Glyphosate : 54 députés LREM demandent son interdiction rapide

Publié le 23 octobre 2017 à 11:16 Aujourd'hui | 676 vues

Dans une tribune publiée dimanche 22 octobre, 54 députés de La République en Marche plaident pour une interdiction « le plus rapidement possible » de l’herbicide dans l’Union européenne.

Faut-il renouveler la licence du glyphosate dans l’Union européenne ? Les pays de l’UE doivent se prononcer mercredi 25 octobre. La France a déjà fait savoir sa position et votera contre la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans cette substance active qui entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto. Et ce, « en raison des incertitudes qui demeurent sur sa dangerosité ». Sa nocivité divise en effet la communauté scientifique. En 2015, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait inscrit la substance comme cancérogène « probable ». Un avis contredit par les agences européennes, (l’EFSA et l’ECHA) qui avaient, elles, estimé qu’il n’y avait pas de raison de la classer comme telle.

« Un calendrier court et réaliste »

Pour 54 députés de La République en Marche, ce produit jugé « nocif » par ces derniers « doit être abandonné ». « Nous, députés de La République en marche, demandons une interdiction de la commercialisation du glyphosate et de son utilisation le plus rapidement possible », écrivent-ils dans une tribune au Monde, demandant aux autres pays de l’Union européenne de suivre la position « responsable » de la France. Parmi les signataires :  Matthieu Orphelin, ex-bras droit de Nicolas Hulot dans sa fondation, le professeur en médecine Jean-Louis Touraine ou encore l’ex-ministre de l’Écologie Barbara Pompili. Pour ces derniers, « sortir du glyphosate, tout en accompagnant comme il se doit les agriculteurs dans cette transition, dans un calendrier court et réaliste, est un bon compromis ».

Les signataires demandent de voter contre le glyphosate « pour préserver notre santé », « pour notre planète » et « pour accompagner notre agriculture ». « Parmi les défenseurs du glyphosate, l’argument qui revient en boucle est qu’il évite les passages mécaniques avant la mise en culture suivante. C’est effectivement le cas. Mais que voulons-nous vraiment ? Continuer dans un système totalement dépendant des produits chimiques et qui arrive à bout de souffle – un système qui rend les agriculteurs asservis à l’agro-industrie –, ou alors inventer une agriculture d’excellence, qui combine qualité nutritionnelle, respect de l’environnement et santé publique ? », demandent-ils. Selon les députés, « il est de notre devoir d’accompagner les agriculteurs dans cette transition ».

Les signataires appellent aussi à voter contre « au nom des valeurs de la France : soyons à la hauteur de l’enjeu et de l’attente des Français en prenant cette décision historique. Préservons les futures générations. Aidons nos agriculteurs et replaçons notre nation dans le rôle qu’elle a toujours eu, celle d’une nation pionnière et visionnaire ».

Ce lundi 23 octobre, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a proposé de limiter à « trois ans » le renouvellement au niveau européen du glyphosate.« On peut réautoriser par exemple pour trois ans, ce qui serait une bonne échelle. Et pendant ces trois ans, regarder tout ce que l’on peut trouver en termes d’alternative et aider ceux pour lesquels l’utilisation du glyphosate est indispensable à se pencher sur d’autres pratiques », a-t-il déclaré sur RTL. Et d’ajouter : « Je ne suis pas trop inquiet. Je n’imagine pas (…) qu’on autorise pour dix ans. Je n’imagine pas une seule seconde. »

Marine VAUTRIN

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