Brésil : de la peau de poisson pour soigner les brûlures

Publié le 31 mai 2017 à 12:51 Demain | 1050 vues

Au Brésil, des scientifiques testent actuellement un nouveau pansement dédié aux grands brûlés. Finies les bandelettes de gaze et les pommades hydratantes : à base de peau de tilapia, un poisson très prisé, ce pansement miracle aiderait à la cicatrisation des plaies et permettrait de regénérer les cellules. 

À Fortaleza, au Brésil, les essais continuent. L’hôpital spécialisé pour les grands brûlés, vient d’embaucher 56 personnes afin de tester un nouveau pansement hors normes. Ici les grands brûlés ne sont pas recouverts des habituels bandages mais de peau de poisson ! Et pas n’importe quelle peau : c’est celle du tilapia, un poisson très répandu dans les eaux brésiliennes. Bien que le prototype soit en phase de test, les résultats, eux, sont plus que concluants.

Une méthode atypique pour soigner les brûlures

Face aux coupes budgétaires, les équipes du docteur Edmar Maciel ont dû se montrer inventives. En cherchant des solutions simples et économiques, elles se sont rendu compte des vertus du tilapia en cas de brûlure au second degré. La peau de ce poisson est en effet comparable à la peau humaine : résistance à l’humidité et présence de collagène notamment. « En étudiant la peau du poisson, nous avons été surpris de voir la grande quantité de collagène de type 1 et 3 qu’elle contenait, bien plus que dans la peau humaine ou dans d’autres types de peaux », explique le docteur Edmar Maciel, à Reuters.

La peau de tilapia a l’avantage en outre de pouvoir rester plus longtemps en place, à l’inverse des pansements classiques qui doivent être changés tous les jours, et ce dans des grandes souffrances pour les patients. Elle permet aussi d’accélérer la cicatrisation de plusieurs jours et réduit la prise d’antalgiques. Autre atout non négligeable : cette méthode réduit de 75 % les coûts de prise en charge.

Une application simple et efficace qui limite la douleur

Pour les brûlures superficielles, les médecins appliquent la peau de poisson stérilisée sur les brûlures et la laisse en place jusqu’à la cicatrisation naturelle. Pour les brûlures plus graves, les bandages de tilapia doivent être changés plusieurs fois dans la semaine. L’avantage du tipalia est que les bandes de peau  adhèrent à la plaie et créent un effet tampon. « Elles empêchent les contaminations et préviennent la sécheresse ainsi que la perte de protéines. De plus, elles restent collées à la plaie jusqu’à la guérison », explique le docteur Edmar Maciel.

Le tilapia reste un mets très consommé au Brésil, mais pour le moment sa peau est automatiquement jetée par les professionnels de l’alimentation. Les médecins aimeraient pouvoir exploiter ces rejets de façon plus systématique, en impliquant les entreprises du secteur, voire en lançant la création d’élevages dédiés. La finalité pour les chercheurs est de passer à la phase de commercialisation, afin de créer des patchs avec cette peau très prometteuse. Pour le moment les essais sur les 52 patients qui ont testé la peau de poisson, n’ont présenté que des résultats positifs. Espérons que des industriels entendront l’appel des chercheurs brésiliens pour aller plus loin !

Alice Glaz

Surprise

Perpète : quand le prêt-à-porter pour enfant pense à la planète

> Toutes les vidéos

Rappel de produit

> Tous les rappels de produit

Sur le même thème