Vignes : des chauves-souris pour remplacer les pesticides

Publié le 29 mars 2018 à 12:28 Aujourd'hui | 400 vues

Des chauves-souris pour remplacer les pesticides dans les vignes ? C’est en tout cas ce qu’avance une étude menée par la Ligue de protection pour les oiseaux (LPO), en collaboration avec Eliomys et l’Inra. Ces animaux sont en effet très friands de certains insectes ravageurs.

Peu appréciées du grand public, les chauves-souris pourraient à l’avenir devenir les meilleures amies des viticulteurs. Selon une étude menée par la LPO Aquitaine, Eliomys et l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), les chiroptères contribuent en effet à lutter contre le ver de la grappe, papillons ravageurs de la vigne. Ils pourraient ainsi devenir une alternative aux pesticides utilisés.

« Sur 23 parcelles de vignes girondines et à l’aide d’ultrasons enregistrés, l’activité des chauves-souris a été observée suivant la présence ou non des papillons ravageurs », expliquent dans un communiqué commun les trois organismes et le Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) qui a financé cette étude, réalisée de mai à octobre 2017. Dans les vignobles, la présence de chauves-souris n’est pas rare. Les chercheurs ont d’ailleurs trouvé 19 des 22 espèces connues en Gironde. Mais ce qu’ils ont remarqué de plus étonnant, c’est que « certaines espèces augmentent de façon significative leur activité de chasse lorsque celles-ci sont confrontées à l’émergence des papillons ravageurs ».

Une alternative possible aux pesticides

Pour s’assurer que ce phénomène n’est pas uniquement lié à la présence concomitante d’autres insectes, les auteurs de l’étude ont alors analysé leurs excréments. « La présence d’ADN des tordeuses de la vigne a été mise en évidence dans une grande partie des guanos de chauves-souris issues des milieux viticoles. Et ce, même avec des taux d’infestation des vignes faibles ». Pour les organismes, « ces résultats attestent donc de façon formelle, et pour la première fois, la capacité des chauves-souris à se nourrir d’Eudémis et de Cochylis, des ravageurs qui, en cas de pullulation, contraignent les viticulteurs à l’emploi d’insecticides ».

Les chauves-souris sont donc une alternative possible. L’objectif sera maintenant de savoir s’il est financièrement avantageux pour les viticulteurs de favoriser l’activité de ces chiroptères. « Est-ce que les chauves-souris mangent assez de ravageurs pour limiter l’utilisation de pesticides », s’est interrogé auprès de l’AFP Yohann Charbonnier, chargé de mission scientifique à la LPO Aquitaine.

Les chauves-souris sont des alliées pour les viticulteurs mais aussi pour les agriculteurs. Une étude américaine publiée en 2015 affirmait que ces mammifères volants permettraient à l’agriculture mondiale d’économiser plus d’un milliard de dollars en dévorant les parasites qui ravagent les cultures.

Marine VAUTRIN

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