Zéro déchet semaine 1 : comment (bien) débuter

Publié le 13 février 2018 à 10:22 Ma vie zéro déchet | 852 vues

Passer au zéro déchet, tel est l’objectif de Marine. Après une semaine, elle fait le point sur son avancée, ses erreurs et ses petites victoires. 

Avant de me lancer dans cette aventure, ou plutôt dans ma nouvelle vie, je me suis bien préparée. J’ai acheté des sacs en tissu, des bocaux et des boîtes hermétiques en verre, sans oublier un beau sac réutilisable pour mettre toutes mes courses dedans et une gourde comme les scouts. J’ai fait de la place dans mes placards et installé un petit seau dans ma cuisine pour y mettre mes déchets organiques, récupérés par mes parents qui ont eux un composteur dans leur jardin. Je sais, c’est galère, mais mon budget ne me permettait pas d’acheter un composteur d’appartement tout de suite. Promis, c’est prévu ! Côté salle de bains, j’ai acheté un Oriculi, des cotons lavables, un déodorant consigné de la marque CoZie, un shampooing et deux savons solides. Pour ce qui est du dentifrice, je le faisais déjà moi-même : huile de coco, bicarbonate de soude et huile essentielle de menthe poivrée. Bref, j’étais au top et je me voyais devenir la nouvelle Béa Johnson avec mon bocal de déchets à la fin de l’année. Mais ça, c’était avant de me mettre dans le bain. Passer au zéro déchet, ça ne s’improvise pas, ça demande de l’organisation. Et ça, je l’ai appris à mes dépens.

Ma première erreur ? Ne pas avoir suffisamment fait de courses pour la semaine. Vivant seule, j’avais pour habitude d’acheter presque au jour le jour, selon mes envies. En passant au zéro déchet, c’est possible mais encore faut-il avoir le nécessaire sur soi. Mes sacs en tissu et mes Tupperware étant restés chez moi, je me suis retrouvée comme une idiote plusieurs fois. Pour le midi, je préparais mon déjeuner la veille mais, par manque de temps, par flemme ou parce que mon frigo était vide, je le faisais peu. Voilà mon autre erreur. Sans contenant, je devais donc faire l’impasse sur tout. Adieu le japonais, la saladerie, etc. Heureusement pour moi, un restaurant situé en bas de la rédaction propose des plats faits maison à emporter dans des bocaux en verre consignés. Alléluia ! Le principe est simple : vous payez 1 euro par bocal et vous le ramenez afin que l’on vous rembourse. C’est devenu ma cantine. Mais delà à y manger tous les jours, très peu pour moi. C’est coûteux (environ 14 euros pour un plat, un dessert et une boisson) et vite lassant. N’aimant pas les produits carnés, je suis assez limitée.

Donner le temps au temps

Passer au zéro déchet, ça se fait aussi en douceur. Là aussi, je l’ai bien compris. Étant une personne très entière, je me suis impliquée à fond dans cette nouvelle aventure et je me suis vite retrouvée débordée. J’ai voulu tout faire en même temps : cuisine, salle de bains, produits ménagers. Ce qui est bien sûr impossible. On ne peut pas tout changer en une semaine ou un mois. Et pourtant, j’ai foncé tête baissée. Réduire ses déchets se fait par étape, et à son rythme. J’ai donc décidé de me focaliser sur la cuisine. Lorsque j’aurai adopté les bons réflexes, je passerai à une autre pièce de la maison, la salle de bains. Un grand chantier ! Pour l’heure, je finis mes produits tout en utilisant ceux que j’ai achetés. C’est déjà un très bon début. Conseil : évitez les shampooings solides, c’est l’enfer.

Il ne faut pas aussi se frustrer. Le zéro déchet doit être un plaisir et non une contrainte. Plus on s’interdit des choses, plus on risque de craquer. Pour moi, c’est comme un régime, il faut y aller doucement. Étant une junkie des Granola, j’ai fait une énorme crise de manque. Résultat, je me suis jetée dessus. C’était beau à voir. La clé : se faire des petits plaisirs de temps en temps, les réduire au fur et à mesure puis les supprimer. Mais sachez qu’il y a toujours des solutions. Pour les Granola, j’ai trouvé une recette pour en faire des maisons. Merci Internet !

Une belle avancée et une première victoire

Reste que ces premiers jours ont été très bénéfiques. Je cuisine plus, je mange plus équilibré et je n’ai toujours pas vidé ma poubelle. À l’intérieur : le plastique du papier toilette, des pots de yaourt, le pot de crème fraîche, l’emballage de ma pâte brisée et de mes Granola, du papier sulfurisé et le paquet de croquettes de Ineka, ma petite chatte de 4 ans. J’y reviendrai plus tard car ça, c’est une vraie galère ! Pour mes courses, j’ai troqué mon Monoprix par le Bio c’Bon à côté de chez moi qui dispose d’un coin vrac immense. Je l’ai d’ailleurs découvert grâce à l’application « ConsoVRAC » qui, grâce à un système de géolocalisation, identifie tous les points de vente proposant le vrac. Ce que je ne pouvais pas acheter en vrac, j’optais pour des produits à l’emballage recyclable (verre, carton).  J’ai d’ailleurs gardé les bouteilles et bocaux pour les réutiliser comme contenants. Pratique et économique. Certes, ils ne sont pas très beaux mais on peut les personnaliser. Si vous avez des enfants, cela peut être une bonne activité.

Cette semaine, j’ai aussi été très fière de moi lorsque je me suis pris le bec avec mon fromager qui refusait de mettre mon crottin de chèvre dans ma boîte hermétique. « Vous savez Madame, c’est interdit et pas hygiénique », m’avait-il lancé. Dans ses yeux, on pouvait lire « Elle nous fait chier cette bobo écolo ». Tiens, tiens, ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? « Vous savez Monsieur, ce n’est pas interdit et ma boîte a été lavée par mes soins, si vous ne voulez pas j’irai ailleurs », avais-je répondu. Bingo, j’avais mon fromage dans mon Tupperware. Pour la première fois, j’ai osé, j’ai insisté et ça a payé. Une victoire, une ! Si vous habitez en Ile-de-France et que vous n’êtes pas très à l’aise, sachez que l’association Zero Waste Paris a mis en ligne une carte interactive sur laquelle elle recense tous les commerçants acceptant de servir leurs produits dans des contenants réutilisables. Ces derniers apposent un sticker « Ici, sacs à vrac & boîtes propres acceptés ». Même chose à Strasbourg où plus de 80 commerces se sont engagés dans cette démarche. Ma boulangère sait que je prends désormais mon pain sans son sachet et mon traiteur préféré, qui fait les meilleures tartes au monde, me les donne dans des Tupp. La prochaine fois,  je les lui redonnerai pour qu’il me mette de nouveau mes délicieuses parts de tarte.

En une semaine, j’ai appris beaucoup de choses et déjà fait un immense bond dans ma nouvelle vie zéro déchet. Et ce n’est que le début. Rendez-vous mardi prochain.

Marine VAUTRIN

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