle se trouve principalement dans la viande, les œufs, le lait, les poissons ou les crustacés. Les conséquences d’une alimentation sans B12 peuvent se ressentir très rapidement ou plus généralement au bout de cinq années. Elles peuvent être graves comme avec une anémie et la dégradation du système nerveux. Cette carence augmente aussi le risque de maladies cardiaques et de complications lors de la grossesse.

Méconnus, certains végétaux contiennent de la B12 mais en quantité insuffisante, comme l’algue Nori, les tablettes de Chorelle, et un dérivé du soja nommé tempeh. On peut aussi en trouver dans les brocolis, asperges, germes de haricots et feuilles de thé. Toutefois la tenue en B12 de ces aliments n’est pas suffisante, à l’instar de la spiruline et de cyanobactéries comestibles, qui ne contiennent que des “pseudo vitamines” B12, inactives chez l’homme. Pour ne pas tomber en carence, on peut trouver des vitamines B12 en pharmacie. Il faut en consommer au minimum 2000 microgrammes hebdomadaires, ce qui fonctionne aussi avec un supplément de 10 microgrammes par jour, ou manger à deux à trois fois par jour des produits enrichis mais pour un apport de 3 microgrammes seulement.

Les problèmes digestifs

La Youtubeuse Morgane Enselme avait réalisé une vidéo qui a beaucoup fait parler d’elle en novembre 2016, jusqu’à atteindre le million de vues : “Pourquoi j’arrête d’être vegan après 2 ans de véganisme”. La jeune vidéaste y décrit son calvaire : un an de problèmes digestifs et de maux de ventre insupportables sur lesquels aucun traitement “detox” ne fonctionnait. Des souffrances qui ont cessé lorsqu’elle a recommencé à s’alimenter en produits animaux. Florence Foucault explique que les problèmes digestifs et intestinaux viennent de la surconsommation de légumes et de céréales, riches en fibres insolubles et donc irritantes pour le tube digestif : “Normalement il faut consommer 35 grammes de fibres par jour au maximum, en équilibrant à la fois les fibres solubles et les fibres insolubles pour la régulation du transit intestinal. Lorsqu’il y a trop de fibres solubles, on est constipé, et quand on mange trop de fibres insolubles, c’est la diarrhée”.

De nombreuses vidéos américaines traitent par ailleurs de problèmes digestifs causés par un régime alimentaire végétalien : par exemple “Bloating + Poor Digestion on a Vegan Diet” (“Ballonnements et mauvaise digestion avec un régime végétalien”), publiée par “NikkiVegan” ou encore “Constipation on vegan diet? Digestion Tips” (“Constipation avec un régime végétalien ? Des conseils pour la digestion”) par Maddie Lymburner. Les vidéastes proposent des solutions comme manger moins d’aliments crus et moins de fruits qui sont riches en fibres, apprendre à trouver les aliments bénéfiques pour son propre corps, boire plus d’eau avant chaque repas et diversifier les types de légumineuses.

Claire Lebrun

  1. “le régime végétalien n’est pas recommandé, il implique plus de carences que de bienfaits, et c’est ce que tous les professionnels de la nutrition vous diront”

    Euh… non ! Les professionnels de la nutrition disent le contraire:
    « L’Académie de Nutrition et de Diététique fait valoir que les alimentations végétariennes correctement menées, dont le végétalisme, sont saines, adéquates sur le plan nutritionnel, et peuvent présenter des avantages dans la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien menées sont adaptées à tous les stades de la vie, notamment aux femmes enceintes, aux femmes qui allaitent, aux nourrissons, aux enfants, aux adolescents ainsi qu’aux sportifs. »

    « Une alimentation végétalienne bien menée peut répondre à tous ces besoins. Elle est sûre et saine pour les femmes enceintes et qui allaitent, les nourrissons, les enfants, les adolescents et les personnes âgées. »

    Diététiciens du Canada

    « Avec une bonne préparation et une bonne compréhension de ce qui compose une alimentation végétalienne saine et équilibrée, vous pouvez trouver tous les nutriments dont votre corps a besoin. »

    Service national de santé britannique

    « Une alimentation végétarienne ou végétalienne bien menée et équilibrée peut être adaptée sur le plan nutritionnel. Des études menées auprès d’enfants végétariens et végétaliens au Royaume-Uni ont montré que leur croissance et leur développement suivaient des courbes normales. »

    Fondation britannique pour la nutrition

    D’autres existent, sources faciles à retrouver en tapant POSITIONS MÉDICALES ET SCIENTIFIQUES vegan sur un moteur de recherche avec les sources vers les études.
    Et pour l’histoire de Morgane Enselme, faire d’un cas une généralité ce n’est pas très pro! ça pouvait venir de bien d’autres choses que son régime alimentaire. On se demande comment font les millions de végétaliens dont certains depuis la naissance si c’était le cas.

  2. votre image d un brin de muguet en bouche et dangereuse le muguet est un poison

  3. qui l’épargne > qui l’épargnent – vers un régime végétale >végétal – 2000 microgrammes hebdomadaire > hebdomadaires – produits animales > produits (des) animaux > les types de légumineuse > légumineuses

    Quant à “la jeune vidéaste”, avant de passer au véganisme qui lui a provoqué des ballonnements, elle aurait d’abord dû essayer de manger sans gluten, car c’est le gluten qui provoque des ballonnements et maux de ventre. C’était mon cas. A présent je suis végane, je continue à manger sans gluten et je me porte à merveille. (en prenant la B12 évidemment).

  4. Du n’importe quoi de texte. Nutritionniste mal renseignée. Une honte.

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