Perturbateurs endocriniens : l’Anses passe au crible 5 substances chimiques

Publié le 10 octobre 2017 à 11:50 Aujourd'hui | 389 vues

Suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, cinq substances chimiques ont été évaluées par l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Les résultats du rapport de l’agence ont été publiés ce lundi 9 octobre 2017. Cinq autres substances sont également suspectées.

De plus en plus de personnes font attention à ce qu’ils consomment ou utilisent comme produit de beauté. Les perturbateurs endocriniens (PE) font partie des éléments les plus redoutés. Selon l’Organisation mondial de la santé (OMS), “un [PE] est une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)- populations”. Afin “d’évaluer de manière plus précise et ciblée, le danger et l’exposition des populations et de l’environnement à certaines substances perturbateurs endocriniens pour mieux les gérer”, l’Anses doit expertiser, chaque année, cinq substances chimiques. Lundi 9 octobre 2017 l’agence a rendu public son avis sur les cinq qu’elle a examiné au cours de l’année 2016. Parmi elles, le TMBPF, le triclocarban, le RDP, le dicyclopentadiène et le sulfate d’étain. Ces dernières sont enregistrés auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) dans le cadre du règlement REACH qui vise à mieux protéger la santé humaine et l’environnement.

Peu de données pour être classées perturbateurs endocriniens

L’analyse des donnés du RDP est limitée et les rapports “manquent parfois de précisions”. Autrement dit, l’agence ne peut véritablement statuer sur le caractère de perturbateur endocrinien de l’élément chimique. Malgré tout, l’Anses a révélé que “la substance pourrait avoir un effet neurotoxique, un effet sur les glandes surrénales et un effet sur le développement”. “Cependant les effets décrits dans ces études expérimentales ne sont pas suffisamment probants pour conclure”, lit-on dans le rapport de l’agence. Par conséquent, l’Anses souhaite “soumettre le RDP dans le cadre de l’évaluation du “Plan d’action continu communautaire” du règlement REACH”.

Ce manque de données se retrouve également dans l’analyse du sulfate d’étain. “Il [n’est] pas possible de conclure sur l’existence d’un éventuel effet PE de la substance”, déclare l’Anses. Par conséquent, elle réclame davantage de données concernant la substance afin de pouvoir mieux statuer sur la dangerosité du sulfate d’étain. C’est également le cas pour le dicyclopentadiène. D’ici là, “il n’est pas possible de conclure quant à l’existence d’éventuelles propriétés de perturbations endocriniennes de cette substance [le dicyclopentadiène] pour la santé humaine”. Cependant, ces deux éléments chimiques ont déjà “fait l’objet d’une évaluation au titre du règlement REACH en raison, d’une suspicion d’effet reprotoxique et d’une suspicion de propriété cancérogène mutagène reprotoxique et d’effet sensibilisant”, déclare l’agence.

Cinq autres substances suspectées

Toutefois, les données concernant certaines substances sont assez suffisantes pour établir un avis. C’est notamment le cas du TMBPF. Ce dernier est utilisé pour la fabrication de résines, de retardateurs de flamme et comme antioxydant dans les composés de caoutchouc. Selon l’Anses, “les tests réalisés ne mettent pas en évidence d’effet PE du TMBPF”. L’agence reste prudente : “dans l’état actuel des connaissances et au regard des lignes directrices de l’OCDE pour l’évaluation des PE, on ne peut écarter que le TMBPF puisse agir comme un PE”. Par conséquent, l’agence suggère que “des études soient requises par l’ECHA dans le cadre d’un contrôle de conformité”.

Parmi les cinq éléments chimiques analysés, seul le triclocarban”pourrait agir comme perturbateur endocrinien par la voie androgénique, l’axe thyroïdien ou par action sur la stéroïdogénèse”. Face à une telle conclusion, l’Anses ordonne qu’il soit proposé pour une évaluation dans le cadre de REACH. L’Anses suspecte également cinq autres substances d’être des PE. Ces dernières font l’objet de travaux d’expertise au sein de l’agence. C’est notamment le cas pour l’homosalate, le triflusulfuron, le triphényl, le phosphate, le bisphénol B et le BDE-47. Il faudra donc attendre le prochain rapport de l’Anses pour savoir si oui ou non ces cinq éléments chimiques sont considérés comme des perturbateurs endocriniens.

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Marie Bascoulergue

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