Pailles en plastique : pourquoi et par quoi les remplacer ?

Publié le 16 avril 2018 à 17:41 Aujourd'hui | 7302 vues

De petite taille et à usage unique, les pailles en plastique font partie des huit millions de tonnes de plastique déversées chaque année dans les océans. Si vous ne pouvez pas vous en passer, sachez qu’il existe des alternatives bien plus écologiques.

Glissées dans un soda, un cocktail ou un smoothie, les pailles en plastique font partie de notre quotidien. En France, près de 9 millions de ces petits tubes sont utilisés chaque jour et ce, uniquement dans la restauration rapide. Aux États-Unis, les Américains en consomment 500 millions ! Les pailles sont certes pratiques mais il faut savoir qu’elles sont nocives pour l’environnement. « La paille en plastique est si petite qu’elle ne peut être recyclée. Elle échappe au système de recyclage, aux machines. Elle finit alors par être incinérée, ce qui génère des gaz à effet de serre. Au pire, elle s’envole et finit dans le caniveau, polluant les rivières et les océans », nous expliquait Yasmine El Kotni, une des quatre fondatrices de l’association Bas Les Pailles, qui milite pour faire interdire ces tubes en France. En plus de polluer les eaux, ces objets représentent aussi un danger pour les êtres marins qui les confondent avec de la nourriture. En 2015, une vidéo montrant une tortue marine avec une paille coincée dans le nez avait marqué les esprits.

Conscientes de cette problématique, de nombreuses villes ont décidé d’interdire les pailles en plastique, comme Seattle où la mesure sera actée dès juillet 2018 dans tous les restaurants, bars et cafés. Ces tubes seront également bannis d’ici 2021 au Costa Rica. Le 10 février dernier, l’Écosse avait elle aussi fait part de son intention de devenir le premier pays européen à interdire les pailles en plastique dès la fin de l’année 2019. De grands groupes se sont également engagés à les supprimer. Au Royaume-Uni, les actions se multiplient. La chaîne d’hôtels Marriott et Eurostar ont choisi de les supprimer. Récemment, c’est McDonald’s qui a décidé de bannir les pailles de ses restaurants britanniques. À compter du mois de mai, les pailles utilisées dans les quelque 1 300 restaurants anglais de la chaîne seront en papier et non plus en plastique. La Reine Elisabeth II a elle aussi déclaré la guerre au plastique à usage unique, et a décidé de le bannir sur l’ensemble des domaines de la propriété royale, dont Buckingham Palace. Autre groupe à s’engager : Pernod Ricard. Le géant des vins et spiritueux avait annoncé en janvier dernier bannir les pailles, ainsi que les bâtons mélangeurs en plastique non-biodégradables de l’ensemble de ses activités, partout dans le monde.

Les alternatives à la paille en plastique

En France, l’interdiction des pailles en plastique n’est pas à l’ordre du jour. Si la vaisselle jetable en plastique (gobelets, assiettes, verres) sera interdite en 2020, les pailles ne seront, elles, pas concernées, au grand dam de l’association Bas Les Pailles qui a lancé une pétition. En attendant une éventuelle interdiction, le mieux reste de ne plus utiliser ces tubes ou bien de se tourner vers des alternatives plus écologiques :

  • La paille en verre ou en inox. Pour celles et ceux qui n’imaginent pas siroter leur boisson préférée sans paille, il existe des pailles en inox. Celles-ci sont facilement trouvables dans le commerce. Côté prix, nul besoin de dépenser un SMIC. On trouve des pailles en inox basique à 4 euros sur Internet. Des lots de 4 pailles sont également commercialisés à 15,90 euros, comme ici. Pour les nettoyer, il suffit d’utiliser un goupillon spécial. Il existe également des pailles en verre. Celles-ci sont toutefois plus fragiles et peu recommandées aux enfants. Réutilisables, les pailles en inox et en verre sont une solution zéro déchet.
  • La paille en bambou. Les pailles en bambou, comme celles proposées par Pailles en Bambou, font aussi partie des alternatives aux pailles en plastique. Elles sont réutilisables et biodégradables. « Pas de plastique, pas de pesticides, nos bambous poussent à Bali et sont transformés par des artisans balinais », explique la marque sur son site qui commercialise ses 12 pailles « vertes » et ses deux goupillons au prix de 16,99 euros. Hakuna Taka de la boutiquezerodechet.com propose aussi des pailles en bambou. Comptez 1,99 euro la paille. Ces alternatives se lavent facilement : à la main avec de l’eau savonneuse, au lave-vaisselle, à l’aide d’un goupillon, 10 minutes dans de l’eau bouillante ou 10 minutes dans de l’eau bouillante avec du vinaigre blanc.
  • La paille en papier biodégradable et compostable. Elle n’est pas réalisable mais elle a tout de même le mérite d’être écologique. On trouve facilement ces pailles dans le commerce et sur Internet, comme sur unbureaupourlaterre.com. La matière est un peu déroutante au début, question d’habitude. 
  • La paille comestible. Siroter son soda ou son jus et manger sa paille après, c’est possible. La start-up Loliware a en effet inventé la paille comestible baptisée Lolistraw. Celle-ci est fabriquée à partir d’algues et se décline en plusieurs arômes (vanille, caramel, mangue, chocolat). La paille est aussi compostable, pour celles et ceux qui ne souhaiteraient pas la déguster. Pour l’heure, la Lolistraw n’est pas encore commercialisée mais il est possible de la pré-commander sur la plateforme de financement participatif Indiegogo. Loliware n’est pas la seule entreprise à proposer des pailles comestibles. On retrouve aussi l’entreprise espagnole Sorbos. Ses tubes sont déjà en vente et sont disponibles en huit goûts différents (fraise, citron, citron vert, gingembre, pomme verte, cannelle, chocolat et neutre). Ces pailles sont en revanche destinées aux professionnels.

Supprimer les pailles en plastique, ce n’est pas bien compliqué. Alors que les beaux jours reviennent, nombreux seront ceux à siroter un soda, un jus de fruits ou un cocktail en terrasse. Pour éviter de se retrouver avec une paille colorée polluante dans son verre, une phrase suffit : « pas de paille s’il vous plaît ». Et pour celles et ceux qui ne sont pas encore prêts à délaisser les bonnes vieilles pailles en plastoc, nous vous invitons à regarder le film-documentaire de Linda Bookers « Straws ». L’association Bas Les Pailles organise de nombreuses projections. Plus d’informations sur sa page Facebook.

Le 3 février dernier avait eu lieu la première Journée internationale sans paille. Près d’une soixantaine d’événements ont été organisés à cette occasion dans une trentaine de pays sur tous les continents. Objectif : sensibiliser le plus grand nombre à la pollution plastique. Selon Bas Les Pailles, à l’origine de cette initiative en association avec Bye Paille, 14 000 personnes ont été sensibilisées à la question des tubes en plastique, « soit potentiellement plus de 5 millions de pailles qui ne seront plus consommées chaque année ». Une goutte d’eau mais comme dirait l’autre, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

Marine VAUTRIN

  1. Bonjour, quelle alternative pour les fêtes,salles de spectacle etc?
    Les alternatives sont chères

  2. les pailles en carton existé avant le plastique et fonctionné très bien

  3. […] Pailles en plastique : pourquoi et par quoi les remplacer ? […]

  4. […] petit parasol en papier qui, lui, est sans doute recyclé. Mais qu’on se rassure, les pailles comestibles arrivent. On pourra désormais les manger, car elles seront en algue avec des goûts de vanille, de […]

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