Le marché de la tomate contrôlé par la mafia italienne

Publié le 18 mai 2017 à 9:42 Aujourd'hui | 498 vues

Le journaliste Jean-Baptiste Malet a enquêté pendant deux ans sur les liens qui unissent la mafia et les tomates. Le livre “L’Empire de l’or rouge : enquête mondiale sur la tomate d’industrie”( Fayard) montre comment la mafia italienne a investi ce business juteux. 

Loin des trafics de drogue en tous genres, la mafia italienne a trouvé un filon qui rapporte gros. Dans son livre “L’Empire de l’or rouge : enquête mondiale sur la tomate d’industrie”, Jean-Baptiste Malet révèle les zones d’ombre du marché de la tomate totalement corrompu et met en lumière “l’extrême violence” qui se cache derrière ce produit pourtant banal. Exploitation de migrants, faux étiquetage, produits importés de Chine… Tout est bon pour se faire de l’argent.

L’histoire commence en Provence, après que le journaliste ait remarqué que des barils de concentré de tomate venaient de Chine.  “Ça m’a interloqué. Pourquoi les faire venir de si loin ?”, explique-t-il à L’Obs. Les fruits proviennent du Xinjiang, une région de l’extrême-ouest Chinois. Ce sont des généraux de l’armée populaire qui tiennent les grands conglomérats de la région. Dans les champs, il n’est pas rare de trouver des enfants, vivant dans des conditions déplorables :

“Une femme porte un nourrisson dans son dos. Elle s’éreinte dans l’extrême chaleur humide. Des enfants en bas âge, trop jeunes pour travailler, jouent sur la parcelle avec des bouts de bois ou des cailloux. Ils tapotent le sol avec un hachoir oublié pour imiter leurs parents ou portent à leur bouche des tomates non rincées, pleines de traces blanches : des résidus de pesticides. Le soleil est si brûlant que certains d’entre eux déambulent sans tricot. Beaucoup se grattent. Leurs visages et leurs mains présentent des traces d’irritation ou de maladies de peau”, peut-on lire dans l’extrait du livre.

Une arnaque Made in Italy

Les fruits récoltés sont expédiés à l’étranger pour la fabrication de sauces et autres concentrés. L’Italie, où la mafia détiendrait ce secteur, importe ainsi un grand nombre de tomates d’industrie depuis la Chine, mais aussi depuis les États-Unis ou encore l’Espagne. Et les produits préparés sont présentés dans les supermarchés comme… “Made in Italy” ! Une belle arnaque. Les tomates cultivées en Italie n’échappent pas, elles aussi, à la mafia, notamment dans les Pouilles où la majorité des travailleurs migrants en provenance d’Afrique, Bulgarie ou bien de Roumanie sont exploités.

Pour Jean-Baptiste Malet, ce sont les mafias Camorra, Cosa Nostra et Sacra Corona Unita qui sont derrière ce trafic “d’or rouge”. L’objectif est simple : blanchir leur argent sale sans prendre de risque. À savoir que les peines encourues pour faux étiquetages de conserves ne sont pas vraiment dissuasives. “Leur chiffre d’affaires dans ce secteur est estimé à 15,4 milliards d’euros en 2014. Il n’a jamais été aussi facile pour les entreprises criminelles de faire fructifier des capitaux sales”, explique le journaliste à BFM TV. La criminalité dans l’agroalimentaire a pris une telle ampleur en Italie que les autorités la désignent sous le terme “d’agromafia”. Les secteurs de la charcuterie et de l’huile d’olive seraient également concernés par cette mainmise des mafias.

Pour en savoir plus, le livre de Jean-Baptiste Malet, publié aux éditions Fayard, est disponible au prix de 19 euros.

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Alice Glaz

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