Europe : des phtalates dans 20 % des jouets testés

Publié le 16 février 2018 à 14:56 Aujourd'hui | 769 vues

En Europe, près d’un produit de consommation sur cinq contient des substances de synthèse ou des métaux lourds interdits par le règlement Reach. Les jouets pour enfants comptent parmi les plus touchés : 20 % d’entre eux contiennent des phtalates, classés perturbateurs endocriniens.

Selon un rapport rendu public mardi 13 février par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), le constat est alarmant. L’ECHA, basée à Helsinki en Finlande, a vérifié la présence de quatorze substances chimiques considérées comme les plus dangereuses pour la santé dans 5 625 produits utilisés au quotidien dans 27 pays de l’Union Européenne. Cuir, bijoux, vêtements, produits de bricolage… Rien n’a été épargné, ni même les jouets pour enfants. L’étude a relevé la présence de phtalates chez 20 % d’entre eux, un taux « très élevé » selon l’agence et supérieur à la législation. Et pourtant, cette substance chimique permettant d’assouplir les matières plastiques a été classée dans la liste des perturbateurs endocriniens interdits depuis plusieurs années. En effet, exposer de jeunes enfants aux DEPH, DBP et BBP, les trois phtalates recherchés, est problématique. Ceux-ci interfèrent avec leur système hormonal : infertilité, malformations génitales… Mais pas seulement. Les phtalates ont également un effet néfaste sur le métabolisme et le neurodéveloppement. Il avait déjà été prouvé que les perturbateurs endocriniens affectent le comportement des garçons. C’est pourquoi le règlement Reach interdit la commercialisation de produits pour enfants si le taux de phtalates dépasse les 0,1 %.

Du plomb, de l’amiante et du mercure

L’étude a également révélé que 14 % des produits d’occasion comme les plaquettes de freins contenaient de la fibre d’amiante. « Ces derniers ont probablement été fabriqués avant l’interdiction de l’amiante sur le marché », souligne l’ECHA. Près de 12 % des bijoux testés comportaient du cadmium (métal cancérogène), du plomb ou du nickel tandis que 13 % des vêtements ou accessoires en cuir renfermaient du chrome VI (substance cancérogène).

Des comparaisons délicates

Il est important de souligner que la provenance de certains articles non conformes n’a pu être établie alors que 40 % d’entre eux présentent des taux anormaux de substances interdites. Par ailleurs, 17 % des objets testés ont été importés de Chine tandis que 10 % étaient issus d’un pays de l’Union Européenne. Pour cette étude, les inspecteurs ont analysé des produits qu’ils suspectaient non conformes à la législation. L’ECHA souligne : « Les résultats ne doivent donc pas être vus comme représentatifs du marché dans son ensemble. Il s’agit là de la première inspection de cette ampleur et nous devrions la répéter dans quelques années et conduire des analyses sur les mêmes produits, en recherchant les mêmes substances, pour détecter une possible amélioration de la situation. »

Cindy Angot

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