Téléthon : une femme myopathe demande de ne plus donner d’argent

Publié le 7 décembre 2017 à 17:21 Aujourd'hui | 444 vues

Atteinte de myopathie depuis plus de 40 ans, Pascaline Wittkowski lance un appel. Dans une vidéo produite par l’association PETA, elle dénonce l’exploitation animale et demande de ne plus donner d’argent au Téléthon. 

Vendredi 8 décembre 2017 marquera le lancement de la 31e édition du Téléthon. Créée en 1958, l’association AFM-Téléthon soutient la recherche et la découverte de traitements contre les maladies rares, génétiques et lourdement invalidantes. Ce n’est qu’en 1987 que le marathon audiovisuel du Téléthon est lancé. Depuis, tous les ans, le groupe France Télévisions diffuse en direct l’opération pendant 30 heures afin de récolter un maximum d’argent. L’an dernier, près de 93 millions d’euros de dons ont été faits. Mais cet argent est bien souvent utilisé pour faire des tests sur des animaux.

C’est ce qu’a voulu dénoncer Pascaline Wittkowski, une femme atteinte de myopathie depuis plus de 40 ans. Dans une vidéo produite et relayée par l’association de défense des droits des animaux, PETA, Pascaline explique l’espoir qu’elle a eu lors de la première édition du Téléthon. “J’étais dans un cauchemar et je me suis dit : “mais c’est super on va avoir de l’argent, je vais m’en sortir, je vais pouvoir vivre ma vie comme je veux””, raconte-t-elle. Puis les années ont passé et elle s’est rendu compte que “tout ça c’est faux, il n’y a rien”.

L’inefficacité des tests

Concrètement, elle dénonce l’inefficacité des tests, censés guérir cette maladie évolutive et invalidante. Elle pointe également du doigt le fait que des animaux sont utilisés pour ces tests. “Tant de recherches, aucune guérison. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne suis pas un chien”, explique-t-elle. Pour Pascaline, il est incompréhensible d’utiliser des animaux pour trouver des médicaments pour les humains. Cette ancienne candidate du Parti animaliste aux élections législatives 2017 en Seine-Maritime se déclare ouvertement contre les expériences sur les animaux. Selon elle, il existe des chercheurs engagés qui travaillent depuis longtemps sur des “méthodes efficaces, fiables, conformes au modèle génétique et au génome humain”. Leurs travaux commenceraient même à donner des résultats.

“Pourquoi continuer à financer une recherche qui ne nous guérit pas ? Si vous voulez vraiment aider les malades, ne donnez plus au Téléthon et financez la recherche scientifique qui n’utilise pas les animaux”, conclut-elle. D’ailleurs, PETA a mis en ligne une pétition à destination de Téléthon afin de dénoncer ces pratiques.

“La recherche animale est une obligation”

De son côté, l’AFM-Téléthon a récemment publié son sur site Internet un article concernant la recherche médicale et les essais sur les animaux. L’association est formelle : “la recherche animale est une obligation réglementaire, strictement encadrée par le droit européen et français sous le contrôle en France des ministères de l’agriculture et de la recherche”. Selon elle, cette étape est indispensable pour assurer la sécurité et l’efficacité d’un traitement avant qu’il ne soit testé sur les malades. Les chercheurs y ont recours par “nécessité légale” car ils ont apporté “la preuve que les méthodes alternatives ne permettraient pas de parvenir à ces résultats”. Il s’agirait également d’une “nécessité scientifique” puisque les “modèles animaux sont ceux qui sont au plus proche du modèle humain”.

Malgré tout, l’AFM-Téléthon rappelle que le nombre d’animaux utilisés dans la recherche est en constante diminution. Une baisse estimée, par le groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche (GIROR), à 40% depuis 2000. De plus, l’utilisation de chiens, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus, ne représenterait qu’une minorité. L’association affirme que 80% des animaux utilisés dans le processus de la recherche In vivo sont des souris et des poissons. Le 30 novembre dernier, une tribune, publiée dans Libération, a été signée par plus de 400 chercheurs. Parmi lesquels Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine (2011), Margaret Buckingham, médaille d’or du CNRS, professeure à l’Institut Pasteur et membre de l’Académie des Sciences ou encore Thierry Philip, président de l’Institut Curie. Ces derniers dénoncent les lanceurs d’alerte qui “remettent en cause les bases de la biologie avec un aplomb sidérant”. Selon eux, l’expérimentation animale “n’est pas une discipline en soi” mais permet de comprendre, soigner et guérir.

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Marie Bascoulergue

Surprise

WhyNote, le bloc-notes qui s’utilise à l’infini

> Toutes les vidéos

Rappel de produit

> Tous les rappels de produit

Sur le même thème