Culture du poireau : tout savoir pour ne pas « botter » en touche

Publié le 9 juin 2017 à 9:10 Aujourd'hui | 1648 vues

Le poireau est l’un des légumes les plus populaires. On l’apprécie pour son goût particulier mais aussi pour ses bienfaits sur la santé. S’il trouve sa place dans presque tous les potagers, sa culture n’est pourtant pas si simple, notamment pour les débutants. Pour tout savoir sur le poireau, suivez le guide !

Entre les salades, les pommes de terre, les tomates et les courges, s’il y a bien une star au potager, c’est bien le poireau. On le retrouve d’ailleurs toute l’année. Apprécié pour ses qualités gustatives, le poireau est un légume de la famille des Alliacées (anciennement Liliacées), proche parent de l’ail et de l’oignon (ou ognon selon la réforme orthographique, à vous de choisir). En salade, en tarte ou en soupe, il est un inconditionnel en cuisine, et ce depuis des siècles. Originaire des régions méditerranéennes, probablement du Proche-Orient, il était déjà cultivé par les Romains et les Égyptiens. En France, c’est au Moyen Âge que le poireau prit toutes ses lettres de noblesse. Il était l’incontournable des soupes, et il le restera d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui.

Aussi bon pour les papilles que pour la santé

Outre sa saveur particulière, ce légume est aussi reconnu pour ses vertus sur la santé. Riche en vitamine C et E, provitamine A, antioxydants, minéraux et en fibres, le poireau facilite également le transit intestinal. Il est aussi un excellent diurétique dû à la présence de fructosane. Et ses bienfaits sont nombreux. L’empereur romain Néron fut surnommé le « porrophage » car il en consommait, paraît-il, de grandes quantités pour s’éclaircir la voix. Très peu calorique (seulement 27Kcal pour 100g et 4g de glucides), il est considéré comme un légume minceur. Aujourd’hui, on le retrouve dans beaucoup de recettes pour traquer les kilos en trop et retrouver une jolie silhouette. Bref, vous l’aurez compris, le poireau est un vrai allié pour nos papilles et notre santé.

Semis : comment procéder ?

Vedette des potagers, le poireau est un légume simple à cultiver pour les jardiniers avertis. En revanche, pour les débutants, la tâche peut s’avérer plus compliquée. Il demande également beaucoup de patience. Eh oui, le poireau nous fait bien « poireauter ». Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe plusieurs variétés de poireaux. Et cela est très important puisque la période de culture ne sera pas la même. On distingue en effet des variétés précoces (été, printemps) et tardives (automne, hiver). De quoi avoir des poireaux toute l’année.

La période des semis s’étale de février à septembre. Les poireaux d’été se sèment entre février et mars, se repiquent généralement en mai et se récoltent entre le mois de juin et d’août. Les poireaux de printemps se sèment à la fin du mois d’août. Les poireaux d’automne se sèment d’avril à mai, se repiquent en mai-juin et se récoltent à partir d’octobre. Enfin, les poireaux d’hiver se sèment entre mai-juin pour une récolte à partir du mois de décembre.

Le semis peut s’effectuer directement en place à partir du mois de mai, lorsque les températures le permettent. Ce qui est donc possible pour les poireaux d’hiver et de printemps. Dans ce cas, espacez les sillons d’au moins 20 centimètres. Lorsque les plants auront atteint une hauteur d’environ 10 centimètres, il faudra éclaircir pour ne garder qu’un seul plant.

Pour les autres variétés (mais cela peut tout aussi bien s’accorder avec les poireaux d’hiver de printemps), la technique conseillée est de semer vos poireaux en terrine ou en pépinière. Pour les novices, la pépinière est un endroit du potager réservé aux semis. C’est ici qu’ils effectuent leur croissance pour ensuite être repiqués à leur emplacement définitif. Pour germer, les graines ont besoin d’une température d’au moins 10 degrés. Pour les semis précoces (dès février), la terrine est vivement conseillée. Installez dans le fond une couche drainante de 2 à 3 centimètres d’épaisseur (avec des cailloux ou des billes d’argile) puis recouvrez la couche de terreau spécial semis. Incorporez les graines de façon homogène et tassez le tout pour que les graines se collent bien au terreau. Arrosez légèrement et régulièrement jusqu’à la levée. N’oubliez pas d’installer dans un endroit protégé du froid et où la température se situe environ à 15-18 degrés.

Les semis en pépinière s’effectueront, eux, à partir du mois d’avril. Préparez bien votre terre (aérer le sol, mettre du compost, enlever les mauvaises herbes, etc.) Ensuite tracez des sillons d’1 centimètre de profondeur, espacés d’au moins 5-10 centimètres. Ici, il faudra semer clair, soit une graine chaque centimètre environ. Recouvrez de terreau les sillons, tassez et arrosez. Enfin, arrosez régulièrement de façon à garder la terre humide et jusqu’à ce que les poireaux lèvent. Cela peut prendre trois semaines avant de voir apparaître les premières feuilles.

Dans tous les cas, il faudra éclaircir au moment de la levée. Le repiquage au potager interviendra une fois qu’ils auront atteint la taille d’un crayon. Et cette étape est aussi une autre affaire. Mais pas de panique, c’est relativement simple.

Plantation

Avant de les planter, les jeunes poireaux ont besoin d’un petit lifting. Après les avoir sortis de terre, il faudra les habiller, c’est-à-dire qu’il faudra tailler les racines et les feuilles en ne laissant qu’une petite partie de la longueur afin de favoriser la production de nouvelles racines et de limiter l’évaporation de l’eau par les feuilles. Certains jardiniers font aussi tremper quelques minutes les plants dans une solution légèrement javellisée pour éliminer les parasites (vers du poireau). Concernant le sol, les poireaux apprécient les terres fraîches, profondes, bien drainées et humifères. Si votre terre est pauvre, apportez un peu de compost.

Dans votre potager, creusez des lignes de 10 à 15 centimètres de profondeur. Ces dernières devront être espacées d’au moins 25 centimètres les unes des autres ou des autres rangées de légumes. Plantez ensuite les poireaux (15 centimètres entre les plants) en laissant leur partie verte, puis tassez la terre autour. Ne reste plus qu’à arroser au pied de chaque plant. N’hésitez pas à avoir recours à un paillage afin de garder la fraîcheur et l’humidité du sol. Un apport d’engrais favorisera aussi sa croissance.

Pensez à leurs compagnons ! Les poireaux apprécient la compagnie des carottes, du céleri, fraisier, de l’oignon, de la tomate, de la laitue, de la mâche ou encore de l’asperge. En revanche, ils ne s’entendent pas bien avec les choux, les pois et les haricots.

Conseils : pour favoriser le blanchiment des poireaux, il faut butter régulièrement le pied. Cela consiste à ramener la terre au pied du plant pour créer une petite butte. Évitez de trop arroser. Les poireaux n’ont besoin d’eau qu’en cas de fortes chaleurs ou de sécheresse prolongée.

Pas envie de semer ? Il est tout à fait possible d’acheter directement des plants en godets en jardinerie. Cela n’est pas très avantageux car un godet ne contient qu’un pied. Privilégier donc ceux vendus en bottes. Pour les planter, c’est la même technique décrite précédemment.

Maladies et parasites

Le poireau est particulièrement sensible au mildiou, à l’oïdium, aux pucerons mais il redoute surtout le ver et la teigne du poireau. La teigne est un papillon gris avec des taches blanches qui pond ses larves sur le feuillage. Ces derniers creusent ainsi des galeries et arrivent dans le fût du poireau qui finit par pourrir. Si vous observez une attaque, coupez les feuilles immédiatement. Autre ennemi : la mouche mineuse, un insecte redoutable qui fait son apparition au printemps et à l’automne.

Pour prévenir les maladies, espacez bien les plants entre eux.

Aveclogo_mip

Marine VAUTRIN

  1. Es que le poireau est bien pour le collant

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