Qu’est-ce que le krill est pourquoi est-il essentiel à l’écosystème marin ?

Publié le 25 avril 2018 à 15:07 Aujourd'hui | 628 vues

Le krill, petit crustacé à la forme de crevette des eaux froides, nourriture des baleines mais aussi des hommes, est essentiel au bon équilibre de l’écosystème marin. On vous explique pourquoi.

Le krill, qu’est-ce que c’est ?

Le krill est un nom générique d’origine norvégienne qui désigne des crustacés en forme de crevette des eaux froides. Ces derniers constituent un maillon essentiel du réseau des océans. Les krills sont parmi les groupes les plus abondants de la planète. Ils vivent en “essaims” dans les couches supérieures de l’océan et peuvent former jusqu’à des bancs de deux millions de tonnes et s’étendre sur 450km carrés. Le krill provient à la fois de l’Arctique, du nord de l’océan Atlantique, et de l’océan Austral, en Antarctique.

En Arctique, il se présente sous la forme du Meganyctiphanes norvegica, un crustacé de 6 à 7 cm de long à l’espérance de vie de six ans, qui pèse en moyenne 2 grammes, a un corps transparent, et qui se nourrit en filtrant le phytoplancton. En Antarctique, le krill est constitué d’Euphausia superba, qui se caractérise par son absence de courbure dorsale et ses yeux noirs de grande taille. Cette dernière espèce représente la principale source d’alimentation des mysticètes, à savoir les grands rorquals et les baleines franches. Les baleines en mangent par ailleurs plusieurs tonnes par jour. Le krill est avant tout au centre d’un important réseau trophique (“un ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d’un écosystème et par lesquelles l’énergie et la biomasse circulent”) dont dépend les calmars, les mammifères marins comme les phoques, les oiseaux comme les manchots, les poissons et certains cétacés. Le krill fait aussi partie des crevettes à l’origine de la couleur rose des flamants roses et de la couleur rose-orange du saumon sauvage.

Le krill brasse les océans

Une étude publiée par les chercheurs de l’université de Stanford le 18 avril 2018 affirme que la nage des bancs de zooplanctons, notamment du “krill”, a un impact fondamental sur le bon équilibre de l’écosystème. En effet, “les essaims massifs des petits organismes océaniques comme le krill créent assez de turbulence quand ils migrent pour redistribuer les eaux des océans – un impact qui pourrait influencer tout l’écosystème de la distribution des nutriments océaniques aux modèles climatiques”, comme le souligne le rapport. “Bien que l’analyse ait été effectuée en laboratoire, la trouvaille montre que la migration de zooplancton, ou de tout organisme, peut créer une turbulence à un niveau assez large pour mélanger les eaux des océans. Ce travail peut ensuite altérer la façon dont les scientifiques pensent le cycle global des nutriments comme celui du carbone, du phosphate et de l’oxygène”. Davantage, “l’un des zooplanctons les plus communs, le krill, est l’organisme marin le plus abondant, et migre quotidiennement en essaims géants, plongeant à plusieurs centaines de mètres de profondeur le jour et retournant à la surface la nuit pour se nourrir”. Un mouvement à l’origine de la redistribution des eaux des océans et de son influence sur l’écosystème. Comme le précise le Monde dans une vidéo sur le sujet, “en brassant les océans, les crevettes pourraient même participer à attirer du carbone vers les fonds marins et donc à lutter contre le réchauffement climatique”.

Le krill, une espèce menacée par la surpêche

C’est 100.000 tonnes de krill qui sont pêchées chaque année à proximité des côtes de l’Antarctique, l’Euphausia superbae étant très convoitée pour ses bienfaits sur la santé humaine. En effet, le cétacé aussi vendu en gélule et consommé pour ses bienfaits sur la santé, comme le renforcement du système digestif, de la peau, du système nerveux et du cœur. Aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, on consomme l’huile de krill comme complément alimentaire riche en oméga 3 tandis que les Français s’en procurent sous la forme de capsule. Toutefois, la population du krill diminue dangereusement depuis quelques décennies. Sur les trente dernières années, 80% du krill aurait déjà disparu à cause de la fonte de la banquise due au réchauffement climatique, selon une étude publiée en 2005 dans la revue scientifique Plos Biology. Pourtant en 2010 les flottes de pêche industrielle commencent à s’attaquer au krill de l’Antarctique. Fin 2011, l’Union européenne a autorisé le krill à entrer dans la composition de produits laitiers, de pâtes à tartiner, de sauces, de céréales, et même de produits cosmétiques sur le marché. En mars 2018, l’ONG Greenpeace avait lancé une campagneTouche pas à mon krill” pour préserver la crevette Antarctique de la surpêche. Dans une vidéo (visible ci-dessus), l’organisation rappelle que le krill est nécessaire à l’équilibre de l’écosystème marin et que s’il vient à manquer, c’est toutes les espèces marines qui disparaîtront avec lui.

Claire Lebrun

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