Loom, des vêtements conçus pour durer

Publié le 26 février 2018 à 15:12 Demain | 1456 vues

Lancée en 2016 par Julia Faure et Guillaume Declair, Loom est une marque française de vêtements pour hommes qui propose des pièces “conçues pour durer”. Le but : lutter contre la fast-fashion.

À première vue, le monde de la mode se porte bien, puisqu’on achète deux fois plus de vêtements qu’il y a vingt ans. Cependant, il s’agit d’un secteur en crise. En cause : la fast-fashion. Ce système, très répandu depuis une vingtaine d’années, consiste à renouveler le plus rapidement possible des collections d’articles. D’ailleurs, pour inciter les clients à acheter davantage de vêtements, les prix sont souvent cassés. En moyenne, un vêtement sur deux est vendu en promotion, que ce soit par le biais des soldes ou des ventes privées. Raison pour laquelle, la santé de ce secteur est fragile. “Avec l’avènement de la “fast fashion” ou “mode jetable”, nous achetons et jetons les vêtements plus vite que la planète ne peut le supporter”, alertait l’ONG Greenpeace en janvier 2017 à l’occasion de l’ouverture des soldes d’hiver. Cette pratique a de graves répercussions environnementales : “utilisation d’importantes quantités d’eau potable et d’énergie, consommation de pesticides pour la culture du coton, pollution des rivières et des terres agricoles, émissions de gaz à effet de serre et contamination des endroits les plus reculés de la planète”, indiquait Greenpeace en 2011 dans le cadre de sa campagne “Detox”. Pour la planète, on connaît mieux. Pire encore, qui dit prix à la baisse, dit conditions de travail et salaire des ouvriers à la baisse. L’effondrement de l’usine Rana Plaza au Bangladesh en 2013 en est le parfait exemple. Et qu’on se le dise, la qualité de ces vêtements venus de l’autre bout du monde est loin d’être au rendez-vous. Les grandes marques préfèrent ainsi mettre de l’argent pour vendre leurs vêtements à travers des spots publicitaires que pour fabriquer des vêtements de qualité. Il est donc plus qu’urgent d’acheter moins mais mieux. Un concept connu sous le nom de “slow fashion”.

Face à cela, de plus en plus de marques voient le jour et décident de s’engager pour une mode plus responsable afin de proposer des vêtements de qualité, qui durent longtemps et à des prix raisonnables. C’est notamment le cas d’Everlane et Reformation. Ces deux marques ont décidé de privilégier la qualité et d’être plus transparent avec leurs clients. D’ailleurs, contrairement à de nombreuses marques de prêt-à-porter, Reformation possède ses usines de textile. Elle propose ainsi de meilleures conditions de travail et un salaire correct à ses employés. Quant à Everlane, elle communique énormément sur les choix qu’elle fait, que ce soit sur le prix de ses articles, les matières utilisées et même la couleur. La marque française Loom a elle aussi voulu suivre ce chemin. Alors qu’ils n’avaient presque aucune connaissance en la matière, Julia Faure et Guillaume Declair ont décidé de se lancer dans le monde de la mode en proposant des vêtements de qualité et qui peuvent rester intacts pendant plusieurs années. Tous deux en avaient marre d’acheter des pulls en laine qui boulochent sans arrêt ainsi que des chemises qui se déchirent en même pas trois mois. C’est ainsi que la marque Loom est née. Leur concept : allez à l’encontre de la fast-fashion. Comment ? En confectionnant des vêtements de qualité qui s’abîment moins, ce qui permet ainsi d’en acheter moins souvent.

Des vêtements de qualité à prix abordable

Alors que dans l’industrie de la mode on pense d’abord à la couleur ou à la coupe d’un vêtement, Loom a décidé d’inverser cette méthode en commençant par s’intéresser à la composition du vêtement. Autrement dit, aux tissus, aux longueurs de fibres, au nombre de points par centimètre ou encore à la solidité des teintures. Suite à quoi, des tests en laboratoire sont effectués afin de garantir la qualité des fibres et des tissus utilisés. “Boulochage, rétrécissement au lavage, solidité des teintures, résistance des coutures… on regarde tout”, explique Loom sur son site Internet, précisant que “tant que nos produits n’obtiennent pas les meilleures notes aux tests, on ne les commercialise pas”.

Toujours dans l’optique de lutter contre la fast-fashion, Loom a décidé de ne vendre qu’une seule collection de vêtements, contrairement à certaines enseignes de prêt-à-porter qui peuvent en commercialiser quatre ou cinq dans l’année. Cela permet de proposer des pièces de qualité à des prix raisonnables, mais aussi d’améliorer la qualité de la gamme déjà en vente. Pour cela, ils demandent régulièrement à leurs clients qui ont déjà passé commande ce qu’ils en pensent et ce qu’il faudrait améliorer avant de reproduire leurs vêtements. Cette recherche perpétuelle de la qualité vise à inciter les clients à revenir chez eux. “Lorsqu’un client nous achète un pull et qu’il voit que c’est de la bonne qualité, il aura plus facilement envie de revenir chez nous pour refaire sa garde-robe et acheter nos chemises, nos pantalons etc.”, nous indique Julia, précisant que Loom représente un peu le monde du textile d’il y a 40 ou 50 ans. “À cette époque, on achetait moins de vêtements et d’excellente qualité, pourtant la filière du textile et de la mode s’en portait bien.”

Par souci de transparence, tous les vêtements de la marque sont confectionnés dans quatre pays européens. Parmi lesquels la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Le fait d’avoir choisi ces pays n’est pas anodin. “Cela nous permet de nous rendre sur place si besoin, d’aller dans les usines”, indiquent Guillaume et Julia. Loom fait d’ailleurs une petite présentation des sept ateliers qui confectionnent les vêtements de la marque sur son site. Le fait d’avoir choisi ces ateliers est également un engagement fort. Loom souhaitait avoir recours à des usines qui offrent de bonnes conditions de travail à leurs employés et bénéficier d’un certain savoir-faire.

Un sweat amélioré

Loom propose une quinzaine de pièces. On retrouve des tee-shirts, des chemises, des pulls, des pantalons ou encore des accessoires comme des bonnets, des cravates ou des ceintures. Pour l’heure, la marque vend des vêtements exclusivement pour hommes. “Les basiques masculins sont plus faciles à élaborer que les basiques féminins. Globalement, ça se résume à une chemise, un tee-shirt et un pantalon”, indique Guillaume. Malgré tout, certaines de leurs pièces peuvent être portées par des femmes également, à l’instar du sweat ou du pull. Cependant, Loom a vocation à étendre sa marque afin d’attirer de nouveaux clients.

La pièce fétiche de Loom ? Un sweat à capuche zippé, ou “hoodie”. Avant de lancer cette pièce, Julia et Guillaume ont demandé l’avis aux acheteurs. Sur le modèle d’une étude de marché, ils les ont questionné sur ce qu’ils n’aimaient pas sur leur sweat actuel, ce qui devrait être modifié voire totalement retiré. Le but était de créer un sweat en fonction de la demande. “On s’attendait à recevoir une centaine de réponses, mais non, on en a reçu 5 000”, explique Julia. Après six mois de travail, le “sweat idéal” est né. Ce dernier “n’a pas les problèmes des autres sweats”. Par exemple, grâce à “un minuscule point sur le sommet de la capuche”, le cordon est bien fixé et ne risque pas de s’en aller et les coutures sont renforcées pour qu’elles ne se déchirent pas. Exit les poches effet “kangourou”, le hoodie de Loom a des poches profondes, plaquées, discrètes et fonctionnelles. Au total, dix points ont été améliorés par rapport à un sweat vendu dans le commerce.

Si vous souhaitez acheter ce hoodie vous pouvez vous rendre sur le site de Loom. Bonne nouvelle : il est possible de le précommander jusqu’au 4 mars prochain pour seulement 75 euros. Après, il sera disponible sur le e-shop à un prix fixe de 90 euros.

Marie Bascoulergue

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