Français énervé

Les Français font la moue aux grandes enseignes

Publié le 12 février 2019 à 17:25 Aujourd'hui | 561 vues

Le divorce entre les Français et les grandes enseignes semblent poindre. Les explications sont diverses, mais cette année est l’une des plus mauvaises depuis 2008 dans le secteur.

Il semblerait que la grande distribution traverse ce qui semble être bien plus qu’un coup de mou. Le phénomène n’est pas réellement nouveau, mais a atteint une ampleur inégalée en cette fin d’année 2018. Plusieurs facteurs entreraient en compte, mais celui des gilets jaunes que l’on pourrait croire principal n’est en fait qu’assez secondaire. Selon la Fédération Représentative du Commerce spécialisé PROCOS, les centres commerciaux subissent une baisse très marquée de fréquentation de -5,1 % pour l’année 2018. La baisse de fréquentation des magasins reste une dynamique claire depuis une dizaine d’années, mais s’accélère en effet nettement en 2018.

En 2017, la fréquentation des magasins subissait une baisse de seulement -2,5 % pour atteindre -6,7 % en 2018. Il ne serait pas absurde de penser que cette baisse tendancielle pourrait être dû à un report de la consommation sur le web et pourtant les sites internet des enseignes faisant également partie du panel PROCOS composé de 50 grandes enseignes dans 35 agglomérations, n’ont enregistré qu’une hausse de leurs chiffres d’affaires de 8,9 % comparé au reste de l’année où elle se stabilise autour de 14 %.

Une consommation plus responsable

Dire que les Français consomment moins et probablement mieux n’est pas complètement farfelu. 2018 aura enregistré la plus forte baisse (- 0,8 %) de vente de produits de grande consommation (produits ménagers, alimentation, etc.) depuis la crise de 2008 où les -2 % correspondaient à l’inflation des prix. Un véritable changement de nature s’observe donc dans la consommation globale : « Les grandes enseignes se sont créées durant l’après-guerre avec le postulat de distribuer en masse et de toucher le plus grand nombre de consommateurs pour conférer un sentiment d’abondance alors que désormais, nous vivons une époque où la dynamique prend exactement le sens inverse de cette logique » explique à Réponse conso, Agnès Crozet Secrétaire générale de L’OBSOCO (observatoire société et consommation) « Le consommateur a changé de mentalité et désire une offre spécialisée » ajoute-t-elle. 

D’autres facteurs pourraient expliquer cette tendance comme le recul de la démographie et la concurrence de nouveaux réseaux de distribution hors internet plus soucieux de la qualité des produits comme les magasins Grand Frais qui se sont spécialisés dans la vente de primeurs, la boucherie et la crèmerie et privilégient largement l’approvisionnement local. L’enseigne compte désormais 211 magasins fonctionnant en flux tendu pour éviter les surplus de stock, un modèle qui garantit à l’entreprise de tirer des marges deux fois supérieures de ses produits que Carrefour par exemple. « Cette baisse de consommation trouve aussi son origine dans une baisse de confiance très net à l’égard des grandes enseignes depuis une bonne dizaine d’années » analyse Agnès Crozet. Cette confirmation de plus en plus claire de la tendance semble laisser la place à une façon de consommer plus calculée sur les besoins réels et laisse espérer un changement de la société dans son rapport à l’environnement.

 

Martin Dawance

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