Une hotline d’assistance pour les victimes des militants anti-fourrure

Publié le 12 décembre 2017 à 15:01 Aujourd'hui | 2006 vues

La filière française de la fourrure vient de créer un Centre National d’Information sur la Fourrure ainsi qu’une hotline afin de venir en aide aux victimes de violences de la part des militants anti-fourrure. 

Depuis plusieurs années, de nombreuses enseignes du prêt-à-porter renoncent à l’utilisation de la fourrure. Certaines ont même officialisé cette démarche en s’engageant auprès de l’Alliance Sans Fourrure internationale (Fur Free Alliance) ou de Mode Sans fourrure. Parmi les marques engagées, 3 Suisses, Morgan, The Kooples, Bizzbee, Bershka, Cache Cache, Primark, Puma ou encore Zara. Mode Sans Fourrure recense l’ensemble des groupes ne vendant plus de vraie fourrure ici, et celles qui en vendent ici.

Malgré cette prise de conscience, encore trop de marques proposent des vêtements avec de la véritable fourrure animale. Selon la fondation 30 millions d’amis, cette industrie est responsable de la mort de plus de 56 millions d’animaux par an. C’est justement ce qui fait monter au créneau de nombreux défenseurs de la cause animale. Plusieurs militants mènent régulièrement des actions chocs sur des places publiques ou devant les boutiques d’une enseigne vendant de la vraie fourrure. D’autres publient des vidéos accompagnées d’une pétition. C’est notamment le cas de l’association One Voice, Animalter ou encore PETA. Les plus radicaux vont jusqu’à jeter du faux sang, voire agresser les personnes portant du vison, du coyote, du lapin ou encore du karakul. C’est d’ailleurs ce que dénonce la Fédération française des métiers de la fourrure. Cette dernière a annoncé dans un communiqué, relayé sur Twitter par Audrey Garric, une journaliste du Monde, que « la filière française de la fourrure crée le Centre National d’Information sur la Fourrure et ouvre une hotline d’assistance aux victimes de violences ». Cela fait suite « à la recrudescence des incivilités visant les personnes portant de la fourrure » qui, « toutes les semaines […] se font agresser dans la rue verbalement ou physiquement ».

Une « hotline SOS agressions animalistes »

Concrètement, celles et ceux qui portent de la fourrure et subissent des agressions peuvent désormais contacter le 06.17.66.23.54 qui proposera « un service d’écoute, d’information et d’orientation juridique ». Cette « hotline SOS agressions animalistes » vise à « recueillir les témoignages d’agressions par les anti-fourrures » et à terme « révéler le vrai visage des animalistes radicalisés ». Quant au Centre National d’Information sur le Fourrure (CNIF), il ouvrira « dans les semaines à venir un site Internet » et se lancera également sur les réseaux sociaux. Il a pour objectif « d’informer le public sur la réalité de la filière et ses engagements en termes de responsabilité ».

Cette annonce a très vite fait réagir les internautes qui dénoncent l’influence de ces lobbies ainsi que l’ironie de la chose. « Les seuls individus qui devraient être en droit de se plaindre ce sont les animaux dépecés pour leur fourrure ! », écrit sur Twitter la cofondatrice de l’Association Animal Justice et Droit Catherine Helayel. « C’est le monde à l’envers! Les défenseurs des animaux se font agresser chaque jour pour leurs choix de vie et le respect qu’ils portent à autrui, et les porteurs de peaux d’animaux ont besoin d’une hotline ? », a commenté One Voice, très vite suivie par le message d’un autre internaute : « n’importe quoi ! Ils ne sont pas victimes mais bourreaux ! Ils sont condamnables ! »

La fourrure serait utile pour l’environnement

De son côté, la Fédération, dénonce « l’hypocrisie de maisons de mode qui, soudainement, dénigrent la fourrure pour en tirer un profit d’image mais continuent d’avoir recours à d’autres matières animales… stratégie à courte vue puisque demain cuir, laine et soie seront à leur tour la cible des attaques », rapporte l’AFP. Sur son site Internet, la Fédération française des métiers de la fourrure rappelle que son objectif est « la défense de la fourrure et de ses professionnels dans le cadre d’une déontologie et d’une éthique, durable ». D’ailleurs, elle affirme que la fourrure est utile pour l’environnement. Selon la Fédération, « dans le milieu sauvage, il est indispensable de réguler les espèces animales et, ainsi, de faire survivre celles qui disparaîtraient sous l’effet des prédateurs ou, dans le cas des plus prolifiques, des épizooties. Les trappeurs tout comme les chasseurs, participent au maintien d’un écosystème ». Elle explique également qu’elle « travaille main dans la main avec Fur Europe sur le programme Welfur » qui vise à garantir le bien-être de l’animal dans le secteur de la fourrure.

Marie Bascoulergue

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