Gucci, Saint Laurent : le luxe se tourne vers le cuir écologique

Publié le 2 janvier 2017 à 19:04 Demain | 2946 vues

En 2030, plusieurs grandes marques de luxe, dont Gucci et Saint Laurent, pourraient passer au cuir écologique, exempt de toute cruauté animale. 

Vestes, chaussures, sacs à main… Le cuir est partout. Si l’on regarde d’un peu plus près dans notre garde-robe, on peut s’en rendre compte facilement. Ce que l’on oublie souvent, c’est que le cuir vient d’un animal, au même titre que la fourrure naturelle. De plus, la pollution des eaux entraînée par le traitement des cuirs n’est pas négligeable. Sans compter les conditions de travail des sous-traitants. Aujourd’hui de plus en plus de consommateurs se tournent ainsi vers des marques éthiques. Parmi elles, Puma et Stella McCartney. La créatrice est d’ailleurs l’une des premières, si ce n’est la pionnière, à avoir banni de ses collections toutes les matières animales, que ce soit la peau, la fourrure ou les plumes.

Conscient de ces problématiques et surtout de cette nouvelle tendance, le groupe Kering, qui possède seize marques de luxe (Gucci, Saint Laurent, Bottega Veneta ou encore Balenciaga), s’est donc donné l’objectif, dès 2012, de produire une mode plus durable et respectueuse de l’environnement.

Un cuir créé en laboratoire

Des chercheurs du groupe plancheraient sur un cuir conçu en laboratoire, grâce aux biotechnologies. Cette technologie « permettrait de créer du cuir à partir de cellules animales. Ces cellules seraient extraites à partir de la peau d’un animal vivant, puis cultivée afin de fabriquer un cuir transparent », explique François-Henri Pinault, le patron de Kering, dans une interview accordée à Bloomberg Business Week, le 22 décembre dernier. Certes, on est loin du « vegan » mais avec cette innovation, les sacs et autres accessoires ne seront plus faits de peaux d’animaux dépecés. Ce cuir du futur devrait être au point en 2030. Encore un peu de patience, donc.

Pour l’heure, le groupe se félicite d’avoir davantage utilisé de papier recyclé dans ses emballages, d’avoir abandonné certains produits chimiques toxiques ou encore d’avoir amélioré les conditions de travail. Pour le patron français, qui pèse tout de même 13 milliards de dollars, luxe et écologie ne s’opposent pas, bien au contraire : « Le désir est court-termiste, le rêve s’inscrit dans le temps long. La « fast fashion » s’adresse aux désirs, le luxe parle aux rêves. Vous ne pouvez pas faire rêver les gens si vous les trompez avec des produits qui sont un cauchemar en coulisses ».

Quant à la peau de python, utilisée notamment chez Gucci, une alternative n’est pas au programme. Toutefois, pour s’assurer d’une production éthique, le groupe investit dans ses propres fermes de python en Thaïlande et en Chine, selon le PDG. Un investissement qui doit aussi lui permettre de s’approvisionner en peaux, car si le serpent n’est pas une espèce menacée, il pourrait le devenir dans un futur proche.

Aujourd’hui, plusieurs alternatives au cuir se développent, comme le cuir de banane ou à base de champignons, développé par l’entreprise MycoWorks. Pour ce faire, c’est le mycélium, la partie végétative du champignon qui est utilisée pour créer du cuir. Celui-ci, filamenteux, est cultivé dans du substrat composé de déchets organiques. Il pousse dans un moule et crée un réseau de fibres. Il est ensuite séché et passé au four afin de tuer tous les organismes présents.

Marine VAUTRIN

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