The Sea Cleaners : un voilier géant pour dépolluer les océans

Publié le 2 novembre 2016 à 16:59 Demain | 1938 vues

Le navigateur Yvan Bourgnon s’est lancé un défi de taille, celui de construire un quadrimaran collecteur de déchets plastiques.

Les chiffres font froid dans le dos. Chaque année, entre 8 et 10 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans. D’ici à 2025, la quantité de déchets plastiques entrant dans le milieu marin pourrait être multipliée par 10. Et à ce rythme, on estime qu’en 2050, les océans contiendront davantage de morceaux de plastique que de poissons.

Sur terre, difficile de s’en rendre compte, mais sur les eaux, la réalité est bien là. Les océans sont devenus de véritables décharges. Aux premières loges de ce spectacle navrant : les navigateurs, dont le skipper franco-suisse Yvan Bourgnon. Au cours de ses traversées, il a souvent heurté des objets flottants. Alors qu’il participait à la Transat Jacques Vabre en 2015, son bateau est entré en collision avec un container, l’obligeant à abandonner la course. Lors de son dernier tour du monde en catamaran de sport, durant lequel il a navigué au ras de l’eau pendant plus de 200 jours, il a été confronté de plein fouet à cette pollution. Chaque jour, des sacs plastiques se bloquaient dans les gouvernails de son navire. Et ces expériences ont été, malheureusement, trop nombreuses.

« Le Manta », un bateau dépollueur unique

Face à ce constat déplorable, Yvan Bourgnon a décidé d’agir avec un grand A pour protéger les océans, en créant son association « The Sea Cleaners ». Son projet ? Construire un quadrimaran capable de collecter les déchets plastiques en mer, « Le Manta ». Ce navire, qui doit son nom à la raie manta pour sa capacité à filtrer l’eau, est immense : 60 mètres de long et 49 mètres de large.

Ce “camion-poubelle”, comme il le décrit dans la vidéo ci-dessus, sera équipé d’une rampe de collecte de près de 72 mètres de large, un système directement inspiré des fanons des baleines. Il permettra de collecter les macro-déchets sans atteinte de la faune aquatique et sera repliable pour les passages des canaux et approches portuaires. Des tapis roulants achemineront les objets collectés vers des cuves de stockage. D’une autonomie de près de deux mois, celles-ci pourront stocker jusqu’à 300 m3 de plastique. Les déchets seront triés et compressés, en vue de leur recyclage ou leur revalorisation à terre. Toutes les collectes seront géolocalisées, évaluées et analysées avant. Les données seront formalisées à bord pour être ensuite transmises à la communauté scientifique internationale. Elles viendront ainsi compléter les premières observations effectuées.

Pour éviter la pêche accidentelle, le Manta sera doté d’un dispositif électronique d’émissions sonores qui permettra d’éloigner les poissons et les mammifères marins. Au moment de la collecte, le bateau naviguera très lentement, à environ 2 nœuds (un peu moins de 4 kilomètres/heure). Il sera également respectueux de l’environnement. « En terme de propulsion, l’utilisation de Kite Wing (cerf-volant) combinée à un système de gréement supportant des voiles classiques, auquel s’ajoute un bloc propulseur hybride, permettra de réduire l’empreinte carbone à son strict minimum », explique-t-on sur le site de The Sea Cleaners.

Une intervention rapide

L’atout du voilier est aussi sa mobilité. Il pourra collecter les plastiques au plus près de la source de déversement, c’est-à-dire près des côtes. « Seul un navire offre la mobilité nécessaire aux déplacements rapides vers les bancs de plastique encore concentrés par les vents et les courants, avant qu’ils n’entament leurs dérives océaniques vers les « continents de plastique » ». Le navire pourra également intervenir en haute mer, « là où la profondeur océanique rend impossible l’ancrage au fond de la mer et où un container immergé accidentellement peut avoir libéré sa cargaison d’objets en plastique ».

Ce voilier hors norme sera d’ailleurs en capacité d’intervenir rapidement sur les zones de pollution les plus critiques, à savoir les zones concentrées par les courants ou après une catastrophe naturelle comme un tsunami, un cyclone ou des inondations. « En intervenant peu de temps après la catastrophe, il y a un potentiel important de récupération de forts tonnages, en allant directement sur les zones les plus contaminées », explique Yvan Bourgnon au site Mr. Mondialisation. En effet, plus le temps passe, plus les macro-déchets se fragmentent au contact des vagues et des rayons UV pour se transformer en micro-déchets, puis en nano-déchets. Ces derniers sont ainsi assimilés par les organismes marins.

Une campagne de crowdfunding

Pour réaliser ce beau projet, une campagne de crowdfunding a été lancée le 14 octobre dernier sur la plateforme KissKissBankBank afin de financer le lancement de The Sea Cleaners et un prototype qui sera fabriqué en 2017. À l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 76 000 euros ont été récoltés. La première campagne de collecte de déchets océaniques est elle espérée pour 2021.

Ce projet n’est pas sans rappeler celui du jeune Boyan Slat et son projet “Ocean Clean Up ». Ce dernier a mis au point une barrière flottante capable de piéger les déchets plastiques. Ou encore celui des quatre jeunes bretons, “Sailing For Change », qui se sont lancés le défi de faire un tour du monde à la voile zéro déchet. Pendant deux ans, ils traverseront trois océans et effectueront trente escales avec pour objectif de prouver qu’il est possible de vivre sans produire de déchets.

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Marine VAUTRIN

  1. bonjour, je souhaite effectuer un don pour le projet d’Yvan BOURGNON, MERCI DE ME DONNER LA PROCÉDURE.
    jb.cartron@fre.fr
    JBC

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