Cantine scolaire : au moins un repas végétarien par semaine dès le 1er novembre

Publié le 5 septembre 2019 à 18:35 Demain | 484 vues

La FCPE, Greenpeace et l’Association Végétarienne de France ont fait campagne commune ce mercredi 4 septembre pour rappeler aux maires de France une de leur obligation imposée par la loi EGalim de 2018 : proposer au moins un menu végétarien dans les cantines scolaires dès le 1er novembre prochain. Explications sur les contours de la loi sur le sujet.

La loi issue des Etats Généraux de l’alimentation 2018, la loi EGalim* avait trois principaux objectifs à adresser :
– payer le juste prix aux producteurs, pour leur permettre de vivre dignement de leur travail ;
– renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits ;
– favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous.

Promulguée le 1er novembre 2018, la loi a précisé des dates butoirs claires dans un certain nombre de domaine, comme l’interdiction des touillettes et pailles en plastique dans la restauration, la vente à emporter, les cantines et les commerces alimentaires dès 2020.

Le secteur des restaurations collectives, notamment les cantines scolaires, a été particulièrement ciblé par cette loi.

Plus de qualité alimentaire dans les assiettes de nos enfants

Dans les points d’attention concernant les restaurations collectives, il ne sera plus possible de servir des bouteilles en plastique dans les cantines scolaires dès 2020. Le plastique sera également banni des cuisines : le personnel ne pourra plus utiliser des contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en plastique à partir de 2025, ce qui laisse amplement le temps aux collectivités de s’organiser pour renouveler leur matériel.

Côté qualité alimentaire, la loi impose qu’au moins 50 % de l’alimentation proposée dans la restauration collective soit de produits durables ou sous signes d’origine et de qualité (dont des produits bio) à l’horizon 2022.

Afin d’éviter le gaspillage alimentaire par ailleurs, les collectivités sont désormais autorisées à faire des dons alimentaires. Cela parait incroyable, mais la loi ne leur permettait jusque là que de jeter leur déchet à la poubelle – ce qui toutefois peut servir dans une dynamique de zéro déchet (voir notre reportage avec l’association Zéro Waste

« Moins de bidoche à la cantoche »

Une des nouvelles obligations qui entre en vigueur dès le 1er novembre 2019 est l’introduction d’un menu végétarien au moins une fois par semaine dans la restauration collective scolaire. C’est avec le slogan « Moins de bidoche à la cantoche » que l’Association Végétarienne de France, l’association de parents d’élèves La FCPE et Greenpeace ont levé la voix cette semaine pour rappeler aux maires leurs devoirs.

En effet, cela fait déjà plusieurs années que Greenpeace notamment dénonce des menus scolaires beaucoup trop riches en protéines animales : on en servirait à nos enfants deux fois trois par rapport aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). « Une aberration dangereuse pour la santé des enfants (surpoids, obésité), mais aussi dévastatrice pour la planète. A lui seul, l’élevage industriel est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial », rappelle Greenpeace sur son site internet.

Si certaines communes ont déjà pris les devants et proposent déjà des menus variés, comme la mairie de Lille, d’autres sont encore loin du compte.  Laure Ducos, chargée de campagne agriculture et alimentation à Greenpeace indiquait ainsi au micro de France Info le 4 septembre : « Il y a beaucoup de maires qui ne sont pas au courant des avancées de la loi en la matière. Donc l’idée, c’était surtout de les prévenir et de leur dire qu’il y avait des moyens mis à disposition et notamment des structures pour les accompagner dans ces changements. » Et de rappeler enfin que le menu végétarien une fois par semaine n’est pas une option, mais bien une obligation pour toutes les communes de France.

*loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous

Pour en savoir plus :
– Le texte de loi EGalim qui précise notamment :
« Art. L. 230-5-6.-A titre expérimental, au plus tard un an après la promulgation de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, pour une durée de deux ans, les gestionnaires, publics ou privés, des services de restauration collective scolaire sont tenus de proposer, au moins une fois par semaine, un menu végétarien. Ce menu peut être composé de protéines animales ou végétales.
« L’expérimentation fait l’objet d’une évaluation, notamment de son impact sur le gaspillage alimentaire, sur les taux de fréquentation et sur le coût des repas, dont les résultats sont transmis au Parlement au plus tard six mois avant son terme. »
L’Association Végétarienne de France
Greenpeace et la restauration scolaire

Eléonore Verdy

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