Nanoparticules : l’UFC-Que Choisir porte plainte contre neuf fabricants

Publié le 24 janvier 2018 à 12:02 Aujourd'hui | 524 vues

L’UFC-Que Choisir a annoncé mardi 23 janvier 2018 avoir porté plainte contre neuf entreprises agroalimentaires et cosmétiques. En cause : la présence de nanoparticules dissimulée aux consommateurs malgré une obligation légale. 

Les nanoparticules sont partout. Ces petits matériaux avec un diamètre inférieur à 100 nanomètres sont par exemple utilisés pour rendre la crème solaire transparente, donner un aspect lisse et brillant aux bonbons ou encore éviter les paquets dans la poudre (sucre, farine, etc). À première vue, cela pourrait être une bonne chose, mais ces nanoparticules sont dangereuses pour la santé. Leur petite taille “favorise la pénétration dans l’organisme, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée”, explique Que Choisir dans une vidéo (ci-dessus), précisant que “les nanoparticules pourraient aussi franchir plus facilement nos barrières biologiques” et à terme causer des problèmes inflammatoires pulmonaires, affaiblir le système immunitaire ou encore favoriser l’apparition de cancers. C’est pourquoi, l’association de consommateurs a décidé de monter au créneau.

Mardi 23 janvier, l’UFC-Que Choisir a annoncé porter plainte contre neuf entreprises agroalimentaires et cosmétiques. Parmi elles, le Groupe Casino, JDE, Mars Chocolat France, Mc Cormick, Colgate-Palmolive, Lavera Gmbh & Co. KG, Avene, Coty et GlaxoSmithKline. Ces dernières ne respecteraient pas la réglementation en vigueur qui impose aux fabricants d’indiquer la présence de nanoparticules sur l’étiquetage d’un produit. En effet, depuis juillet 2013, les fabricants de la filière cosmétiques sont obligés d’indiquer la mention “nano” sur l’emballage dans la liste des ingrédients. Une mesure similaire est en vigueur depuis décembre 2014 dans l’alimentaire. Face à de tels résultats, Que Choisir exhorte la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de “publier la liste des produits alimentaires et cosmétiques silencieux sur la présence de nanoparticules, de poursuivre effectivement les fabricants en infraction avec la réglementation et de maintenir durablement les investigations sur le sujet”.

Seuls trois produits indiquent la présence de nanoparticules

Que Choisir a passé au crible 16 produits alimentaires et cosmétiques de la consommation courante. Le but était de rechercher la présence ou non de nanoparticules de dioxyde de titane, de silicium, oxyde de fer et de zinc et noir de carbone, mais aussi de vérifier si leur présence était indiquée sur l’emballage. Résultat : “100 % des produits analysés contiennent des nanoparticules”, explique Que Choisir, précisant que “dans la très grande majorité des cas, cette présence est passée sous silence”. Au total, seules trois entreprises respectent l’obligation légale.

Pour l’alimentaire, les produits concernés sont : les M&M’s Peanuts, le café Maxwell House Cappuccino (préparation instantanée), les épices Ducros Mélange malin italien et la soupe poule au pot déshydratée Casino. Concernant les cosmétiques, la crème solaire 100% minérale SPF 30 Lavera, le cold cream stick lèvres nourrissant Avène, le dentifrice triple protection + blancheur Aquafresh, le gloss effet 3D-33 brun poetic Bourjois et le déodorant Sanex nature protect 48h sont pointés du doigt. L’ensemble de ces produits contient entre 31% et 100% de nanoparticules, dont du dioxyde de titane (E171), du dioxyde de silicium (E551), du dioxyde de titane (titanium dioxide), du dioxyde de titane (titanium dioxide CI 77891), de l’oxyde de fer (iron oxides CI 77491) et de l’oxyde d’aluminium (potassium alum). “À 10 % de nanos dans un additif, on peut toujours laisser à l’industriel le bénéfice du doute. Mais à 30 %, 40 %, voire 100 % comme c’est le cas pour six des produits concernés, il peut difficilement prétendre qu’il ne savait pas et que son fournisseur d’ingrédients l’a trompé”, s’insurge Que Choisir dans son enquête.

Déjà plusieurs alertes

Ce manquement à la réglementation n’est pas nouveau. Selon un communiqué du ministère de l’Économie relatant les premiers résultats d’une enquête de la Répression des fraudes, “les analyses menées par la DGCCRF montrent que cette obligation est insuffisamment respectée : 87 % des 40 produits cosmétiques analysés et 39 % des 74 produits alimentaires (confiseries, décorations pour pâtisseries, épices…) analysés contiennent des nanoparticules un seul produit mentionnait sur son étiquetage la présence de tous les nanomatériaux identifiés”.

Cette présence massive des nanoparticules est pointée du doigt depuis plusieurs années. En octobre 2016, l’association Agir pour l’environnement avait révélé que plus d’une centaine de bonbons en contenaient. En août dernier, c’est l’association 60 millions de consommateurs qui alertait l’opinion publique à travers une étude. Dans celle-ci, elle révélait que 100% des bonbons et gâteaux testés contenaient des nanoparticules. Face à cette présence abondante, huit associations ont demandé au gouvernement, en juillet dernier, de faire interdire les nanoparticules de dioxyde de titane, substance classée comme cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Marie Bascoulergue

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