Zéro déchet : une nouvelle vie commence

Publié le 5 février 2018 à 13:04 Ma vie zéro déchet | 836 vues

Pour la nouvelle année, certains décident de mieux manger, de se remettre au sport ou d’arrêter de fumer. Marine a elle décidé de changer de vie : passer au zéro déchet.

 « Les écolos, ils nous font chier ». Excusez du langage, mais voici un exemple de ce que je pouvais dire il y a un peu plus de cinq ans. Il faut dire que je viens d’une famille où l’environnement n’était pas vraiment une priorité : gros 4×4 diesel pour ma mère, coupé sport pour mon père, glyphosate à gogo pour désherber l’allée du jardin, et ne parlons pas des poubelles remplies de produits encore consommables et d’emballages en tous genres. Je revois encore mon paternel tirer la grosse poubelle jusque devant le portail. Lumbago assuré toute les semaines. En revanche, mes parents (surtout ma mère) ont eu le mérite de m’inculquer de bonnes habitudes alimentaires. Les fruits et les légumes ont toujours été présents dans nos assiettes. Mais quant à leur provenance, on faisait le tour du monde, sans vraiment se soucier des saisons. Et bien sûr, ils n’étaient pas issus de l’agriculture biologique. D’ailleurs, pour leur défense, les produits bio n’avaient pas vraiment la cote à l’époque. Ils étaient extrêmement chers et assez rares dans les supermarchés. Ils étaient aussi assimilés aux « bouffeurs de graines », aux « écolos bobos ». Avec ce bagage, vous comprenez pourquoi l’environnement, je m’en « battais les cacahuètes ».

Après avoir quitté le cocon familial, ce mode de vie ne m’a pas quitté. Je faisais mes courses au Monoprix du coin en prenant soin d’acheter des aliments aux emballages bien séduisants. Plus ils étaient bien emballés, plus j’avais envie de les mettre dans mon Caddie. J’avais un petit problème avec les bactéries, je dois vous l’avouer. Pour les fruits et légumes, j’évitais le coin bio du magasin, bien trop cher, et je ne prenais jamais le soin de prendre des sacs réutilisables avant de partir faire les emplettes. Vive les sacs en plastique distribués à la caisse ! Et tout ceci atterrissait dans la même poubelle. Oui Madame, je ne triais pas. Cette tâche, qui est pourtant très simple, était pour moi quelque chose de chiant et d’inutile. J’étais aussi la superwoman de la surconsommation. Une nouveauté ? Hop, je l’achetais, sans me soucier de sa provenance.

Une prise de conscience nécessaire

Pendant des années, je ne me rendais pas bien compte de mon impact. Le déclic ? Il n’y en a pas vraiment eu. Cela s’est fait progressivement, au fil de mes rencontres amicales et amoureuses. Je ne sais pourquoi, j’ai commencé à me renseigner sur le sujet, à visionner des documentaires, à lire des articles sur Internet. Le constat était alarmant : je déglingue la planète et mes enfants iront se dorer la pilule au pôle Nord. J’ai donc repensé toute ma vie en consommant plus responsable : je trie, je privilégie les produits bio (moins de pesticides) et de saison. Savez-vous par exemple qu’une mangue importée en avion, c’est 60 fois plus de CO2 qu’une pomme française ? Et qu’une tomate hors saison, poussant dans une serre chauffée au gaz, émet six fois plus de C02 qu’une tomate de saison ? Je fais attention à ne pas acheter n’importe quoi. Même ma garde-robe y est passée. J’achète quand cela est (presque) nécessaire et je me tourne le plus possible vers des marques made in France et écoresponsables.

Ma prise de conscience s’est encore plus accentuée lorsque j’ai intégré la rédaction de Réponse Conso en 2015. Les nombreux sujets que nous avons traités, et que nous traitons toujours au quotidien, m’ont encore plus alerté sur ma façon de consommer, et surtout sur mes déchets, qui ne sont rien d’autres que des poisons pour l’environnement (de leur fabrication à leur fin de vie). Aujourd’hui, nous consommons plus que ce que la Terre peut nous donner. Par exemple, parlons du plastique. On le retrouve partout. Selon l’association européenne des producteurs de plastiques PlasticsEurope, 64% des déchets plastiques en France sont des emballages ! Les plastiques sont des dérivés du pétrole et de gaz naturels.  Ces ressources ne sont pas inépuisables. Leur fabrication est très énergivore et consommatrice d’eau, sans parler des émissions de gaz à effet de serre. Quant à leur fin de vie, ils finissent bien souvent à l’incinérateur. Au pire dans les océans. Chaque année, on estime qu’entre huit et dix millions de tonnes de déchets en plastique sont déversées dans les eaux de notre planète. Cette pollution est particulièrement dangereuse pour les animaux (environ 100 000 mammifères sont tués chaque année) et, à terme, pour l’Homme. Ces ordures, qui se désagrègent en microparticules, s’intègrent peu à peu à la chaîne alimentaire. Résultat, en consommant du poisson, on a de fortes chances d’ingérer du plastique. Bon appétit ! Et le recyclage ? Pas vraiment la solution. Cela permet certes de réduire efficacement l’extraction de matières premières et la création de nouveaux matériaux, mais il nécessite aussi de nombreuses étapes énergivores : la collecte, le transport, la transformation, etc. Autre point à souligner : l’Hexagone ne recycle que 22,2% de ses déchets plastiques, toujours selon PlasticsEurope. Bien sûr, il est préférable de recycler ses déchets que des les envoyer brûler ou pourrir en décharge, mais le mieux est de réduire ses déchets. Comme dirait l’autre : le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.

Depuis plusieurs années, le zéro déchet fait d’ailleurs de plus en plus d’adeptes. Je me suis d’ailleurs posé la question : « pourquoi pas moi ? ». En 2016, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Béa Johnson. Auteure du bestseller « Zéro Déchet », cette française expatriée aux États-Unis est connue dans le monde entier pour avoir relevé le pari de vivre sans déchet. Avec son mari et ses deux enfants, elle a réussi à contenir dans un simple bocal ses détritus d’une année. Lors de notre entretien, elle m’avait donné des conseils et vanté les mérites de ce mode de vie meilleur pour l’environnement, notre porte-monnaie et… notre santé ! On ne consomme plus des aliments transformés, on cuisine plus et surtout on ne vit plus dans un monde made in plastique. Il faut savoir aussi que les plastiques, en plus de polluer notre planète, polluent notre petit corps. Dans ceux-ci on retrouve entre autres des phtalates, classés comme perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils ont un effet négatif sur le système hormonal entraînant notamment des problèmes au niveau de l’appareil reproducteur. C’est beau ! Mais de là à s’y mettre, il fallait avoir une sacrée motivation.

Une poubelle qui craque, un ras-le-bol qui explose

Cette motivation, je l’ai désormais. Le déclic ? Il y en a eu un (cette fois), un lundi soir de décembre 2017. Alors que je m’apprêtais à descendre la poubelle, celle-ci a craqué, déversant sur le sol tous mes déchets. Imaginez la scène, c’était à vomir. Toutes ces ordures étaient à moi ? Pourquoi tant d’emballages alors que je vis seule ? C’est à ce moment-là que je me suis dit que je ne pouvais plus continuer ainsi. 2018 marquera le début de ma nouvelle vie… zéro déchet ! « Il y a quelques années, nous avons eu un choix à faire. Soit on continuait à vivre de la même façon en ignorant ce qui se passait dans le monde, soit on changeait notre façon de faire. Nous avons choisi la deuxième option », me confiait Béa Johnson. Moi aussi, j’ai choisi la deuxième option. Le vrac sera mon dada et les sacs en tissu et Tupperware mes meilleurs amis. Les produits du quotidien et mes menus seront faits maison. Plus question d’aller acheter des plats préparés, bourrés de sucre, et des produits suremballés. Et bien entendu, mon composteur sera mon allié. J’opterai pour des produits durables et non jetables, je réparerai au lieu de jeter et j’essaierai (mais ça c’est une autre étape) de ne plus acheter de produits neufs. Le plastique sera mon ennemi et tout ce qui pourrait atterrir dans ma poubelle, et par conséquent, à l’incinérateur ou à la décharge municipale.

Les écolos, ils ne nous font pas « chier », ils ont raison, et ça, j’ai mis longtemps à le comprendre. Mais comme dirait ma grand-mère, « vaut mieux tard que jamais ma petite ». Je remets les compteurs à zéro et je m’engage dans une nouvelle vie qui se résume à quatre mots : vivre mieux avec moins. De ma cuisine à ma salle de bains, tout y passera. Bien entendu, cela ne se fera pas du jour au lendemain. Chaque semaine, je ferai ainsi le point sur mon avancée, mes petites victoires, mes échecs et mes limites. L’occasion aussi de vous distiller quelques trucs et astuces qui, je l’espère, vous convaincront aussi de sauter le pas. Vos conseils seront évidemment les bienvenus.

Rendez-vous tous les mardis dans la rubrique « Ma vie zéro déchet ». Ma nouvelle vie commence. C’est parti mon Kiki !

Marine VAUTRIN

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