Comment l’énergie solaire pourrait rendre l’eau potable

Publié le 9 juillet 2019 à 17:22 Demain | 425 vues

A l’heure où la raréfaction de l’eau fait l’objet de conflit à travers certaines zones en pénurie, des chercheurs de l’université d’Austin mettent au point un système de désalinisation peu coûteux et écologique.  

L’OMS estime que 844 millions de personnes ne disposent pas d’un service d’alimentation en eau potable quand 159 millions d’entre elles doivent faire usage des eaux de surface. Un chiffre qui ne devrait pas diminuer puisque les prévisions ne sont guère plus joyeuses. En 2025, plus de la moitié de la population mondiale connaîtra un stress hydrique, c’est-à-dire une demande en eau supérieure aux ressources géographiquement disponibles.

Pourtant, une technique de désalinisation et de purification de l’eau assez ancienne pourrait changer la donne : il s’agit de la distillation solaire dont les prémices datent de 1872 avec l’installation d’un alambic solaire de 4 700 m2 à las Salinas au Chili, permettant une production de 4,9 litres d’eau par m2. La technique consiste, à petite échelle, à enclencher l’évaporation de l’eau pour en extraire le sel et les impuretés et de la recondenser pour récupérer des gouttes d’eau pure. 

Une technologie délaissée

Ce procédé est tombé quelque peu dans l’oubli au profit de techniques de filtrage beaucoup plus coûteuses et relativement polluantes, mais très efficaces. En effet, les filtres au graphène permettent, par exemple, de produire 65 litres d’eau potable par m2 en une heure. Très populaire au Moyen-Orient, notamment dans les pays du Golfe et en Israël, ce protocole, également nommé osmose inversée rejette tout de même 141,5 m3 d’eau saturée en sel perturbant les écosystèmes dans lesquels elles sont rejetées provoquant des carences en oxygène de certaines parties des fonds marins ainsi qu’un brouillard de sel dans les eaux amoindrissant la photosynthèse de végétaux présents. L’osmose inversée se révèle donc problématique à deux titres. Au niveau écologique, mais aussi à cause de son caractère coûteux pour des pays en voie de développement qui nécessitent des recours plus économes.

Un matériau révolutionnaire

Pour l’heure, les systèmes d’alambic solaire non-industriel disponibles dans le commerce offre la possibilité de produire 0,3 litre d’eau par heure et par m2. Une quantité bien insuffisante puisque qu’un seul être humain a besoin d’en moyenne 3 litres d’eau par jour pour vivre. Cette approche n’a pourtant pas dit son dernier mot grâce aux matériaux développés par Guihua Yu, un des chercheurs les plus cités au monde en 2018 pour ses nombreux succès dans le domaine des nano-matériaux. Le système fonctionne comme un distillateur classique au détail près que le docteur Yu et son équipe y ont ajouté un matériau nano-structuré à base d’alcool polyvinylique et de polypyrrole rendant l’évaporation beaucoup plus efficace. La structure permet de purifier 3,2 litre d’eau par m2 par heure. Ainsi, une journée de fonctionnement à 94 % d’irradiation par le soleil produirait 18 à 23 litre d’eau ! De plus, les polymères utilisés dans la structure ont l’avantage d’être bon marché ce qui laisserait entrevoir un déploiement à grande échelle de cette technologie révolutionnaire pour les pays en voie de développement. 

Liens utiles :
Le résultat des recherches de l’université d’Austin 

Martin Dawance

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