Ces 11 objets que nos enfants ne connaîtront jamais

Publié le 7 mars 2019 à 16:06 Pop culture | 746 vues

La génération qui va naître regardera peut être dans un musée ces nombreux objets qui jadis parsemaient notre vie quotidienne. On les fétichisait car ils représentaient la pointe de la technologie ou l’on y prêtait plus forcément attention mais maintenant qu’ils sont sortis de nos vies, ces objets souvent chargés de souvenir nous font ressentir un léger pincement au cœur. 

Ils ont construit un lien indéfectible avec notre mémoire, ont marqué notre enfance, adolescence ou une partie de notre vie d’adulte et pourtant ces objets du quotidien ont subi l’usure du temps tombant dans le gouffre abyssal de l’oubli. Le fait de se les remémorer ramènera nombre d’entre nous à des souvenirs qui paraissent dater d’hier alors que 10,20,50 ans se sont écoulés depuis leur disparition. Après une popularité fulgurante, les raisons de leur désintégration du marché sont diverses et bien souvent ces objets que nos enfants ne connaîtront jamais ont été rendu obsolètes ou ringards par d’autres qui subiront à leur tour le même sort cruel.

Le bon point :

Bon point classique

Planche à imprimer les bons points 1780

L‘origine traçable du bon point sous forme de papier remonte à 1780 date à laquelle le pasteur Oberlin confectionne une planche à impression de 48 bons points. Pédagogue révolutionnaire, Jean-Frédéric Oberlin fabriquait lui-même ses objets d’enseignement et privilégiait l’apprentissage pour les enfants en bas âge par le jeu. Plus de deux siècles avant les pédagogies modernes ! Cette pratique de la récompense concrète aujourd’hui presque disparue depuis les années 1990, ressurgit parfois si l’enseignant est au bord de la retraite ou simplement nostalgique de ses jeunes années. Le système classique consistait en l’obtention de dix bons points donnant le droit à une image donnant elle-même la possibilité au bout de dix d’entre elle de recevoir une grande image.

 

Le téléphone à cadran en bakélite :

Le téléphone en bakélite

 

Apparu dans les années 1920, le téléphone à cadran a trouvé sa place dans tous les foyers au cours des années 1970-1980. En Bakélite orange, noire, grise ou marron, il était parfois revêtu d’une housse en velours kitch qui prenait la poussière. Impossible de le perdre au fond de son sac à main comme les smartphones ; pour le retrouver, il suffisait de suivre le fil. Passer un appel avec un téléphone à cadran était une tâche qui demandait patience et concentration. Il fallait attendre la tonalité avant de composer les numéros de 0 à 9 en tournant le cadran dans le sens des aiguilles d’une montre. Arrivé à la butée, on retirait le doigt et le disque rotatif reprenait sa position initiale. Pour le numéro 9, cela prenait un temps fou. Gare aux infortunés dont le doigt dérapait à la dernière rotation ! Il leur fallait alors tout reprendre à zéro. Pas de touche bis pour rappeler son interlocuteur. Pas non plus de touche haut-parleur pour faire participer ses voisins à la conversation. Seulement un petit écouteur à l’arrière du téléphone. Et bien entendu pas de connexion Internet 4G…

La cabine téléphonique :

Cabine téléphonique à la campagne

Cabine téléphonique à Paris

Alors que l’on comptait 300 000 cabines téléphoniques à leur apogée en 1997, le téléphone portable a rendu presque totalement obsolète ce dispositif qui pouvait se révéler bien pratique autrefois. Les premiers téléphones portables Dynatac 8 000 d’une autonomie de 30 minutes pour 10h de chargement coûtait la modique somme de 4 000 dollars ne relevant clairement pas le défi de la téléphonie portable pour le grand public dans les années 1980. En revanche, le développement de téléphones portables véritablement grand public dans les années 1990 accéléra sévèrement la chute inexorable de nos chères cabines téléphoniques. Mis à part les espions, les paranoïaques et les journalistes, peu de gens utilisaient encore les publiphones entraînant par conséquent leur suppression le 1er janvier 2018. Il en resterait toutefois encore 300 dans des villages situés dans les zones blanches, c’est-à-dire non-couvertes par le réseau mobile.

Le minitel :

Premier modèle de minitel

Modèle relativement récent de minitel

C‘est en France qu’a été créé la première messagerie instantanée grand public au monde en 1982 suite à un piratage du minitel lancé par les PTT ancêtre de la poste et de France Télécom. Cette fonctionnalité authentiquement révolutionnaire à l’époque occupe 85 % du trafic, à côté du 36 11 permettant d’accéder à l’annuaire téléphonique ou du minitel rose qui fit la fortune de Xavier Niel à ses débuts. C’est avec l’arrivée d’internet que le minitel a perdu de sa superbe. Le fameux objet est même accusé d’être responsable du retard de la France dans sa connexion dans les années 1990. Devenant de moins en moins concurrentiel face au web, du fait d’un réseau dont la vitesse a stagné comparé à son rival, de la vitesse de démarrage des ordinateurs de plus en plus élevée, le minitel a résisté tant bien que mal aux assauts de la modernité jusqu’en juin 2012 pour rejoindre le cimetière des éléphants de silicium.

La disquette :

La disquette rétrécit d’année en année

Souvenez-vous de ce carré fragile et capricieux. Les premières disquettes inventées par IBM en 1967 furent lancées au format 8 pouces. Elles ne pouvaient stocker que 80 ko. Soit une petite image de mauvaise qualité. Année après année, elles ont rapetissé passant de 5,25 pouces à 3,5 pouces. De nombreux utilisateurs ont rapporté la survenue de violentes migraines pour avoir eu l’audace d’y enregistrer un programme trop volumineux. On a également recensé beaucoup de victimes du syndrome de la soudaine perte des données. Ah, ces moments de solitude quand, en insérant la disquette dans le lecteur, un message nous indiquait qu’elle était illisible ! Avec la sophistication des logiciels, la disquette a rapidement montré ses limites au niveau de sa capacité de stockage. Remplacée par la clé USB, beaucoup plus pratique, elle a officiellement fait ses adieux en 2011. Pourtant, elle n’a pas totalement disparu. Du moins son pictogramme. En effet, c’est toujours sur une disquette que l’on appuie pour sauvegarder un document.

Le laserdisc :

Le laserdisc, ce support incompris

Premier modèle de stockage optique de la taille d’un vinyle 33 tours accessibles au grand public, le laserdisc ne rencontra que peu de succès auprès du grand public et fut cantonné durant son existence aux cinéphiles ou aux professionnels de la vidéo. Commercialisé en 1978, l’ancêtre du CD et du DVD relevait de la prouesse technologique à l’époque de sa sortie, offrant une qualité d’image bien supérieure aux cassettes VHS. Le support permettait bien avant le DVD de naviguer de chapitre en chapitre, mais aussi d’apposer des sous-titres sur les films. Pour couronner le tout, le laserdisc possédait une durée de vie presque illimitée. Alors pourquoi cet objet si parfait n’a pas eu le succès escompté ? Tout d’abord son prix : l’équivalent de 60 euros aujourd’hui à l’unité et pas moins de 650 euros pour un lecteur. Dans ces dernières versions, chaque face pouvait contenir au maximum 60 minutes d’image. Pour terminer un film, il fallait donc retourner le support. Même si les derniers lecteurs furent équipés d’un système de lecture des deux faces, l’arrivée du DVD, son enfant légitime, sonna le glas au début des années 1990 du laserdisc, ce génie incompris.

La machine à traitement de texte :

Modèle Wang de machine à traitement de texte

Modèle Toshiba de machine à traitement de texte

L‘idée trouverait peut-être un nouveau succès aujourd’hui. La machine à traitement de texte pourrait se définir comme le chaînon manquant entre la machine à écrire et l’ordinateur de bureau muni d’un logiciel de traitement de texte. La plus célèbre et aboutie d’entre toutes ces machines, la Wang, demeure dans le cœur des salariés des années 1970. Munie d’un clavier classique et d’un petit écran sur lequel les textes s’affichaient. L’enregistrement se faisait directement sur des disquettes de 13 cm de côtés spécialement créées pour ce produit révolutionnaire en son temps. L’arrivée des PC a précipité la chute de cet objet vers la fin des années 1980 et l’entreprise elle-même qui essaya de prendre le virage de l’ordinateur personnel, échoua pour se retrouver finalement en cessation de paiements en 1992. Il semble qu’avec toutes les possibilités que proposent aujourd’hui nos ordinateurs portables, une machine à traitement de texte permettrait de n’être jamais distrait lors de la rédaction d’un texte demandant une grande concentration. 

La tablette Newton :

La Newton d’Apple

Le rival et successeur de Newton, Palm pilot

La tablette Newton préfigura à bien des égards ce que nos grands-parents appellent aujourd’hui, la « plaquette » ou le « tableau tactile », l’Ipad. De la taille d’un smartphone, et deux ou trois fois plus épais, le newton Messagepad est lancé par Apple en août 1993. L’outil à l’écran monochrome sert principalement d’agenda électronique transformant l’écriture graphique à l’aide d’un stylet en format texte à l’aide d’un logiciel de reconnaissance d’écriture. La tablette servait de pense bête pour les parents, mais aussi d’outil de dessin lorsque les enfants s’en emparaient initiant peut-être chez certains une carrière de graphiste. La firme à la pomme s’est révélée trop en avance sur son temps puisque l’objet ne rencontra pas le succès attendu et aggrava les problèmes financiers de l’entreprise qui mit fin à cette branche de son activité en 1998. La suite est connue, le génie marketing de Steve Job donnera enfin ses heures de gloire à la tablette tactile à partir de 2010 avec la sortie de l’Ipad. 

L’ardoise magique :

L’ardoise magique

et sa maîtrise difficile…

Commercialisée en France en 1960 par la société au nom fleurant bon l’amusement, Jouets Rationnels, l’ardoise magique est inventée en 1959 par le Français André Cassagnes. Fonctionnant grâce à une poudre métallique réagissant à deux aimants gérés par deux molettes, l’ardoise magique connut un succès phénoménal en se vendant à plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde. Le jouet a probablement inspiré de nombreuses carrières d’art abstrait tant il était difficile à manier surtout lorsqu’il s’agissait de créer des courbes. Non pas moins amusant, l’objet a souvent été imité, mais jamais égalé notamment avec l’arrivée de stylets qui enlevèrent le challenge presque insurmontable de faire de beaux dessins avec deux molettes proprement ingérables. Pour effacer un dessin, il suffisait de secouer le boîtier pour retrouver une page blanche. Encore, aujourd’hui, il semblerait que certains ne soient jamais sortis de l’enfance développant une dextérité sans pareil sur ce jouet. Vous pouvez admirer ces œuvres ici.     

Gjøltrold :

Les premières troll dolls sont danoises

Un célèbre modèle

Peu de gens connaissent l’exceptionnelle histoire danoise des trolls dolls. C’est en 1959 qu’un bûcheron du nom de Thomas Dam taille une poupée dans du bois à l’image d’un troll, bête issue des légendes scandinaves. Ce qui n’était à l’origine qu’un cadeau fait maison pour sa fille à cause d’un manque d’argent est devenu un succès dans le village où tous les petits Danois voulurent s’en procurer une lançant l’aventure de ces poupées que plusieurs générations ont chouchoutés. Alors que les droits des célèbres poupées ont fait l’objet d’un long combat juridique, la société dreamworks a même sorti un film en 2016 commercialisant de nouvelles poupées à cette occasion sans reprendre le visage déformé des petits trolls qui faisait leur originalité.

L’ordi-mini :

Ordi-mini 1984

Ordi-mini 1987

L‘évocation de l’ordi-mini de Nathan sorti en 1984 vous fera ressentir un léger frisson de nostalgie. « hin hin C‘est faux », « Un point, continue !« , deux phrases et deux sons restés gravés dans les mémoires des enfants des années 1980-1990. L’ordi-mini se présentait comme l’équivalent d’un ordinateur portable en plastique grossier, sur lequel il suffisait de placer des fiches plastifiées et d’appuyer sur le bouton de démarrage de chaque fiche pour commencer à jouer à 20 jeux différents. Consciente de l’importante portée affective de son jouet, l’entreprise Nathan a décidé de créer une version en ligne de son jouet pour une petite session d’amusements régressifs. 

Peste soit du temps qui passe, des années qui filent à toute vitesse empoussiérant nos vieux objets qui renferment tant de souvenirs. Rien ne vous empêche toutefois d’aller faire un tour sur Ebay, ou d’autres plateformes de ventes en ligne où pléthores d’objets dans le genre sont disponibles. Certains d’entre eux ont pris une valeur considérable. 

 

Martin Dawance

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