Le Brésil va-t-il nous inonder de nouveaux pesticides?

Publié le 12 avril 2019 à 12:55 Aujourd'hui | 228 vues

Depuis l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil en octobre dernier, les autorisations de pesticides vont bon train alors que le plus grand pays d’Amérique latine inonde le monde entier de ces produits agro-alimentaires y compris la France.

Le Brésil nous paraît bien lointain et évoque la plupart du temps la joie, la bonne humeur, le carnaval et autres exotismes surannés. Pourtant, ce qui se passe ces derniers mois dans le pays de la caïpirinha paraît autrement moins sympathique. Déjà connu pour sa propension à avoir la main lourde sur l’utilisation des pesticides et l’autorisation facile de ces derniers, le Brésil voit la tendance s’accélérer de façon exponentielle ces derniers mois. L’agrobusiness au Brésil représente 23 % du PIB soit 414 milliards d’euros, 42 % des exportations et demeure le premier producteur de soja au monde.

Fort de cette première place, la nation amazonienne devrait encore creuser l’écart avec ses concurrents puisque la féroce guerre commerciale que se livre les Etats-Unis et l’empire du milieu a fait diminuer de moitié, en 2017 et 2018 les importations chinoises de soja provenant des Etats-Unis se reportant ainsi sur le Brésil.

Une conjoncture propice aux excès

D’où l’impératif de rendement élevé pour le pays qui semble avoir trouvé l’homme de la situation en Jair Bolsonaro en octobre dernier. Le président actuel ne semble reculer devant rien pour accroître les rendements agricoles nécessaires pour fournir la Chine. Que cela implique de pratiquer une ablation de 7 millions d’hectares dans les poumons de la terre et d’y déverser les dernières joyeusetés en terme de pesticides, tout est bon pour nourrir le bétail chinois. Alors pourquoi se soucier de ce qui se passe aussi loin de l’hexagone ?

La France se classe 5ème en importation de soja d’Amérique du sud en Europe et en accueille 4,7 millions de tonnes qui viennent nourrir notre bétail. Un business impliquant les multinationales Cargill et Bunge déjà dénoncées en mai 2018 par l’association Mighty Earth et qui achemine le soja jusque dans les ports de Montoir-de-Bretagne et de Brest. Ainsi les cochons, veaux et vaches français se verront probablement contaminés par des produits interdits en France et dans l’Union européenne.

Dores et déjà le soja brésilien subit un traitement 4 fois plus élevé en glyphosate qu’en France. Peu de choses comparé aux 121 produits qui viennent d’être autorisés ces trois derniers mois sur le marché brésilien dont l’Imazethapyre et le Sulfentrazone, des herbicides interdits en revanche dans l’Union Européenne. Quant au glyphosate qui devrait être interdit en France dès 2022, l’agence brésilienne de vigilance sanitaire a décidé qu’il ne constituait aucun danger particulier. « Tous ces pesticides sont des perturbateurs endocriniens s’attaquant donc aux hormones qui pilotent tout ce qui se passe dans notre corps et vont dans le pire des cas jusqu’à provoquer des cancers. » rappelle Philippe Fourmestraux auditeur du collège des hautes études du développement durable. 

 

Martin Dawance

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