D’anciens guérilleros veulent convertir le Salvador à l’agriculture bio

Publié le 17 novembre 2017 à 16:58 Aujourd'hui | 1167 vues

Depuis quelque temps, d’anciens guérilleros réapprennent aux paysans comment produire sans les pesticides de Monsanto. Le pays souhaite nourrir sa population avec du bio.

Dans le secteur agricole, l’utilisation de produits chimiques est monnaie courante. Ces derniers protègent la production contre des dangers extérieurs, comme les insectes, et permettent un meilleur rendement. Ce sont les produits de Monsanto qui sont les plus utilisés dans le monde et notamment le célèbre Roundup. Depuis plusieurs années, les défenseurs de l’environnement dénoncent la toxicité de ce produit chimique et principalement le glyphosate, ainsi que les mensonges du géant de la biotechnologie agricole. L’entreprise aurait d’ailleurs fait paraître des articles coécrits par ses employés et signés par des scientifiques pour contrer ces informations. Au sein de l’Union Européenne, les membres de la Commission doivent prochainement statuer sur le renouvellement de la licence du glyphosate, qui arrive à expiration le 15 décembre prochain.

Au Salvador, la question ne se pose plus puisqu’il est interdit depuis quatre ans. Ce petit État d’Amérique centrale est en train de chasser les pesticides et les semences internationales afin de nourrir sa population avec des produits bio. Cette petite révolution a eu lieu grâce à d’anciens guérilleros qui sont actuellement au pouvoir. Ces derniers apprennent aux agriculteurs à cultiver sans produits chimiques après avoir fait interdire 70 pesticides, dont tous ceux de Monsanto. « C’est vrai qu’on leur enseigne des méthodes très basiques et faciles mais ils ne les connaissaient plus », explique à France 2 l’ingénieur à la mairie de Cinquera Santos Leone Sibrian.

Toxique mais plus rentable

Dans les montagnes du Salvador, les paysans reviennent donc à des méthodes plus anciennes, en utilisant des sels minéraux comme fertilisants naturels par exemple. Même si certains prennent conscience que Monsanto peut rendre malade, certains agriculteurs remarquent que bannir ces produits n’est pas rentable. « On perd de l’argent », explique Manuel Antonio Abalinga. « Avec les produits chimiques notre production serait plus abondante », poursuit-il. D’ailleurs, même quand l’État envoie gratuitement des sacs de semences, beaucoup ne sont pas convaincus. À France 2, un paysan explique que cette aide matérielle de l’État rapporte deux fois moins d’argent. Avec Monsanto, les épis sont plus grands et plus réguliers. Le rendement est donc meilleur. D’ailleurs, il est même prêt à mettre le prix, s’il avait les moyens, pour acheter uniquement des semences Monsanto. Or, un sac coûte en moyenne 150 €.

Pour l’heure, aucun chiffre fiable ne permet de connaître le nombre d’exploitations qui se sont converties au bio, mais le pays espère atteindre une agriculture auto-suffisante et saine. Un rêve pour les guérilleros. « On a l’habitude de lutter ici. On a eu une guerre et maintenant c’en est une autre », déclare l’un d’entre eux.

Marie Bascoulergue

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