Un appel pour le « droit à bien manger » lancé

Publié le 1 mars 2017 à 16:18 Demain | 799 vues

Chefs cuisiniers, agriculteurs, artistes… Soixante-dix personnalités ont signé un appel en faveur du « droit à bien manger », lancé à l’initiative du site Atabula.

« L’accès au « bien manger » ne doit pas être un privilège mais un droit inaliénable et indépendant de toute notion de revenu ». C’est ce que revendiquent des chefs cuisiniers, des artistes, des journalistes ou encore des agriculteurs qui ont signé une tribune publiée sur la plate-forme d’actualité gastronomique Atabula. Dans cet appel, dont est à l’origine le fondateur et rédacteur en chef du site, Franck Pinay-Rabaroust, ils s’alarment de la « fracture alimentaire » qui se creuse aujourd’hui dans notre pays.

« Tandis qu’une frange privilégiée de la population a accès à une éducation du goût et à des produits de qualité, la majorité des citoyens est soumise à un paysage de consommation dicté par la grande distribution, peut-on lire dans le manifeste. Cette fracture est certes largement liée au niveau des revenus du foyer et aux catégories sociales, mais elle est aussi profondément culturelle. Elle est liée à une certaine idée de la place de l’alimentation dans la vie, à une culture des goûts qui se construit dès l’enfance, à un savoir-faire qui se transmet ou s’apprend, à une cuisine du quotidien rapide, goûteuse, et saine ».

Les signataires dénoncent « l’industrialisation massive de l’agriculture française ». Selon eux, « la plupart des agriculteurs, soumis à la culture intensive, ne nourrissent plus leurs concitoyens ». Cette course à la productivité, à l’export, et aux tarifs les plus bas, « a eu pour conséquence l’anéantissement de l’agriculture vivrière de nombreux pays ». Résultat, notre alimentation devient insipide, uniformisée et sources de maladies, notamment à cause de l’usage intensif des pesticides et autres produits chimiques. « Peut-on accepter que nos enfants et petits-enfants ne disposent ni de la qualité, ni de la diversité alimentaire qui sont encore fragilement les nôtres aujourd’hui ? Peut-on accepter que notre alimentation et ses modes de production soient cancérigènes et sources de maladies quand elle devrait apporter santé et bien- être ? « , s’indignent-ils.

Bien manger, « ce n’est ni un luxe ni une utopie »

« Par cette tribune, nous revendiquons un droit au bien manger pour tous les citoyens. Ce n’est ni un luxe ni une utopie », affirment les signataires qui jugent « impératif de mettre en place des actions concrètes pour défendre une alimentation goûteuse et saine, ainsi qu’une agriculture qui soit durable pour ses producteurs comme ses consommateurs, pour les hommes comme pour la Terre ». Ils plébiscitent une agriculture paysanne modérée, durable et fondée « sur des principes agro-écologiques plutôt que sur des bases productivistes ». Une agriculture qui peut « nourrir une population grandissante, avec des produits de meilleure qualité, en réduisant l’empreinte écologique des cultures ainsi que les dangers pour la santé de tous ». Ils estiment aussi « nécessaire d’instaurer une véritable éducation du goût dans les écoles publiques, qui s’inscrive dans le programme et l’alimentation scolaire ».

À quelques semaines de l’élection présidentielle, les signataires incitent ainsi les candidats à « s’emparer de cette question ». « Nous leur demandons de prendre la mesure du péril alimentaire qui nous guette, nous leur demandons de répondre autrement à cet enjeu que par des décisions anecdotiques ou purement symboliques. Les prochains présidentiables doivent intégrer cette question essentielle dans leurs programmes et prendre des mesures dans les domaines agricoles, alimentaires, culinaires et éducatifs, pour soutenir et développer ce droit de tous au bien manger ».

Vous pouvez aussi signé cet appel « au droit à bien manger » qui totalise actuellement plus de 2 300 signatures.

En septembre dernier, une lettre ouverte avait également été publiée sur le site Atabula dans laquelle des professionnels de la restauration dénonçaient la fusion de Bayer et du roi des pesticides et semences OGM Monsanto. « Ce rapprochement agrochimique constitue un danger pour nos assiettes, mais il est également une source d’inquiétude pour les paysans et les agriculteurs qui voient se limiter leur liberté de planter et cultiver telle ou telle semence », avaient-ils écrit.

Justine Dupuy

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