bruit en open space

Le bruit en open space : fléau du XXI e siècle ?

Publié le 4 mars 2019 à 16:49 Aujourd'hui | 494 vues

Les nuisances sonores, particulièrement dans le secteur tertiaire, sont devenues avec la généralisation du travail en open space un problème majeur pour certains salariés. Sommes-nous tous égaux face au bruit ? Existe-t-il des remèdes face à ce nouveau mal des temps modernes ? Quelques éléments de réponse.

Le travail en open space, conçu par deux Allemands dans les années 1950, trouverait son origine dans la philosophie utilitariste de Jeremy Bentham (1748-1832) et sa conception de la prison panoptique reposant sur la surveillance généralisée des prisonniers entre eux. Une vision peu réjouissante et un poil angoissante rapportée au milieu du travail. Mais rassurez-vous : la plupart du temps vos collègues ont tendance à vouloir travailler en paix plutôt que de vous espionner.

Envisagé surtout en terme de gain d’espace et pour favoriser les échanges entre les collègues autrefois confinés chacun dans son bureau, le travail en open space n’aurait toutefois pas que des vertus, à commencer par le bruit qui, selon une étude de 2016 du JNA (Journal National de l’Audition), serait à lui seul la cause d’une perte de productivité de 30 minutes par jour au grand minimum. Une étude plus ancienne datant de 2012 attestait qu’un salarié en open space était interrompu dans son travail toutes les 12 minutes et montrait par ailleurs que 6 millions d’actifs français étaient affectés par ce fléau. 72 % d’entre eux estimaient que le bruit en open space influerait négativement sur la qualité de leur travail en terme de lenteur d’exécution et de compréhension des taches.

Outre la perte de productivité, il existe des risques psychosociaux : le vacarme lancinant du travail augmenterait ainsi la nervosité, la lassitude, l’agressivité et la fatigue. Contrairement aux idées reçues, les 18-24 ans semblent être les plus sensibles à ce phénomène, estimant à 65 % être gênés par les nuisances sonores contre 57 % à 59 % pour les autres tranches d’âge.

Sommes-nous inégaux face au bruit ?

Pourtant, les actifs ne sont pas tous égaux vis-à-vis de ce problème. Il demeure difficile de déterminer pourquoi certaines personnes apparaissent particulièrement dérangées par le bruit ambiant d’un bureau. Entre l’hyperacousie (hypersensibilité au bruit) ou encore des maladies comme l’autisme qui empêche les personnes atteintes de ce trouble de hiérarchiser les informations auditives, ou tout simplement les difficultés de concentrations, les raisons sont multiples.

Ils existent bien sûr des aménagements de l’espace permettant de limiter largement les nuisances comme les panneaux acoustiques absorbants. Ces cloisonettes, qui limitent en effet le bruit ambiant, rendent en revanche plus difficile la communication entre les salariés et reviennent à de nouveau isolés les individus entre eux. Des solutions individuelles existent toutefois parmi lesquelles on peut citer les boules Quies ou autres bouchons d’oreilles qui ne se révèlent pas forcément efficaces en toutes occasions.

Des technologies qui changent la donne

Récemment ont émergé des technologies de suppression du bruit telles que celle des écouteurs Tilde de l’entreprise Orosound. Lauréat du concours 2019 d’innovation de l’Ademe dans la catégorie exposition chronique et risque sanitaire, le produit mis au point en France permet de réduire le bruit ambiant jusqu’à -30 dB, c’est-à-dire une suppression partielle pour rester impliqué dans l’activité de l’entreprise. Ces écouteurs innovants permettent par ailleurs de produire une discrimination directionnelle des voix. Ainsi, les discussions de vos collègues adjacents ne vous gêneront pas tandis que ceux qui désirent s’adresser à vous en face-à-face pourront atteindre vos oreilles. Le système fonctionne grâce à huit microphones intégrés captant le bruit ambiant pour générer en contrepartie une onde par opposition de phase supprimant les nuisances sonores. 

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Quelle sérénité !

Cependant, l’outil n’est pas à la portée de toutes les bourses puisqu’il faut s’acquitter d’une somme 359 euros pour en obtenir un. Il semblerait que la marque Tilde s’adresse plutôt directement à des entreprises recherchant des solutions innovantes pour réduire les nuisances sonores au sein d’open space.

Martin Dawance

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