Vers une nouvelle vignette automobile ? Le gouvernement écarte l’idée

Publié le 18 décembre 2017 à 16:29 Aujourd'hui | 483 vues

Selon Le Parisien, un comité d’experts serait en train d’étudier l’idée de la mise en circulation d’une vignette afin de financer l’entretien des routes de France. Une information démentie par le ministère.

Apposer une vignette sur son pare-brise n’est pas récent. Depuis des années, les automobilistes doivent coller des petites étiquettes afin de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État. De 1956 à 2001, les personnes âgées possédant une voiture devaient disposer d’une vignette spécifique, dont le tarif variait en fonction de l’âge et de la voiture. Le but : financer le “Fond national de solidarité”. Quelques années plus tard, en 1998, c’était au tour de la pastille verte de faire son apparition. Cette dernière, supprimée en 2012, pouvait être considérée comme l’ancêtre de la vignette Crit’Air puisqu’elle permettait d’identifier les véhicules polluants des non-polluants. D’ailleurs, depuis le 1er juillet 2017, les automobilistes qui n’ont pas de vignette Crit’Air sur leur pare-brise au sein de la zone de circulation restreinte risquent une amende. Comptez 68 euros pour les voitures particulières et autres véhicules, et 135 euros pour les poids lourds et les autocars. Outre cette vignette, les automobilistes doivent également apposer celle du contrôle technique ainsi que celle de l’assurance.

Mais peut-être que dans les mois à venir, les automobilistes devront mettre une nouvelle vignette sur leur pare-brise. C’est du moins ce qu’a révélé Le Parisien ce lundi 18 décembre 2017. “Les trains payent une redevance à SNCF Réseau pour l’usure des rails, mais les véhicules légers passent et repassent sur les routes sans rien verser”, a déclaré au quotidien Hervé Maurey, sénateur (UDI) de l’Eure et président de la commission de l’Aménagement du territoire et du développement durable au Sénat. Une information très vite démentie.

“Il n’a jamais été envisagé d’instaurer une vignette sur les automobilistes”

Contacté par Franceinfo, Hervé Maurey a affirmé “qu’aucune décision n’est prise” pour le moment. “Aujourd’hui, il n’y a pas de décision de vignette, on n’en est pas là du tout”, a-t-il ajouté. Le sénateur a cependant rappelé que depuis la suppression de l’écotaxe, “plusieurs centaines de millions d’euros” manquent chaque année. Pour l’heure, un comité d’orientation des infrastructures est en place afin de “faire le tri entre les nombreuses infrastructures annoncées par les gouvernements successifs”. Ce n’est qu’une fois les projets sélectionnés que la question “des ressources supplémentaires” pourra se poser. Selon le sénateur, “il y a tout un tas d’outils qui pourrait permettre ce financement. Cela va de la taxe sur les produits énergétiques, qui existe déjà mais qui pourrait être éventuellement revalorisée, à une taxe sur la circulation des poids lourds”. À la mi-journée, un porte-parole du ministère des Transports a lui aussi écarté cette idée. “Il n’a jamais été envisagé d’instaurer une vignette sur les automobilistes”, a-t-il déclaré à l’AFP. Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire a quant à lui écrit sur son compte Twitter que l’instauration de vignette n’est pas recommandée. Il s’agit seulement d’une “option parmi d’autres”. Il a également rendu public le rapport du gouvernement concernant les pistes d’investissements de l’État en matière de transport et de mobilité.

Entre 75 et 125 euros la vignette

Selon Le Parisien, des “experts missionnés par Élisabeth Borne, la ministre des Transports” travailleraient sur l’idée d’instaurer une nouvelle vignette afin de rénover les routes de France. En cause : l’état des routes qui se dégradent depuis plusieurs années et sont responsables de nombreux accidents. Cela est notamment dû à des hivers trop froids, au gel, à la pluie ou encore à des passages de plus en plus fréquents de poids lourds sur les sols français. L’État est également montré du doigt puisqu’il ne donnerait plus assez d’argent aux mairies et conseils départementaux pour rénover ces voies. Le Parisien a estimé que chaque automobiliste devrait “peut-être” débourser entre 75 et 125 euros par véhicule. Le montant total de ce projet est estimé entre 3 et 5 milliards d’euros. “Les experts réfléchissent à d’autres sources de financement”, a rapporté le quotidien. Parmi lesquelles “augmenter la taxe sur l’essence, facturer au kilomètre la circulation des camions comme des voitures, pourquoi pas en utilisant la géolocalisation”.

Marie Bascoulergue

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