Des crevettes pour vérifier le taux de pollution des cours d’eau

Publié le 23 octobre 2017 à 14:01 Aujourd'hui | 1124 vues

L’entreprise française Biomae a réussi à mettre au point un système permettant de contrôler le taux de pollution d’un cours d’eau. Pour cela, elle utilise des crevettes d’eau douce.

La pollution ne concerne pas que l’atmosphère. Comme le révèle une récente étude de l’UFC-Que choisir, plus de la moitié des cours d’eau et 73% des nappes phréatiques ont une teneur en nitrates trop élevés et donc sont pollués. Et si, afin d’enrayer ce fléau, la clef n’était pas nos amis les bêtes ? C’est du moins ce que pense l’entreprise lyonnaise Biomae. Cette dernière utilise des crevettes d’eau douce ou « gammares » afin « d’évaluer la contamination chimique des milieux aquatiques » et « analyser les effets toxiques des contaminants ».

Changement de comportement en cas de pollution

Ces petites crevettes, mâles et femelles d’un centimètre, sont élevées en aquaculture. Elles sont ensuite calibrées afin qu’elles aient toute la même taille. Placés dans des caisses en plastique avec des trous, les gammares sont ensuite introduits dans des rivières, lacs et autres cours d’eau pendant une durée de 7 à 21 jours. Concrètement, les crevettes sont relâchées dans différents points comme en amont ou en aval d’un rejet industriel, ou encore avant ou après un lâcher de barrage. Le but est de voir ce qui contamine ces eaux et en quelles quantités. Durant cette période, elles vont agir comme une éponge. Après cela, elles sont emmenées en laboratoire, tuées, lyophilisées et analysées. Elles permettent de révéler ou non la présence de polluants dans le milieu où elles ont été immergées. Pour cela, les chercheurs de Biomae vont regarder si les crevettes ont changé de comportement. « Quand elles sont exposées dans le milieu du contaminant chimique, elles vont arrêter de s’alimenter », explique à FranceInfo le cofondateur de la start-up Guillaume Jubeaux.

Si ce type de crevette a été sélectionné par Biomae, ce n’est pas pour rien. Selon l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea), partenaire de Biomae, le gammare « est une espèce abondante et commune dans la plupart des rivières françaises. Contrairement aux poissons, il est aisé de la capturer ». Et ajoute : « Quant à son régime alimentaire, il est des plus rudimentaires puisque le gammare se nourrit exclusivement de débris animaux et végétaux. Ces avantages simplifient ainsi les tests en laboratoire et sur le terrain nécessaires pour l’évaluation de la pollution dans les cours d’eau ».

Crédit : Irstea – B. Jubeaux

Marie Bascoulergue

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