Fourrure de luxe : L214 dénonce les conditions de vie des lapins

Publié le 19 décembre 2017 à 14:57 Aujourd'hui | 771 vues

L’association de protection animale L214 a publié ce mardi 19 décembre 2017 une nouvelle vidéo dans laquelle elle dénonce la fourrure de luxe. Elle condamne les conditions d’exploitation des lapins Orylag dans trois sites d’élevage. 

À peine quelques jours après avoir exigé la fin de l’élevage des poules en cage, l’association de protection animale L214 frappe de nouveau. Dans une enquête accompagnée d’une vidéo, qui a été publiée ce mardi, elle montre l’envers du décor de la fourrure du luxe, notamment en pointant du doigt les conditions d’élevage des lapins Orylag. Elle dénonce également plusieurs grandes marques comme Dior, Fendi ou encore Dolce & Gabana qui utilisent ces fourrures. Cette enquête, effectuée entre septembre et novembre 2017, a été réalisée dans 3 sites élevant des lapins Orylag. Parmi lesquels un élevage dans les Deux-Sèvres, un autre à Vandré (Charente-Maritime) et un dernier à Saint-Saturnin-du-Bois (Charente-Maritime). Le lapin Orylag est « une race exclusivement élevée en cages de batterie, mise au point par l’INRA [Institut national de la recherche agronomique] pour sa fourrure de luxe », explique L214.

L’association L214 a décidé de porter plainte pour mauvais traitement contre les élevages et l’INRA auprès du Tribunal de Grande Instance de Niort et de La Rochelle. À travers une pétition disponible ici, l’association exhorte à Dior, Fendi et Dolce & Gabana de renoncer à utiliser de la fourrure. Dans un communiqué, elle demande également à l’INRA de cesser « d’utiliser des fonds publics pour l’entretien et le développement des intérêts privés d’une filière liée à l’industrie du luxe ».

Maladies, blessures et mauvaise nutrition

Dans cette vidéo de plus de neuf minutes (voir ci-dessous), on peut voir des lapins dans de minuscules cages métalliques grillagées. Ces dernières comportent aucun aménagement hormis une mangeoire et un abreuvoir. Le sol de certaines cages est recouvert de plastique appelé « repose-pattes ». Tous les box sont enfermés dans une sorte de hangar, ce qui empêche les animaux de voir la lumière du jour. Durant la période d’engraissement, les lapins sont confinés de 9 à 13 semaines dans des cellules individuelles aux « parois latérales opaques, qui les privent de tout contact, même​ ​visuel,​ ​avec​ ​leurs​ ​congénères​ ». Leurs cages ne disposent pas de matériau pour qu’ils puissent ronger quelque chose et sont tellement petites que les bêtes ne peuvent pas faire des bonds ou se lever à la verticale.

Dans ces élevages, les lapins sont sujets à un « stress chronique », ce qui favorise l’apparition de maladies. D’ailleurs, certains développent des pathologies comme le « syndrome vestibulaire », une atteinte de l’oreille interne qui perturbe leurs déplacements. Pire encore, les barreaux étant métalliques, ils peuvent s’immiscer dans les doigts des lapins et les blesser, notamment en provoquant des pododermatites ulcératives, ce qui entraîne des infections et des abcès. Quant à l’alimentation, les lapins de ces trois sites sont privés de foin, de verdure et de pâturage et doivent se contenter de granulés. Pourtant, la Fédération des Vétérinaires d’Europe FVE estime que « ​les​ ​lapins ont​ ​besoin​ ​d’une​ ​alimentation​ ​à​ ​teneur​ ​en​ ​fibres​ ​élevée​ ​(foin​ ​ou​ ​herbe)​ ​pour​ ​prévenir​ ​les maladies​ ​gastro-intestinales​ ​et​ ​respiratoires ». De son côté, le Parlement européen a également affirmé que l’alimentation a une incidence importante sur le bien-être et la santé des animaux et considère donc que les lapins devraient avoir accès en permanence à une alimentation équilibrée comportant une ration adéquate d’aliments fibreux ».

Les conditions d’élevage de ces lapins Orylag ne s’arrêtent pas là. Ces derniers font partie des animaux « les plus exposés aux antibiotiques ». « D’après les chiffres de l’ANSES de 2016, ils reçoivent 7 fois plus d’antibiotiques que les cochons, et 10 fois plus que les volailles, qui sont eux-mêmes sur le haut de la liste », explique L214 dans son enquête. Dans l’un des élevages, les lapins, dont l’espérance de vie est de 17 à 21 semaines, se voient administrer deux vaccins, trois antibiotiques et un anthelminthique. Des insecticides, virucides et des bactéricides sont également utilisés afin de réduire la propagation de maladies. Face à ces conditions de vie, entre 25% et 30% des lapins meurent avant l’âge de 18 semaines. Pire encore, une fois que ces lapins n’ont plus « d’utilité », vers leurs 4 mois et demi, ils sont envoyés à l’abattoir dans lequel ils sont tués à la chaîne à raison de 100 lapins par heure.

Les marques s’engagent contre la fourrure

Dans le monde de la mode, la fourrure est monnaie courante. Cependant, de plus en plus de marques renoncent à son utilisation. Certaines enseignes ont officialisé cet engagement auprès de l’Alliance Sans Fourrure (Fur Free Alliance) ou de Mode Sans Fourrure. Parmi les marques engagées, Desigual, Etam, Stradivarius, Azzaro, Armani ou encore Cache Cache. En octobre dernier, le président de la marque italienne Gucci a annoncé que sa marque n’utilisera plus de fourrure animale à partir de l’année prochaine. Les dernières pièces seront vendues aux enchères et l’argent reviendra à des organisations de défense des droits des animaux comme Humane Society International (HSI) et LAV (association italienne). Plus récemment, c’est la marque Michael Kors, célèbre pour ses sacs à main, qui a franchi le cap. D’ici à la fin de l’année 2018, la marque souhaite arrêter de vendre des produits en fourrure. Dans un communiqué relayé par Business Of Fashion (en anglais), le président de l’enseigne a déclaré : « C’est le début d’un nouveau chapitre pour notre entreprise, qui continue de faire évoluer l’utilisation de matériaux novateurs ».

Vous pouvez retrouver la liste des marques ne vendant plus de vraie fourrure ici et celle qui en vendent ici.

Marie Bascoulergue

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