Poulehouse : une maison de retraite pour poules pondeuses

Publié le 27 février 2017 à 13:19 Demain | 742 vues

Pour éviter d’envoyer les vieilles poules pondeuses à l’abattoir, trois Français souhaitent créer un refuge dans lequel les gallinacées pourraient finir leurs jours paisiblement. Pour ce faire, ils ont lancé une campagne de financement participatif. 

À la coque avec une tartine beurrée ou au plat, les œufs sont un incontournable de notre alimentation. Un Français consomme en moyenne 250 œufs par an. Fabien, Sébastien et Élodie en raffolent aussi. Mais en regardant de plus près, ces trois amoureux des poules et défenseurs de la cause animale, se sont rendu compte que le schéma de leur vie n’était pas « très folichon et même plutôt incohérent ».

Et cela commence dès leur naissance. Les poussins mâles sont majoritairement supprimés et les femelles sont ensuite élevées dans des conditions plus que limite. La plupart sont épointées, c’est-à-dire que leur bec est coupé d’1/3 afin de les empêcher de se piquer entre elles. Les poules pondeuses aujourd’hui présentes dans les élevages sont envoyées à l’abattoir vers l’âge de 18 mois alors qu’elles ont une espérance de vie moyenne de 6 ans, voire de 10 ans, et ce, pour des questions de rentabilité. À partir de cet âge, les poulettes sont moins productives. Résultats : ce sont 100 millions de poules et poussins qui sont tués chaque année, affirment-ils.

« La destination de leur chair est assez floue, mais les poules pondeuses n’étant pas sélectionnées pour former de la masse graisseuse ou du muscle, leur viande ne se retrouve pas ou très peu sur les circuits alimentaires à destination humaine », explique aussi le trio. Bref, on tue des poules pour… rien ! Face à ce terrible constat, ils ont créé Poulehouse, la Maison des poules, afin d’offrir une seconde vie à ces gallinacées. Un refuge « où elles pourront finir leur vie dans un environnement répondant au maximum à leurs besoins sociaux, physiques et physiologiques ».

Travailler avec des producteurs d’œufs bio

La start-up souhaite mettre en place « un circuit d’élevage n’impliquant aucune souffrance animale ». Les fondateurs ont choisi de travailler en partenariat avec des producteurs d’œufs bio ayant signé une charte interdisant notamment d’épointer les poules. Les éleveurs s’engageraient à envoyer leurs poules réformées (promises à l’abattoir) au refuge.

En contrepartie de ces engagements, Poulehouse achètera leurs œufs à un prix supérieur à celui proposé par la filière biologique traditionnelle. Pour financer ce coût, ainsi que la fin de vie des poules, la start-up commercialisera les œufs Poulehouse au prix de 5,99 euros la boîte de 6, soit environ trois fois le prix d’une boîte d’œufs bio de marque distributeur. Elle demande aussi aux éleveurs partenaires d’utiliser un système qui permettrait de déterminer dans l’œuf le sexe du poussin, et d’ainsi éviter le massacre des poussins nés mâles. Cette méthode de sexage in ovo « devrait voir le jour dès 2017/2018 ».

Pour réaliser ce projet, Poulehouse a lancé une campagne de financement participatif sur la plate-forme KissKissBankBank. Plus de 8 200 euros ont été collectés à ce jour sur les 25 000 euros nécessaires. Voilà une belle initiative !

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Marine VAUTRIN

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