Glyphosate : c’est reparti pour 5 ans

Publié le 27 novembre 2017 à 17:44 Aujourd'hui | 805 vues

Les États membres de l’Union européenne ont voté, ce lundi 27 novembre, le renouvellement pour cinq ans de la licence du glyphosate, principe actif du Roundup de Monsanto. 

Faut-il réautoriser ou non le glyphosate dans l’UE ? Alors que sa licence arrive à son terme le 15 décembre prochain, les États membres, réunis au sein d’un comité d’appel, ont enfin tranché. Elle sera prolongée de cinq ans dans l’Union européenne. Dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition de l’exécutif européen : la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, l’Irlande, l’Espagne, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui s’était d’ailleurs abstenue au tour précédent. Neuf s’y sont opposés, à savoir la Belgique, la Grèce, la France, la Croatie, l’Italie, Chypre, le  Luxembourg, Malte et l’Autriche. Un seul pays s’est abstenu : le Portugal. La Commission avait besoin d’une majorité qualifiée rassemblant au moins 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population européenne. Chose faite.

 Les ONG « scandalisées »

« Tout convergeait vers une interdiction : la pression des citoyens qui réclamaient la sortie du glyphosate, de nombreuses organisations dont des associations d’anciens agriculteurs malades, des députés français et européens, le scandale des Monsanto papers, la polémique autour de l’évaluation scientifique…. Cela n’aura pas suffi », déplorent dans un communiqué commun les ONG Générations Futures, Foodwatch et la Ligue contre le cancer, qui se disent « scandalisées » par ce vote ». La dangerosité du glyphosate fait polémique depuis de nombreuses années. L’herbicide, notamment utilisé dans le Roundup du groupe Monsanto, a été classé en 2015 « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un avis contredit par les agences européennes, (l’EFSA et l’ECHA) qui avaient, elles, estimé qu’il n’y avait pas de raison de le classer comme telle. Via les « Monsanto Papers », Le Monde révélait par ailleurs de possibles conflits d’intérêts entre la firme Monsanto et les agences chargées d’évaluer la dangerosité du glyphosate. Plus récemment, le quotidien a dévoilé comment « les agences officielles ont blanchi l’herbicide en recopiant les évaluations fournies par Monsanto ».

« En accordant un sursis supplémentaire à Monsanto, Bayer et compagnie, la Commission européenne balaie le principe de précaution et la santé du revers de la main, de même que la voix des millions de citoyens qui ne veulent plus de l’herbicide le plus controversé de la planète », dénoncent les trois organisations, qui félicitent toutefois que la France « ait maintenu son opposition au renouvellement de cinq ans ». « Le gouvernement doit maintenant mener le pays vers une sortie du glyphosate, en accompagnant les agriculteurs, comme il s’y est engagé et ce, indépendamment du verdict européen », écrivent-elles.

Sur Twitter, les réactions s’enchaînent, comme celle de José Bové, député européen du groupe Europe Ecologie les Verts (EELV).

Mise à jour 27/11/2017. 18h30. Malgré le vote de l’Union européenne, Emmanuel Macron a réaffirmé que la France interdira le glyphosate « au plus tard dans trois ans ».

Justine Dupuy

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