Obsolescence programmée : les collants aussi concernés ?

Publié le 16 mai 2018 à 16:52 Aujourd'hui | 327 vues

L’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) a publié un rapport d’enquête mardi 15 mai 2018 soupçonnant les fabricants de collants d’utiliser l’obsolescence programmée. En réaction, elle appelle à signer une pétition qui promeut les collants durables.

130 millions de paires de collant sont vendues chaque année en France. Un marché lucratif qui n’est pourtant pas durable. C’est après seulement deux utilisations que des collants qui auront coûté plus de 5 euros se retrouvent parfois troués et inutilisables. Ainsi, l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) a décidé “d’enquêter sur cet incontournable accessoire car il pose, de par son extrême obsolescence, un problème à la fois écologique, social et économique”. Le rapport que l’association publie mardi 15 mai est le fruit de “plusieurs mois de recherche, d’une dizaine d’entretiens et communications avec des experts textile, des vendeurs, des juristes, des fabricants et chimistes, avec l’appui de plus de 3000 retours de consommateurs”. Une enquête révélatrice d’une obsolescence accélérée de nos collants selon l’association contre laquelle elle appelle à signer une pétition. Les principales demandes de HOP pour “améliorer la durabilité des collants” sont que les marques et distributeurs mettent à la disposition des consommateurs “un modèle en exposition pour chaque type de collant” permettant de toucher le tissu, juger sur place de sa robustesse et de sa finition, mais aussi de “réelles garanties de durabilité des collants” et un effort pour les recycler.

Dans 72% des cas, le collant ne dépasse pas 6 utilisations

Le gaspillage des collants est bien réel. En effet, “dans plus de 70% des cas, les collants ne durent pas plus de 6 utilisations, voire seulement 3 utilisations pour plus de 40% des répondant(e)s”. Au total, les clients dépensent plus de 100 euros par an pour renouveler des collants qui ne sont pas faits pour perdurer. Une réalité programmée selon l’étude d’HOP. Des “intrants chimiques” peuvent déterminer lors de la confection du collant le niveau de résistance et la tenue de coloration qu’aura celui-ci. Les fabricants peuvent ainsi “jouer sur les additifs chimiques pour rendre un collant plus ou moins robuste, et ainsi programmer sa fin de vie”. “C’est ce qu’affirment certains experts tels que Michael Braungart, chimiste allemand, qui évoque dans le documentaire “Prêt-à-jeter” (Arte) que la quantité d’agent de protection aurait été diminuée, rendant les fils de nylons plus sensibles aux rayons ultraviolets et à l’oxygène de l’air”. Malheureusement ce constat ne peut pas faire l’objet d’une procédure judiciaire, “nous ne connaissons pas les quantités et les compositions exactes des intrants chimiques utilisées par les fabricants, informations hautement confidentielles et protégées par le secret industriel”, indique HOP. L’association a toutefois procédé à un classement des marques : selon elle, les bons élèves de la durabilité sont les marques Wolford, Bleuforêt, Swedish Stockings et Berthe. S’en suivent les moins bons : le Bourget, Dim, Gerbe et Calzedonia. Et enfin ceux qu’il faut oublier : H&M, Well, Golden Lady, Monoprix, Auchan…

Recycler son collant

104 millions de collants sont jetés annuellement. “L’industrie du collant utilise une série de procédés et de produits chimiques synthétiques issus pour la plupart de l’industrie pétrochimique qui en font un produit à fort impact environnemental”. Dans une optique d'”upcycling”, on peut toutefois réparer ou réutiliser son collant à d’autres fins. Par exemple, on peut créer sa propre éponge zéro déchet “tawashi” à partir de restes de collants ou les transformer en accessoire à cheveux (élastique, bandeau), de jardinage (attache, élastique à légumes), en chiffons, en rembourrage pour les coussins ou en moule pour fabriquer du savon. Il existe également des points de collecte pour jeter son collant qui sera alors incinéré, ce qui vaut déjà mieux que de le laisser dépérir éternellement dans une déchetterie.

Claire Lebrun

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