Markotte : le restaurant bio et anti-gaspi

Publié le 9 mai 2018 à 10:15 Pop culture | 2265 vues

Markotte est la nouvelle adresse gourmande des Puces de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Au menu : des bons petits plats bio, locaux, faits maison et pensés dans une démarche anti-gaspi.

21 rue du plaisir. Une adresse révélatrice. C’est ici que se situe le nouveau restaurant des Puces de Saint-Ouen, Markotte. Ouvert en début d’année, cet établissement à la façade blanche et bleue propose aux visiteurs et commerçants du quartier des bons petits plats faits maison. Courge musquée rôtie au saté, citron et cacahuètes grillées, jambon blanc grillé, grenobloise, croûtons et purée à la moutarde, mousse au chocolat, carrot cake… La carte est alléchante et pourrait ressembler à celles que l’on retrouve également dans d’autres restaurants « trendy ». Mais ce qui distingue Markotte des autres lieux de restauration, c’est que tous les plats ont été pensés dans une démarche anti-gaspi, zéro déchet. L’ADN de Markotte.

Chaque jour, Chloé Charles, jeune étoile montante de la cuisine française spécialisée dans l’anti-gaspillage, imagine des menus où tous les aliments sont utilisés dans leur totalité. « Chez nous, une carotte fait trois plats », nous explique Charlotte Bernigaud, la fondatrice. « On va par exemple la retrouver dans le canard. Les épluchures dans une soupe et les fanes dans un pesto qui va assaisonner les légumes ». Rien ne se jette, tout se cuisine et se transforme ! Les produits qui ont perdu un peu de fraîcheur sont transformés afin qu’ils ne soient pas jetés à la poubelle. Ainsi, quand les carrot cakes deviennent trop secs, Markotte en fait un délicieux pudding. Même chose pour le pain rassis transformé en croûtons ou soupe. Les buns proposés sur la carte sont eux faits avec des légumes qui n’avaient pas trouvé preneurs, encore en stock. Chez Markotte, tout est pensé pour éviter le gaspillage alimentaire, et cela passe même par la distribution du pain. Celui-ci est donné sur demande en petite quantité. « Le pain est l’un des aliments les plus gâchés dans la restauration », précise Charlotte Bernigaud. Quant aux invendus, ceux-ci sont proposés à prix réduit. « À la fin du service, s’il nous reste des mousses au chocolat, nous allons faire une promotion sur ces produits. Elles seront par exemple vendues à 50 centimes ». Bien entendu, les clients peu gourmands peuvent aussi emporter leurs restes dans un doggy bag. Chez Markotte, tout a une utilité, même le marc de café. Lors de l’ouverture de la terrasse et pour fêter l’arrivée des beaux jours, certains clients ont pu repartir avec un pot de marc de café afin qu’ils fassent chez eux leur propre gommage.

Rendre le bio accessible à tous

Mais ce qui fait le principal atout de Markotte, c’est son offre bio. Pratiquement tous les produits sont issus de l’agriculture biologique. « Qui dit bio, dit forcément prix élevés », diriez-vous. Eh bien, non, ici les menus vont de 9 à 15,50 euros. C’est d’ailleurs grâce à son système anti-gaspi que l’équipe de Markotte peut se permettre de proposer des tarifs aussi bas. Rendre le bio accessible à tous, telle est l’ambition de Charlotte Bernigaud qui met également un point d’honneur à proposer des aliments produits en France. « Vous ne trouverez jamais chez nous une courgette bio d’Espagne. Si l’on ne trouve pas un produit bio et cultivé en France, on va alors favoriser la permaculture, l’agriculture raisonnée et les produits locaux en direct du producteur », précise Charlotte. Côté boissons, Markotte propose des bières locales, issues de brasseurs franciliens. Et pour ceux qui voudraient se désaltérer chez eux, il est même possible d’emporter de la bière pression à domicile. Le restaurant offre la possibilité d’acheter une bouteille d’1L. Les produits sont aussi de saison. « Une fraise bio au mois de décembre, ça n’a pas de sens. Vous ne la trouverez pas chez Markotte ». Proposer une cuisine de qualité, créative, engagée et accessible à tous, tel est le pari réussi de Charlotte.

Chez Markotte, la démarche éco-responsable est poussée dans les moindres détails. Ici, les pailles en plastique ont été remplacées par des pailles en maïs, les serviettes sont en papier recyclé et même les sachets de sucre qui accompagnent le café sont compostables. Les produits d’entretien sont écologiques et respectueux de la santé des consommateurs. Les clients peuvent aussi apporter leur propre contenant. Concernant la décoration intérieure, celle-ci a été réalisée avec des palettes récupérées et des matériaux « aciers » chinés.

Charlotte Bernigaud a des idées plein la tête. Parmi ses nombreux projets : proposer des ateliers culinaires pour les enfants, basés sur l’anti-gaspillage. Ils pourront par exemple apprendre qu’avec une carotte, on peut créer trois plats différents. Pour la fondatrice de Markotte, les bonnes habitudes s’apprennent dès le plus jeune âge. Dans son restaurant, le menu enfant ne propose d’ailleurs pas de frites ni de pâtes. « On n’a rien contre les frites, mais on veut leur montrer que l’on peut aussi se faire plaisir avec des légumes bien cuisinés ».

Markotte est une belle adresse à découvrir. L’établissement est ouvert du lundi au dimanche, sauf le mardi. On peut y venir pour le petit déjeuner, le déjeuner ou le goûter. Cet été, Markotte ouvrira un corner éphémère à La Défense. En attendant, rendez-vous au 21 rue du plaisir, à Saint-Ouen. Retrouvez également toutes les actualités de Markotte sur sa page Facebook. À noter que l’établissement propose des ateliers DIY. Bientôt, il sera possible de venir faire des bijoux en cuir de récup’.

Marine VAUTRIN

Surprise

Gaspillage alimentaire : une pétition pour changer les dates de péremption

> Toutes les vidéos

Rappel de produit

> Tous les rappels de produit

Sur le même thème